Le Lady, Lady Di, Lady Dior

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1994. Un petit nouveau entre au répertoire maroquinerie de la maison Dior – en interne, on l’a baptisé Chouchou. Et il a déjà tout d’un sac remarquable. Chouchou est une pièce à forte identité ; un sac reconnaissable entre mille. C’est que la pièce emprunte nombre de ses gimmicks au vocabulaire déjà iconique de la maison de Monsieur. Il y a d’abord ce porté main – démarche très couture initiée, sinon inventée, par Christian Dior. Vient ensuite son caractère audacieux, en rupture avec les codes de l’époque. Comme elle le fit dans l’après-guerre en rendant aux dames cette allure de femme-fleur, la maison Dior initie avec Chouchou une véritable révolution dans l’allure des sacs à main – portés épaule et sacoches sont alors légion. Chouchou respire aussi toute l’élégance et le raffinement du 30 de l’Avenue Montaigne. Sa surpiqûre cannage, signature même Dior, est ici constituée d’un réseau de coutures obliques et perpendiculaires. Sa poignée en forme d’arceau, symbole du geste féminin, confère à la pièce sa gestuelle couture quand, les charms qui l’ornent égrainent magnifiquement les quatre lettres qui font alors rêver le monde entier – D.I.O.R.

            130 pièces sont à assembler pour réaliser un sac Lady Dior. Cette harmonie précise porte en elle l’empreinte inimitable du style de Monsieur Dior. Alors, lorsqu’en 1995 la première dame de l’époque, Bernadette Chirac, contacte la maison afin d’offrir un sac unique à Lady Diana pour sa visite à Paris, Dior ne se trompe guère. Au vernissage de l’exposition Cézanne tenue au Grand Palais, on aperçoit Chouchou, nommé « Princesse » pendant ce court laps de temps, au bras de Lady Diana. Il n’en faut pas plus pour introniser la pièce. Chouchou devient le Lady Dior et dès lors, l’un des accessoires les plus iconiques de l’histoire.

            Depuis 2008, Lady Diana a laissé place à Marion Cotillard pour être l’égérie de ce sac éponyme. Cuir, velours, satin, jean, python, crocodile, tweed, jacquard… Le Lady Dior procède d’une telle équation qu’il est perméable à toute création. C’est ainsi qu’en 2016, la maison Dior introduit le projet Lady Art. Le plot : une icône revisitée par des artistes de renom. Les beaux-arts étant depuis longtemps au cœur de la création Dior – les noms comme ceux de Max Ernst, Alexander Calder, Alberto Giacometti et Pablo Picasso furent en effet exposés dans la galerie de Christian Dior. C’est cet héritage que retravaille aujourd’hui Maria Grazia Chiuri avec des artistes tels Hong Hao, Jamilla Okubo ou encore Lee Bul. Le Lady Dior est définitivement une pièce qui jamais n’a cessé d’inspirer les femmes !

 

Le Lady Dior en Quelques Dates Clés :

2017 : La maison Dior célèbre ses 70 ans aux Galeries Lafayette et présente la collection « I feel blue » où nous retrouvons un Lady Dior souple en veau brodé.

2017 : Pour la collection croisière 2018, Maria Grazia Chiuri revisite ses classiques, dont le sac Lady Dior qui est décliné dans des nuances terreuses et organiques.

2017 : Seconde édition du projet Lady Art, où la Maison Dior s’associe à dix artistes contemporains venus du monde entier.

2016 : L’ouverture de la House of Dior à Londres a pour objectif de réinventer le mythique sac Dior.

2016 : Marion Cotillard incarne une fois de plus la femme Dior, sur la campagne publicitaire Lady Dior Printemps/été 2016.

2016 : Introduction du projet Lady Art, dans lequel des artistes de renom revisitent l’iconique Lady Dior.

2014 : Nouveau film publicitaire, dans lequel nous retrouvons Marion Cotillard, mettant à l’honneur un Lady Dior argenté.

2014 : La campagne publicitaire signée Jean-Baptiste Mondino présente Marion Cotillard s’envolant dans un saut gracieux.

2013 : Campagne publicitaire réalisée par Tim Walker avec l’éternelle Marion Cotillard dévoilant les nouveaux Lady Dior « à l’esprit pop et aux couleurs acidulées et brillantes. »

2013 : Collaboration entre l’artiste Pop Art Andy Warhol et la Maison Dior qui aboutit à des pièces délicates comme un Sac Lady Dior imprimé d’un escarpin dessiné à la main.

2013 : Dior s’invite chez Harrods, à Londres, et nous retrouvons la silhouette du sac Lady Dior, affichée par la poudre My Lady.

2013 : La campagne publicitaire avec l’incontournable Marion Cotillard, capturée par Jean-Baptiste Mondino présente un Lady Dior version Raf Simons qui prend une esthétique moderne, un brin plus géométrique.

2012 : Les pièces iconiques de la maison Dior s’invitent au Printemps Haussmann, où nous retrouvons entre autres le sac Lady Dior.

2012 : La Maison Dior propose à Marion Cotillard, après plus de 4 ans de collaboration, de créer sa version du Sac à main Lady Dior.

2012 : Publicité Lady Dior dans les Hamptons avec l’éternelle Marion Cotillard.

2012 : Le nœud, code incontournable de la Maison Dior fait son apparition sur l’emblématique sac Lady Dior.

2011 : Lancement du film L.A. by Dior, avec Marion Cotillard et écrit par John Cameron Mitchell.

2010 : Le sac Lady Dior apparaît en version gris colombe, couleur reflet de la maison Dior.

2008 : L’actrice française Marion Cotillard devient ambassadrice de la Maison Dior.

1996 : Avec la bénédiction de Lady Diana, « Chouchou » est renommé « Lady Dior ». La légende est née.

1995 : Bernadette Chirac fait appel à la Maison Dior pour créer un sac unique à offrir à Lady Diana pour sa visite à Paris. Le sac Lady Dior, nommé « Princesse » pendant un court laps de temps semble parfait.

1994 : Création du premier Lady Dior, à ses débuts appelé « Chouchou ».

La Veste Brandebourg et la Capeline Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018

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Pour imaginer la collection Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018/19, Anthony Vaccarello a choisi d’exhumer la ligne de la collection « Paysanne Russe ». Imaginée par le maître en 1976, cette collection honore la relation particulière qu’Yves Saint Laurent entretenait avec la Russie, son imaginaire et sa tradition vestimentaire. Consacrées aux Saisons russes de Serge Diaghilev, les pièces reprenaient toute la grammaire de la grande Russie – uniformes cosaques, brandebourgs, et broderies follement appliquées… Cette semaine à Paris, c’est ainsi une femme Saint Laurent tout en mystère et grandiloquence qui défila. Le visage élégamment caché derrière une capeline iconique, c’est sa veste brandebourg qui captive l’attention.

Coupée près du corps, la veste en paillettes noires capture en effet la lumière comme rarement. La silhouette est éminemment celle de Saint Laurent – femme fatale car femme assumée et sur d’elle, voici que de cette association veste brandebourg/capeline, se dégage ce je-ne-sais-quoi très parisien. Mieux, taillée en équilibre entre héritage et délicate actualisation des icônes, la silhouette d’Anthony Vaccarello pour la maison du 5 avenue Marceau oriente un peu plus le propos Saint Laurent vers le monde de la nuit.

Oui, les femmes Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018/19 sont érotiques et apprêtées d’un chic tout simplement parisien. Au-dessus des fontaines du Trocadéro, en face de la Tour Eiffel, c’est bel et bien la nuit de Paris que ces femmes à l’aura secrète s’apprêtent à conquérir – chapeautée d’une capeline et habillée d’une superbe veste brandebourg… La tenue est altière, bohème et savamment taillée – elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler les toilettes que portait Veruschka von Lehndorff lors de son voyage en Sibérie avec le photographe Richard Avedon. Mémorable !

Le Keepall de Louis Vuitton, une Pièce d’Histoire

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La maison Louis Vuitton est depuis longtemps connue pour le luxe et la qualité sans pareille de ses fabrications – nous sommes en 1930 lorsque le malletier attitré de l’Empereur français Napoléon III et du Maharadja produit le Keepall. Une pièce d’histoire qui raconte à elle seule comment l’explosion et le progrès du voyage n’ont pu se réaliser qu’en étant accompagnés d’une telle pièce de sophistication. Il faut dire que les années 1930 sont celles des croisières. La jet-set, la noblesse et l’aristocratie ne jurent alors que par des vacances chaloupées et improvisées passées à Deauville ou encore sur la côte Atlantique de Biarritz… Les sports et les loisirs ont la côte ; la vie s’accélère avec la démocratisation des voitures et, une nouvelle fois, Louis Vuitton se veut apte à léguer à ces élégant(e)s la pièce indispensable à toutes folies. L’époque est à l’imprévue – on aime filer sur un coup de tête, à bord de voitures vrombissantes, le long des nouvelles autoroutes menant vers des destinations impromptues. 

            En 1930 donc, le malletier Louis Vuitton édite le Keepall – le sac qui « garde tout ». Adaptée à ce nouveau mode de vie, la pièce se compose autour d’un cuir souple, zippé et ultra-léger. Coupé dans la déjà mythique toile enduite monogramme, le Keepall déploie aussi une forme généreuse prêtant à son propriétaire la possibilité d’y glisser assez de vêtements pour un weekend inopiné. Et c’est bien là toute la force du Keepall – un sac léger et ultimement efficace. À lui seul, il incarne et symbolise toute l’insouciance de l’époque ! Mieux, depuis devenu sac de voyage iconique, le Keepall s’est réinventé jusqu’à transcender les époques, les utilités et la sophistication qu’on lui prête volontiers.

            Ainsi lorsque Marc Jacobs arrive à la tête des créations Louis Vuitton pour en initier les lignes de prêt-à-porter en 1997, il n’en oublie guère tout le passé de la maison. Se confiant au Vogue Américain, il dit : « Ce que j’ai en tête sont des choses luxueuses mais de celles que vous pouvez jeter dans un sac et quitter la ville avec, parce que Louis Vuitton a un héritage dans le voyage. » Dès lors, le Keepall va se réinviter à l’aune de la créativité fantasque du new-yorkais. Relooké par des artistes invités par Marc Jacobs, de Takashi Murakami, Stephen Sprouse, et Yayoi Kusama en 2012 ; la pièce le sera tout autant par des collaborations aussi inédites qu’elles furent inattendues. Cherchant là encore à surprendre l’essence même du Keepall, en 2017, c’est la collaboration entre Supreme et Louis Vuitton qui donne vie à un Keepall Bandoulière Epi 45 rouge. La même année, Louis Vuitton collabore avec Jeff Koons, pour retranscrire la magnifique toile La Gimblette de Fragonard sur les courbes d’un Keepall ultra-luxueux… Voici donc une pièce qui n’a jamais quitté le catalogue Louis Vuitton, au point de devenir un objet du désir atemporel et ultimement indémodable !

 

Le Keepall en Quelques Dates Clés :

2017 : Louis Vuitton collabore avec Jeff Koons, ce qui donne naissance à la magnifique toile La Gimblette de Fragonnard qui épouse les courbes d’un Keepall.

Collection Automne/Été 2017 : nous retrouvons Xavier Dolan avec une nouvelle déclinaison du Keepall.

2017 : La collaboration entre Supreme et Louis Vuitton donne naissance à un Keepall Bandoulière Epi 45 rouge.

2016 : Apparition du Keepall dans la série Billions, plus précisément dans l’épisode The Conversation.

 2014 : L’acteur Matthias Schoenaerts nous fais découvrir à travers une vidéo, la nouvelle collection de sacs de voyage qui comprend bien évidement le Keepall.

2014 : A travers une série de vidéos Louis Vuitton dessine la panoplie d’un homme particulier notamment l’homme au Keepall beige. 

2014 : Au milieu d’un décor d’Afrique du Sud, les sacs Keepall forment une montagne de bagages Louis Vuitton.

Collection Homme Automne/Hiver 2014 : Kim Jones conçoit le bleu Cobalt qui prend place sur le Keepall 55 et le Keepall 45.

2013 : Le Keepall fait une apparition dans le clip de Nicki Minaj et Lil Wayne High School (1min54).

2012 : la bagagerie Vuitton est mise en scène à travers l’emblématique sac Keepall, qui est représenté par le célèbre Mohamed Ali.

2012 : Le Keepall se retrouve enveloppé du nouveau monogramme crée par Yayoi Kusama pour Louis Vuitton.

2011 : La Maison porte plainte contre Very Bad Trip 2, pour avoir utilisé des contrefaçons dans le film notamment des contrefaçons du Keepall.

2010 : Pour sa nouvelle campagne “Core Values”, la Maison nous emmène en Afrique avec chanteur Bono et de sa femme Ali Hewson qui porte un Keepall sur son épaule.

2010 : Pelé, Maradona et Zidane sont les égéries de la campagne pour la Maison.

2009 : Le Keepall est enveloppé d’un Monogram “relooké”, afin de rendre hommage à Stephen Sprouse.

2008 : Sean Connery pose pour la campagne publicitaire de la maison avec à ses pieds un Keepall.

2007 : Le Keepall est mis en scène, dans campagne publicitaire avec Mikhaïl Gorbatchev.

2007 : Louis Vuitton conçoit spécialement pour le film À bord du Darjeeling Limited un ensemble de bagages cuir Safari.

2007 : Pour la nouvelle campagne de la maison on retrouve Andre Agassi et Steffi Graf allongés au côté du Keepall.

1999 : le Keepall fait encore une fois une apparition au cinéma dans le film Les Rois du désert.

1985 : Le Keepall apparait dans Dangereusement vôtre.

1930 : La maison Vuitton créé le sac Keepall.

Les Sacs Boy, 11.12 et Gabrielle Chanel en Campagne avec Kaia Gerber

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Pour introduire au public sa collection inédite de sacs Chanel Printemps/Eté 2018, Karl Lagerfeld a choisi de capturer l’aura et l’allure sans pareille de Kaia Gerber. La fille du top model Cindy Crawford incarne ici la femme Chanel — ou plutôt la relation, l’histoire et la passion entre une femme et son sac, fidèle compagnon parmi les fidèles. Il faut dire qu’un sac Chanel renferme un univers ; d’un 2.55 se dégage toujours une émotion, des souvenirs, une authenticité. Pour cette campagne, le directeur artistique de la maison de la rue Cambon a ainsi figé l’image de Kaia Gerber au cœur même de l’appartement de Gabrielle Chanel. 

Sur ce mythique canapé en daim couleur fauve, Coco avait l’habitude d’être entourée de ses mannequins ou de ses amis intimes… Cette fois, Kaia Gerber prend la pose devant l’objectif du Kaiser pour raviver la légende même de Chanel. Et les clichés sont un concentré de rêve — en même temps qu’ils mettent en vedette les nouvelles pièces sensationnelles de la collection Printemps/Eté 2018, les photos de la campagne Chanel illustrent une humeur, un chic, une élégance… 

Minutieusement façonnées, les pièces sont aussi l’illustration même de l’histoire de la maison. Car cette campagne met avant tout l’accent sur la diversité des sacs Chanel. Le sac 11.12, tantôt en tweed richement brodé ou ludique dans son corps de PVC coloré transparent, se fonde naturellement à l’atmosphère éternelle de l’appartement de Chanel. Le Boy quant à lui, témoigne de l’attrait de Coco pour le masculin/féminin… Dernier né des sacs de la Maison, le Gabrielle est lui aussi présent ici. Son volume et sa souplesse ainsi posés sur une base rigide viennent le distinguer des autres pièces de la maison. Avec une campagne composée comme un manifeste de mode, Karl Lagerfeld conte l’histoire d’un accessoire devenu indispensable — l’histoire d’une femme, de toutes les femmes. 

Quand le 2.55 est devenu le Timeless Classic

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Signature incontestable de l’esprit et du style Chanel, le sac 2.55 est né de la volonté de Gabrielle de libérer un peu plus les mouvements de la femme. Et cette fois, ce sont les mains qu’elle rend libres de faire ce qu’elle désire. Toujours encombrée par ses sacs portés main, les voilà allégées et, cette révolution prend le nom de sa date… Le sac 2.55 est en effet né en Février 1955. Très vite, la pièce devient un objet (de) culte pour de nombreuses femmes. Jackie Kennedy et Elisabeth Taylor l’arborent tous les jours. Mais à la mort de la fondatrice de Chanel, la maison tombe en désuétude. Il faut attendre 1983 et l’arrivée de Karl Lagerfeld pour que la belle endormie retrouve toute sa pertinence.

            Les années qui suivent sont véritablement celles de la transformation de la maison – Chanel est comme mise au pas de son époque. Mieux, avec Lagerfeld, la maison bientôt se fait prescriptrice de tendances. Et notamment à l’heure des logos. Le nouveau directeur artistique frappe fort et, rapidement, le monde de la mode et les néophytes perçoivent chaque pièce Chanel comme le graal absolu. Exemple le plus probant, la réinterprétation du mythique sac 2.55 qui devient le Timeless Classic. Comment ? En troquant son fermoir « Mademoiselle » pour un logo double « C » entrelacé, nouveau signe de ralliement des aficionados de la maison de la rue Cambon. La pièce pratique est alors sur le point de devenir l’icône d’une nouvelle ère.

             Dans sa nouvelle jeunesse, la chaine se modifie aussi et arbore une lanière en cuir tressé. Tel un sceau sur un bijou, les doubles C sont coulés en plaqué or 3 microns – une fermeture des plus précieuses qui renferme une série de sept poches. Une pour y glisser son rouge à lèvres, une autre sur le revers du rabat, faite pour protéger les moindres secrets de celle qui considère désormais leur sac comme indissociable de leur personne… À l’intérieur, la couleur Burgundy signe l’ultime héritage de la pionnière Chanel, puisque cette teinte est celle des uniformes du couvent où Gabrielle fut élevée. Ainsi, le Timeless Classic est venu renforcer la tradition du 2.55, avant de devenir un véritable succès international !

 

Le Sac Accordéon, signé Chanel

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Le Sac Accordéon, de Chanel, ou quand l’élégance du matelassé 2.55 épouse les soufflets de l’instrument traditionnel de la ville d’Hambourg… Oui, le défilé Chanel Métiers d’Art s’est tenu dans la ville portuaire Allemande, là où Karl Otto Lagerfeld est né. Plus de six décennies plus tard, il y fait un retour triomphal. Et c’est bien la grande époque de sa ville natale que le directeur artistique célèbre ici autour d’une collection composée comme une odyssée. En occupant, le temps d’un défilé, l’immense Philharmonie d’Hambourg, dont l’architecture surréelle distille un onirisme certain, Karl Lagerfeld semble avoir articuler la jonction de divers espaces temps.

La collection Chanel Métiers d’Art présentait en effet des silhouettes comme des personnages, tantôt d’hier et d’aujourd’hui mais surtout d’ici. Pourtant, les gimmicks navy et hautement symboliques du Hambourg d’antan, peuplé de marins notamment, se déclinent ici dans la pure veine Chanel – celle doublée des savoir-faire exceptionnels que comptent la France. Et c’est ainsi que les prouesses modes du Chanel d’aujourd’huiont donné vie à un sac aussi drôle que fascinant : le sac Accordéon, articulé autour de deux bandoulières en chaîne dorée. L’instrument traditionnel local épouse ainsi le matelassé et la distinction du mythique 2.55 – c’est chic, tout bonnement.

Au milieu d’un concert philharmonique, les ateliers, à présent sous la coupe Chanel, ont une nouvelle fois démontré leur capacité à s’intégrer dans notre modernité – un temps qui, parfois, oscille habillement entre respect des traditions et volonté de légèreté, d’espièglerie. L’occasion d’introduire une pièce, le sac Accordéon qui, s’il incarne l’animation qui régnait à Hambourg dans les années 60, a surtout l’avantage d’être aussi improbable que désirable !

Dior Lady Art, la Seconde Collection

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C’est en novembre 2016, à Art Basel Miami, que la maison Dior introduisait le projet Lady Art – le plot : un sac iconique, intronisé par la princesse Lady Diana lors d’une visite à Paris, revisité par des artistes de renom. Les beaux-arts sont depuis longtemps au cœur de la création Dior – déjà du temps de Monsieur, nombre de ses amis comptaient pour être les artistes les plus influents de leur temps. Des noms comme ceux de Max Ernst, Alexander Calder, Alberto Giacometti et Pablo Picasso furent en effet exposés dans la galerie de Christian Dior. C’est cet héritage que retravaille aujourd’hui Maria Grazia Chiuri ; on se souvient notamment de sa collection Printemps/Eté 2018 qui mettait en vedette l’artiste Niki de Saint Phalle. 

Cette fois, pour Dior Lady Art #2, la maison s’associe à dix artistes contemporains venant du monde entier, et notamment de Grande Bretagne et des Etats-Unis. Des artistes qui sont des figures contemporaines dans l’art, tels Friedrich Kunath, Jamilla Okubo, et Spencer Sweeney. Ce-dernier justement transforme le Lady Dior en œuvre kaléidoscopique à travers sa matière de prédilection, les facettes miroir d’argent. Après plus de 60 tentatives, l’artiste, basé à Seoul, parvient à mettre au point un Lady Dior éblouissant et hautement captivant. Une exubérance qui sied si bien à la magnanimité des lignes du sac. 

Autre sac à retenir, celui de David Wiseman qui achève d’étonner avec ses fleurs perforées sur du veau métallisé  : « Mes sculptures en céramiques, en bronze, en argile commencent toujours par un dessin. J’imagine ensuite comment les différents éléments, souvent inspirés, par la nature s’assemblent. J’ai suivi le même processus pour ce sac. J’ai d’abord imaginé un motif floral que le travail sur le cuir perforé permet de révéler. » Enfin, la pièce la plus hypnotique, peut être, est celle de Friedrich Kunath – un arc en ciel aux couleurs du coucher de soleil Hollywoodien : « Je suis né en Allemagne de l’Est et je travaille à Los Angeles. J’aime explorer le tiraillement entre tristesse et optimisme. Ici, j’ai voulu évoquer le graphisme d’une serviette de plage de Venice Beach avec l’idée d’une journée d’hiver parisienne mélancolique. L’arc-en-ciel est un clin d’oeil à mes peintures. » Ceci donne vie à un Lady Dior en velours imprimé en relief et nuage en cuir d’agneau… Des pièces d’exception à découvrir dès à présent.  

Le Pop-Up du Faubourg Saint Honoré de Tod’s Honore Le Sac Sella

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Le Sella de Tod’s incarne à merveille la philosophie, l’ADN et l’esthétique tant adorés et défendus par la maison de Diego Della Valle : la distinction mesurée mais décomplexée. Lignes graphiques et tenue minimale, le voici tout droit produit pour une féminité active et sportive. Et le Sella a un secret ; son allure multiple et changeante – le Sella dans sa nouvelle version se pense comme l’élément clé d’une tenue. Mini, petit ou grand, la pièce Tod’s se décline dans une multitude de teintes, dans un cuir lisse avec double anse, charme anneaux et porte-clefs, fermeture à glissière, bords en cuir verni, bandoulière amovible, et poches plaquées ! Du Chic et de l’intemporel, le Sella est évidemment le fruit d’un savoir-faire 100% Made in Italy.

Le 2 octobre dernier, Tod’s inaugurait aussi son nouveau Pop-Up dédié au sac – dans sa boutique du Faubourg St Honoré, le must have de la saison se coulait d’ailleurs dans un set up à son image. Le sac en cuir effet poulain s’inspire en effet des techniques de fabrication des maîtres selliers ; et c’est tout naturellement que l’on retrouve la dynamique des montures ici exposée. Des chevaux au galop, interprètes du luxe et de la liberté, dénotent ainsi de la fougue stylistique du Tod’s Sella Bag.

En veau poney coloré ou en matelassé tricolore graphique, les lignes déjà distinctives du Sella ouvrent ici un chapitre de plus dans l’élégance intemporelle doucement bâtie par Tod’s. Et pour incarner le chic et la classe du Sella, la maison avait invité muses, égéries et célébrités pour un cocktails très exclusif. Naomi Campbell, Isabelle Adjani, Zanita Whittington, Chriselle Lim, Danielle Bernestein, Derek Blasberg, Giovanna Battaglia ou encore Inès de la Fressange – toutes les élégantes répondaient présentes, un Sella au bras !

L’Enchère de l’Année : le Birkin Himalaya Niloticus Crocodile Diamond

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S’il nous apparaît aujourd’hui comme le classique des classiques, ce n’est qu’en 1984 que la manufacture Hermès imagine le sac Birkin. Tout commence dans un avion reliant Londres à Paris. A bord, Jane Birkin raconte : « Mon agenda Hermès était si chargé que tout est tombé. Il m’a dit que je ferais mieux de mettre mes effets personnels dans des poches fermées. Je lui ai répondu : ‘Si Hermès mettait des poches…’ il a répliqué ‘Je suis Monsieur Hermès et je vais mettre des poches pour vous’ » – c’est ainsi que s’amorce l’une des plus belles collaborations de l’histoire de la mode. Et c’est bel et bien Jane qui en dessine les lignes. Un mois plus tard, Jean-Louis Dumas lui fait envoyer la pièce en lui demandant s’il pouvait la baptiser de son nom.

Ainsi, lorsqu’en 2015, le scandale des peaux exotiques utilisées dans l’industrie rebat une nouvelle fois les cartes de l’opinion, Jane Birkin exige que son nom ne soit plus lié au sac. En dénonçant ainsi des « pratiques d’abattage cruelles » pour les animaux, Birkin convainc en réalité Hermès de prendre des dispositions satisfaisantes pour changer la donne – ni une, ni deux, les deux parties se réconcilient. Il apparaît évident à présent que le sac Birkin qui s’est envolé aux enchères Christie’s de Hong-Kong le 31 mai dernier est bien plus qu’une pièce d’exception.

Et pour cause, ce modèle ne fut que très peu produit – il s’en crée chaque année un ou deux exemplaires, seulement. Et aujourd’hui, Hermès parle même d’en stopper définitivement la production, « ce qui peut expliquer en partie l’augmentation de sa cote cette saison » a déclaré Matthew Rubinger, chef du département sacs et accessoires à l’international chez Christie’s. Le sac Himalaya Niloticus Crocodile Diamond Birkin 30 est ainsi réalisé en peau de crocodile ; incrusté de diamants, ses finitions sont aussi faites d’or… L’un des sacs de luxe les plus convoités au monde, selon Christie’s, fut ainsi adjugé à 338 000 euros auprès d’un enchérisseur anonyme.

 

Le Bamboo, un Code Iconique de la Maison Gucci

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C’est à la fin de la Seconde guerre mondiale, au cours de l’année 1947 très exactement, alors que l’Italie, en pleine époque fasciste, fait face à une forte pénurie de matériaux en provenance de l’étranger, que Guccio Gucci se voit forcé d’expérimenter de nouvelles solutions.  Pour fabriquer les poignées de ses sacs à main, mais aussi et surtout pour remplacer le cuir, l’homme doit se tourner vers des matériaux insolites dans l’univers du luxe, tel le chanvre, le lin ou le jute… Mais c’est le bambou et le brunissage du rotin qui fut l’une des innovations les plus subtiles des artisans de la maison. Le premier sac bambou naît ainsi comme un exemple ingénieux du proverbe qui veut que nécessité soit mère d’invention… Le Bambou est ainsi devenu la première griffe de nombreux produits emblématiques de Gucci, sacré code iconique de la maison, à l’instar du motif floral et du double GG.

Péché mignon des têtes couronnées et des célébrités, le sac à l’anse brunie gagne rapidement la faveur des élégantes. Le sac bambou s’impose alors comme un must have de l’époque : Grace Kelly, la reine Frederica de Grèce, Elizabeth Taylor et Deborah Kerr le portent. Aujourd’hui, le Bamboo Bag est prisé par les célébrissimes chanteuses Jennifer Lopez et Beyoncé. Il faut dire que le sac allie à merveille innovation et savoir-faire, épousant l’air du temps, à l’instar du Bamboo Shopper Bag. On retrouvait il y a peu dans le défilé Pre-Fall 2017 de la maison deux versions nouvelles de l’iconique sac à main : le Dionysus et le Queen Margaret. 

Cependant, le bambou n’est plus cantonné au sac éponyme. Son éclectisme en fait un élément puissant, autant en terme d’esthétique que de caractère. Des chaussures aux bijoux, le bambou devient un incontournable de la griffe. Et aujourd’hui encore, le vestiaire haut en style et en couleurs d’Alessandro Michele pour la maison Florentine ne passe sans une nouvelle adaptation de cette griffe iconique, comme lors des défilés Printemps-Eté 2016 et 2017. Des escarpins Gucci en cuir noir avec bout de bambou ancré sur le talon jusqu’aux inévitables sacs, sacoches de docteur et sac dames aux fermoirs bambou – tout l’univers de Gucci semble a jamais lié à cette matière aussi subtile que détonnante. Sous l’ère Michele, le Bambou s’ancre un peu plus dans la modernité sur un ensemble de bijoux, ou sur des garde-temps qui, une fois de plus, portent parfaitement leur nom !