Prada Et Adidas, La Convergence Des Icônes

Quand Prada et Adidas s’associent autour d’une collection capsule inédite, c’est pour mieux revisiter deux de leurs icônes…

Le sac Bowling de Prada. La Superstar d’Adidas. La collection capsule des deux maisons les plus innovantes de ces dernières décennies promet de ravir nombre d’afficiondos. Il faut dire que le concept a de quoi plaire — ce ne sont pas deux pièces séparées, mais bel et bien pensées et vendues ensemble. Concrètement?

Le sac Bowling de Prada et la Superstar d’Adidas ne pourront être achetés séparément — le pack constitue ainsi une édition limitée et numérotée, de 700 pièces seulement. Ici, le nom de Prada vient donc se griffer sur la légendaire Superstar d’Adidas; le mythique sac Bowling des années 2000, lui, se décline en blanc cassé… La teinte phare des Superstar !

Ne reste qu’à attendre le 4 décembre pour tenter d’acquérir le résultat d’une collaboration inédite et très attendue. Quand la maison la plus avant-garde de l’élégance rencontre la marque qui a su dérider la silhouette du quotidien… Il y a de quoi susciter le désir !

Emilienne d’Alençon, La Cocotte Est Une Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Emilienne d’Alençon tient pourtant lieu de figure de mode, à une époque où les femmes se cantonnent à la rigueur du ‘bon ton’.

Elle prend goût aux fanfreluches dans la blanchisserie de sa tante, à Montmartre. Comme nombre des grandes horizontales de la Belle Epoque, Emilienne d’Alençon grandit dans un milieu défavorisé. Quelles perspectives existent pour les femmes comme elles? Peu. Très peu. Elle fait ainsi son entrée dans le demi-monde à 15 ans — d’où lui vient ce nom? De Laure de Chiffreville. Un soir qu’elle fréquenta la table d’un chroniqueur du Gil Blas, Émilienne Marie André arbore un corsage en dentelle, déniché dans la blanchisserie de sa tante. La dentelle faite à Alençon, la prostitué qu’est déjà Laure de Chiffreville la baptise de ce nom… En même temps qu’elle lui promet un avenir brillant.

Elle ne s’était pas trompée! Poussée sur la scène par ce même chroniqueur mondain, Charles Desteuque, Emilienne se produit une première fois au Cirque d’Eté. Là, elle attire l’oeil de l’héritier des champagnes Veuve Clicquot. Un certain Jacques d’Uzès. Il est prêt à tout pour l’épouser. A commencer par faire son éducation — et ce n’était vraiment pas gagné. On raconte qu’un jour, assistant à une représentation de Racine, la belle s’est endormie; se réveillant en sursaut, elle annonça à l’assemblée :  « Ne dites rien à l’auteur, il pourrait être vexé. »

Soit. Jacques d’Uzès l’installe dans un hôtel particulier sur les Champs-Elysées. Il meubla le palace des grandes stars de l’époque. Qui? Gaudi et Majorelle. Mais sa famille ne voulant rien entendre, elle envoie Jacques d’Uzès au Congo. L’idylle s’arrête ici. La vie de courtisane d’Emilienne d’Alençon ne fait, elle, que commencer.

Parmi ses conquêtes?  Edouard VII, le Kaiser Guillaume, Jacques Hennessy… Elle compris son époque comme personne ; elle qui aimait à déclarer:  « Quand tu couches avec un bourgeois, tu es une putain. Quand tu couches avec un prince, tu es une favorite. » Emilienne, elle, ne jura que par des hommes à la hauteur de Leopold II. D’ailleurs, l’ancien Roi des Belges quitta la Belle Otero, pour elle. Elle qui, bien plus tard, écrivit dans ses mémoires : « Il n’avait qu’un désir, passer inaperçu. Cuire lui-même un oeuf sur le plat lui paraissait le comble du bonheur. » Emilienne avait une vision bien plus clinquante, du bonheur!

Les diamants de la Rue de La Paix. Boucheron, Cartier… Les toilettes les plus rares confectionnées spécialement pour elle par Jacques Doucet… En 1897, le magazine La Mode relève: « Nous avons rencontré Emilienne d’Alençon, colombe roucouleuse avec pour plumage une robe gris tourterelle garnie de chinchilla tout à fait exquise. » C’en était fait, Emilienne comptait parmi les muses de son temps.

On la retrouve en effet dans les toiles de Toulouse Lautrec! Mieux, la ville de Cabourg fait la promotion des bains de mer avec une réclame montrant Emilienne d’Alençon poursuivie par une horde de courtisans. Nadar la photographie. Plus qu’une célébrité, elle est même caricaturée par le mythique Sem, à Trouville; preuve de sa position très particulière dans la société Parisienne d’alors. Au Casino de Monte-Carlo, sa personne trône sur la salle des jeux au milieu d’une murale représentant les Trois Grâces de la Belle Epoque : elle, Liane de Pougy et la Belle Otero!

En 1919, sa position dans la vie mondaine et dans la mode lui permet d’écrire ce qu’on dit avoir été un bestseller: son livre, Secrets De Beauté Pour Etre Belle…Elle fut en effet une véritable icône de mode. Elle qui devança les interdits de son temps pour se baigner en tenue de bain. Une sorte de blasphème au ‘bon ton’ que son amie, une certaine Coco Chanel, trouva absolument admirable. D’ailleurs, elle fut l’une des premières à porter fièrement les créations de Chanel. Contribuant largement à faire de ce style simplifié, dépouillé; ce style de femmes actives et libres, un summum du chic! Le lien est tel qu’en 2017 la maison qui survit à Coco édita une merveille de joaillerie. Une montre-bijoux baptisée ‘Emilienne’: sertie de 80 diamants, pour un total de 9,31 carats. Une pièces mêlant splendeur et simplicité — une pièce très Emilienne d’Alençon, c’est vrai!

La Païva, Cocotte et Précurseuse du Style Belle Epoque

Elle a voulu construire le « plus bel hôtel de Paris » — et il trône toujours au 25 avenue des Champs Elysées. La Païva fut tour à tour une grande horizontale et la mécène des artistes qui ont fait la grandeur du style Belle Epoque.

Esther Lachmann, aka La Païva (1819-1864), fut sans conteste la plus brillante des cocottes de Paris. Débarquée seule et sans le sous, elle fait la rencontre du compositeur Henri Herz. Très vite, ce-dernier l’introduit au Tout-Paris. Franz Liszt, Richard Wagner, Théophile Gautier, Émile de Girardin… La Païva fait sensation auprès de ses hommes de goût, mais leur préfère très vite un marquis Portugais, Albino Francisco de Araújo de Païva. Elle l’épouse, en prend le nom mais, à peine le mariage fut-il consommé, que celle-ci pris les devants. En 1852, elle divorce pour jeter son dévolu sur un jeune lord Prussien, Guido Henckel Von Donnersmarck. Cousin de Bismarck et seconde fortune de Prusse, il fut pour La Païva l’élément manquant à l’accomplissement de son rêve. Lors de son mariage à Passy, elle est déjà adoubée lorsque le public remarque qu’elle porte une tiare rivalisant de splendeur avec celle de l’Impératrice des Français. Quelques mois plus tard, son époux lance les grands travaux de son hôtel particulier du 25 avenue des Champs Elysées. Son influence sur le luxe et les arts ne fait que commençait.

Ce, car, comme il est de bon ton de faire à l’époque, La Païva va meubler et décorer son hôtel dans le pur faste de la Belle Epoque. Dix ans de travaux furent nécessaire à l’édification de l’un des plus somptueux hôtels de la capitale — et près de 40 millions d’euros furent dépensés. Commissionnant ainsi des artistes inconnus du public, La Païva certes contribua à la réputation, mais aussi et surtout à l’élaboration même du style Belle Epoque. C’est par exemple sa baignoire taillée dans un même bloc d’onyx jaune d’Algérie — équipée de trois robinets. L’un pour l’eau, le second pour le lait d’ânesse, le troisième pour le champagne. C’est aussi l’artiste Paul Baudry à qui fut confié la réalisation des grands plafonds de cet hôtel particulier. Une exécution d’une telle beauté qu’il remporta le Prix de Rome en 1850. Quelques années plus tard, Charles Garnier fait appel à son talent pour réaliser le foyer du mythique Opéra Garnier.

C’est encore l’argenterie signée Christofle. Maison d’orfèvre auprès de laquelle César Ritz va plus tard quérir la vaisselle de son palace. Au musée d’Orsay sont visibles deux consoles d’une beauté folle — réalisées en bronze pas les illustre Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Aimé-Jules Dalou… Incarnation la plus aboutie du goût de la Belle Epoque, l’hôtel particulier de La Païva devient l’endroit où il faut être. Napoléon III lui même passa quelque fois voir de ses propres yeux ce lieu exceptionnel dont le Tout-Paris ne fait que parler. Mais l’influence de La Païva n’était pas qu’une question de goût pour le design.

Elle fut aussi une figure de mode. Contribua à lancer la mode du khôl. C’est vers elle que Charles Worth, pionnier de la Haute Couture, se tourna lorsqu’il voulu retirer les crinolines de ses robes — l’engouement fut tel que La Païva servit longtemps de muse au couturier. Aux joailliers aussi! Sa vision, tout en extravagance, a permis d’asseoir la réputation naissante d’autres maisons aujourd’hui légendaires. Parmi elles, Chaumet et Van Cleef & Arpels… La Païva avait en effet un goût très précis en matière joaillière. Après avoir remarqué un bijoux à l’exposition universelle de 1878, elle passa commande auprès de François Boucheron d’une collerette composée de 407 diamants! Ses ‘bébés’ comme elles les surnomment furent l’une des plus spectaculaires ventes Sotheby’s. C’était en 2003. La vente de deux gros diamants jaune dit Donnersmark — l’un taillé en poire, 32 carats; le second en forme coussin de 102,54 carats — se sont envolés pour 3 millions d’euros. Signe que l’inspiration première de la plus grande des cocottes figure aujourd’hui encore au panthéon des objets du désir!

Liane De Pougy, Cocotte Et Reine De La Mode

Cocteau l’adouba ‘reine de la mode’; Liane De Pougy fut toute à la fois cocotte et reine du tout-paris. Inspirant de Lanvin à Boucheron.

Sarah Bernhardt lui prodigua le conseil d’une vie : « N’ouvre pas la bouche, contente toi de te montrer. » Si Liane de Pougy a en effet une beauté tapageuse, son talent, lui, ne brilla sur les planches. Ce n’est pas faute d’avoir eu le soutient de l’un des talents les plus glorieux de son temps. Henri Meilhac, l’homme derrière les librettos d’Offenbach et Bizet, prend sous son aile la jeune Anne-Marie Olympe (1869- 1950). La faisant jouer aux Folies Bergères, puis à l’Olympia, à la Scala et au Moulin-Rouge. Si les critiques restent dubitatives, le par-terre où se pressent Rois et Empereurs du monde entier, lui trouve un véritable talent! Il faut dire qu’à l’époque, les têtes couronnées venaient à Paris pour s’encanailler — trouvant là des femmes n’ayant d’autres choix que de devenir courtisanes. Mais les cocottes, comme on les appelle, ne sont pas de simples prostituées: elles incarnent une nouvelle forme de féminité. Tout en nuances et beauté. Affriolante de liberté!

Liane de Pougy tient ainsi le haut du pavé. Elle n’est peut être point une artiste, mais elle est incontestablement une icône de mode. Nombre de journalistes de l’époque rapportent que sa loge est pareille à une boutique de joaillier. Et pas n’importe laquelle. Liane de Pougy aime en faire l’inventaire : « Admirez ce collier de turquoises, cette rivière, cette broche en émeraude, et ces deux autres broches que me donnèrent deux lords… Vous voulez voir maintenant mes trente-trois bagues? Sont-elles belles, hein? Voyez d’abord ce grand serpent de diamants. Sa langue est de rubis. Cette petite bête vaut 900 000 Francs. C’est Boucheron qui l’a vendu à M. Meilhac de qui je le tiens. »

Il est vrai que depuis qu’il a ouvert sa boutique en 1858, Boucheron peut compter sur les commandes extravagantes de Liane de Pougy. Sans elle et les autres grandes courtisanes, les créations joaillières de l’époque auraient été cantonnées à la sobriété des femmes de la haute société. Et c’est bien là tout l’apport des cocottes dans la mode et le luxe. Figure féminine tout en style et exubérance, elle contribua a faire avancer les créateurs de l’époque. Cartier, Maubossin, Tiffany’s… Et c’est encore plus vrai pour la haute couture alors naissante!

« Je suis une femme, et je suis la mode. Alors un jour Doucet, un jour Callot » a-t-elle un jour confié à un magazine de mode. Oui car Liane de Pougy est très tôt reconnue pour être une figure de mode. On l’invite par exemple à endosser le rôle de rédactrice en chef lors d’un numéro spécial du magazine L’Art d’Etre Jolie. C’était en juillet 1904. Les couturiers eux-mêmes ne tarissent d’éloges; en 1892 déjà Jeanne Lanvin déclarait au journal Liberté, dans un article intitulé ‘Une ambassadrice de l’élégance. Avec Liane de Pougy pendant une séance d’essayage’ : « Elle est mon modèle. C’est un véritable plaisir de l’habiller, peu de femmes se préoccupent autant de la coupe ou du style de la robe. Elle peut porter les créations les plus difficiles. » Lorsque Liane de Pougy quitta la France pour une tournée aux Etats Unis, elle fut celle qui, la première, contribua à la renommée des couturiers Français qui l’habillaient avec délectation. Paul Poiret en tête!

C’est l’effet Liane de Pougy — son visage s’étalait dans tout Paris. Dessinée par Mucha. Photographiée par Nadar. Edmond Goncourt finit par la qualifier de ‘femme la plus belle du siècle’. Mais elle n’était pas la seule. La compétition entre ces grandes horizontales était un tel spectacle que celui-ci ne pouvait se faire autrement qu’à travers bijoux et luxueux vêtements. L’altercation la plus célèbre se déroula le 6 février 1897, dans la salle du Casino de Monte-Carlo. Albert Flament en a été témoin: « Dans ce milieu international, les foules brillantes d’un monde pour qui le monde sans l’or serait sans raison d’exister, la belle Otero attire d’abord l’attention. (…) Puis, de la tête aux pieds, elle n’est que pierres précieuses et diamants. (…) Ce soir dans l’atrium du casino de Monte-Carlo, la foule savait déjà qu’Otero ajoutait à ses précédentes exhibitions des émeraudes exceptionnelles. Jusqu’au seuil des salles réservées à la roulette s’enflait un grand brouhaha. Qu’en penserait Liane? »

« Complaisamment, Otero repassait, faisant la roue entre une double haie de spectateurs. Mais soudain, comme à l’approche d’un drame de palais, une rumeur courut. Le public, absurde et impressionable, paria que ce qu’il avait attendu éclatait. Mme de Pougy venait d’apparaître. Et, tandis que des remous se produisaient soudain, des applaudissements s’élevèrent. (…) Vêtue de mousseline blanche dont la diaphaneité se nuançait de rose, apparut Liane de Pougy. Pas un diamant, pas un rubis, pas un saphir… Il y manquait une dernière touche… En effet derrière elle, sa femme de chambre avançait, portant une de ses robes sur laquelle s’écrasaient plus de bijoux que jamais Otero n’en exhiba. Et c’est la femme de chambre qu’on applaudissait. » Peu étonnant que Liane de Pougy alla jusqu’à inspirer à Proust le personnage d’Odette de Crecy, l’obsession de Swan dans La Recherche. Une icône en somme, révérée par les arts.

Blouse See-Through, Smoking Et Esprit Hippie Pour Le Printemps/Eté 2020 De Saint Laurent

« Saint Laurent, c’est l’élégance dangereuse » selon l’actuel directeur artistique de la maison, Anthony Vaccarello.

Paris, septembre 2019. Les jardins du Trocadéro accueillaient une nouvelle fois le défilé hautement scénarisé de la maison Saint Laurent. Là, avec la Tour Eiffel en arrière-plan, les femmes YSL se sont élancées sous une pluie battante mais poétique. Toutes en jambes, les déesses de la nuit arboraient ainsi les gimmicks iconiques initiées par Yves Saint Laurent au siècle dernier. Le Smoking, bien entendu, mais aussi et surtout l’inspiration hippie-glam!

Il faut dire que la révolution apportée par Monsieur Yves a largement consisté à magnifier les gimmicks-mode d’une rue alors boulonnante de liberté. On retrouve ainsi les turbans et l’esprit bohème Rive Gauche tant portés par Loulou de la Falaise. Mais cette fois, c’est combiné à d’autres effets clés de la mode YSL qu’Anthony Vaccarello les pense. Les robes bohèmes embrassent ici les effets see-through, quand la blouse iconique de la maison ne réapparait sur les épaules de Freja Beha, dans une version somme toute proche de l’originale.

La part belle faite à l’opulence seventies côtoie la simplicité très contemporaine de débardeur élégamment échancrés, quand ils ne sont carrément transparent! Et c’est bien là tout le propos d’une telle maison — manier avec élégance et raffinement le sulfureux à la distinction… Mais comme le résume Anthony Vaccarello, « Saint Laurent, c’est l’élégance dangereuse. »

Le Web Vert-Rouge-Vert, Le Sceau Gucci

Reconnaissable en un clin d’oeil, la signature Gucci raconte l’histoire du fondateur, et l’inspiration au coeur de sa maison.

1921. Lorsque Guccio Gucci fonde sa maison à Florence, l’homme a déjà derrière lui une expérience, une inspiration et une vision claire de la mode. Ancien employé de l’hôtel Savoy de Londres, Guccio Gucci y a côtoyé l’aristocratie Britannique. Il en retient une allure et surtout, une série d’éléments hippiques qui vont nourrir sa création. Parmi eux, le web — ceinture enserrant le ventre du cheval de façon à maintenir la selle bien en place. C’est ce web qui, des années plus tard, vient former la bande vert-rouge-vert. Les teintes? Le rouge fait écho à la veste des chasseurs de renards Britanniques. Le vert aux riches propriétaires de la campagne.

Dans les années 50, la Riviera Italienne figure l’épitomé du glamour et de la sophistication — Gucci en devient la maison phare! Et lorsqu’en 1964, Gucci introduit une version de son sac Jackie estampillée du web vert-rouge-vert, la signature est faite. On la retrouve sur nombre de collaborations comme pour dénoter d’un luxe inouï. En 1979, Gucci x Cadillac. En 2010, sur l’iconique Aqua Riva. Elle estampille même la première montre Gucci, en 1989. De simple motif, le web Gucci est devenu un code très efficace.

Tom Ford la change alors en pièce à part entière — devenue ceinture à l’Automne 2000. Frida Giannini explore sa pertinence autour de matières inédites. Quant à la tornade créative qu’est Alessandro Michele, c’est dans une veine freak and chic qu’il déploie tout son potentiel. Là encore associé au reste de la grammaire Gucci, le web ponctue nombre de pièces dans une veine tantôt streetwear tantôt graphique, mais toujours très, très flamboyante! Et c’est bien la force de la bande vert-rouge-vert; sorte de fil d’Arianne de la maison Gucci, scellant de glamour tous ce qui en sort.

Mykonos, l’Île Magique De La Jet Set


C’est une fois encore l’histoire d’une île de pêcheurs devenue le haut lieu de la jet set — où la nature, l’ésotérisme, le chic et le fun font très bon ménage!

Si la jet set répond aujourd’hui à mille et un synonymes, il est ici question de son âge d’or. Epoque où, dans les années 1950, un certain Aristote Onassis mouille par hasard son yatch dans les eaux sublimes et tranquilles d’une petite île de pêcheurs. Mykonos et sa nature sauvage. Mykonos et ses moulins iconiques. Mykonos et son insolente beauté deviennent rapidement le royaume dont la jet set rêvait. Il faut dire que les soirées initiées par Aristote Onassis avaient tout pour attirer ses amis. Sophia Loren et Paul Newman. Maria Callas. Grace Kelly et le Prince Rainier. Tous y ont trouvé le charme d’un luxe discret.

Sur l’île à l’atmosphère pittoresque, les légendes se forgent encore en 1958. Cette année là, c’est un pêcheur qui, sauvant un pélican d’une mort certaine, attire à Mykonos cette faune. Il se surnomme Petros, et Petros est le premier pélican de l’île — autant dire une icône! C’est aussi dans les années 1960 un film qui pique la curiosité de Jackie Kennedy. ‘Jamais le Dimanche’, film qui raffle tout aux Oscars de 1961, en même temps qu’il lance la mode des vacances en Grèce. Celles de Jackie seront ses premières — une visite non-officielle qui déclenche pourtant des scènes d’hystérie à son passage sur l’île. Mykonos, que l’on dit être l’île de naissance du dieu Apollo, vient de trouver sa déesse.

Car une fois Jackie devenue Jackie Onassis, celle-ci fait de Mykonos sa destination de prédilection. Elle y initie une Dolce Vita toute Grecque où, chaussée de sandales Liontis – dorées et ornées de feuilles d’olives – elle devient la muse autant que le modèle. Une décennie plus tard, c’est la liberté et le cadre à couper le souffle qui fait de Mykonos le lieu favori de la communauté gay. Mais pas n’importe laquelle — Jean Paul Gaultier et Valentino en tête… On la perd justement dans le club iconique de l’époque, Piero’s. Aujourd’hui encore, l’île fait pâlir Ibiza quand Scorpios ou Cavo Paradiso attirent à eux les Djs internationaux, autant que les personnes qui comptent. Car, peut être aujourd’hui plus qu’avant, la jet set trouve à Mykonos cette insouciance devenue bien rare!

Le Panama, des Villages de l’Équateur à Roland Garros

Comment un chapeau né dans les champs d’Amérique du Sud est devenu le itdes tribunes  VIP du très chic Roland Garros !

Roland Garros est le théâtre de mondanités à l’élégance inégalée – aussi courus que les terrains de terre battue, les gradins font l’objet d’une attention toute particulière de la part de photographes venus du monde entier. Il faut dire que les stars et autres personnalités y affichent plus d’un amours naissants. Et sur leur tête, toujours, le panama devenu iconique. Avant d’atterrir sur les gradins de l’événement sportif le plus chic de la galaxie, le panama est déjà l’objet de céramiques datant de 4 000 ans avant J.C. En Equateur, son pays d’origine, ce chapeau de paille tressée fait partie intégrante du costume traditionnel. La pièce sert principalement au travail des champs.

Lorsque les Espagnols débarquent sur les côtés Amérindiennes, ils ne s’y trompent guère.  Au XVIe siècle, fascinés devant une telle finesse de tissage, les voilà convaincus qu’il s’agit de pièces confectionnées à partir d’ailes de chauves-souris ! En réalité, les natifs ont su développer une fibre végétale appelée ‘Pajamocora’; extraite d’un  palmier qui ne pousse qu’en Equateur. Forts d’une grande habilité quant au travail de cette fibre, les natifs de la région sont parvenus à composer une pièce d’une blancheur exceptionnelle. Sa finesse et sa souplesse font aussi et surtout du panama un chapeau capable d’être roulé, plié, rangé sans jamais en abîmer l’attrait. Dès 1850, plus de 200 000 panamas s’exportent chaque année vers les États-Unis. Pratique, le chapeau séduit les Européens qui le  découvrent en 1855, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris…

1906, alors en visite sur les chantiers du canal de panama, le président Roosevelt l’arbore pour adopter la tenue des ouvriers Équatoriens – il n’en faut pas plus pour l’ennoblir. Depuis, on le voit protéger du soleil les présidents et têtes couronnées du  monde entier,  les  plus grands acteurs et actrices Hollywoodiens comme Humphrey  Bogart ou Sean Connery. Et très souvent, cela se passe à Roland Garros.

Sobre, élégant et léger, il est ainsi devenu un indispensable du tournoi – un tournoi où le tennis se pratique avec chic et décomplexion! Leonardo DiCaprio, Pippa Middleton, Elsa Zylberstein, Jean Dujardin,  Hugh Grant et Jean Paul Belmondo; les plus grands matchs du tournoi Parisien se passent depuis longtemps déjà sous l’oeil attentif des stars… «On remarque que la seconde semaine du tournoi, le public est de plus en plus élégant. Paris est reconnu pour cette French touch » assure Edouard Bardon, responsable de la griffe Roland-Garros. Un chic-discret parfaitement incarné dans le panama. Une pièce iconique du tournoi Français, qui, cette année plus que jamais, assure la continuité lors même que le physique du stade, lui, est en plein bouleversement.

L’Arène Des Héros De Roland Garros Fait Peau Neuve: Le Nouveau Court Philippe-Chatrier

Un nom, un emplacement, des tribunes devenus les symboles du tennis à la Française — l’iconique court Philippe-Chatrier se réinvente !

L’édition 2019 de Roland Garros s’ouvre sur une myriade de nouveautés. A commencer par la rénovation du court Philippe-Chatrier. Construit en 1928, après que les Quatre Mousquetaires aient arraché la Coupe Davis aux Etats-Unis, le court central fait figure de terrain d’affrontement légendaire. Les meilleurs joueurs du monde y ont disputé plus d’un match d’exception. Ce n’est donc pas un hasard si, en 2001, le central de Roland Garros prend le nom de Philippe-Chatrier — joueur iconique du tennis hexagonal, membre de l’équipe de France pour la Coupe Davis dans les années 50, capitaine en 1969, puis président de la Fédération Française de Tennis…

Depuis, le court Philippe-Chatrier a vu les plus grands champions du siècle s’y affronter. De l’Américaine Chris Evert au Suédois Björn Borg, ex-recordman des victoires en simple à Paris, en passant par John McEnroe, Pete Sampras ou encore Steffi Graf et Rafael Nadal – tous ici ont livré des matchs cruciaux devant un public hypnotisé. Mais voilà, depuis quelques années, la pluie tenait de plus de plus en haleine des organisateurs trop souvent contraint de suspendre les matchs. Ni une ni deux, le comité Roland Garros n’a pas hésité à raser 80% du court, afin de reconstruire un lieu à la hauteur de sa légende.

Si, comme auparavant, jusqu’à 15 000 spectateurs retiendront leur souffle à chaque échange de balle, ils le feront assis dans de nouvelles tribunes plus confortables. «  La chose qui n’a pas été modifiée, c’est la surface de jeu. La sueur de monsieur Lacoste, elle est là, en dessous. C’est la même chose depuis 1928  » précise Gilles Jourdan, directeur des travaux, lancés à l’automne 2015. Et justement, la métamorphose tient surtout de l’esthétique — délaissant le vert, la nouvelle palette chromatique loue l’ocre de la terre battue, le bois naturel et le jaune de la fameuse petite balle. Elegant et finement Parisien, le court Philippe-Chatrier se dessine cette fois dans des courbes arrondies, éminemment raffinées. C’est, après tout, le tennis à la Française qui se joue dans l’arène. Ne lui manque que son toit, rétractable en 15 minutes, pour atteindre le statut de court idéal — là où le tennis seul tiendra en haleine spectateurs et VIP. Sans autre forme de distraction. Une coiffe royale prévue pour 2020.

Le Boho Isabel Marant au Beau Fixe pour le Printemps/Eté 2019

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Elle a pratiquement définit la silhouette de la bohème moderne. Pour le Printemps/Eté 2019, Isabel Marant a nourri sa collection d’un fantasme tout fait des tenues de saloon, de disco et des richesses des talents desquels elle s’entoure depuis presque 25 ans. « J’avais envie de faire une collection un peu gaie, fraîche, glamour, mais cool en même temps. » Au coeur du Jardin des Tuileries défilait ainsi un vestiaire entre sequins argents et influences boho. En vedette : une mini-robe aux manches bouffantes et broderies, à la dégaine très marantienne. 

 

Evocation stylistique seyant si bien à la fille férue de cool, adepte de la vie down-town, la pièce phare du Printemps/Eté 2019 distille l’attitude clé de la maison — petites touches couture et sensualité toute détachée. Oui, plaçant la genèse de cette collection à la fin des années 70, Isabel Marant parvient à enraciner son style dans un savant mélange entre influences bohème-chic et suffisance parisienne. Une silhouette à l’attrait immédiat !