La Robe Conte de Fée de Kate Middleton par la Maison McQueen

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L’évènement est de taille — première mariée royale de l’ère numérique, Catherine Middleton est sur le point de se lier au Prince William d’Angleterre. Et c’est la maison McQueen qu’elle approche afin de réaliser sa robe conte de fée. La future princesse avait remarqué le travail de Sarah Burton pour la robe de la journaliste de mode Sara Buys lors de son mariage avec Tom Parker Bowles, en 2005. Près de six ans plus tard, le nom McQueen est sur le point d’être associé pour l’éternité à celui de la famille royale la plus en vue de la planète. 

2011 donc, le monde découvre la robe de mariée de Kate Middleton au moment où celle-ci quitte le carrosse qui la dépose devant l’abbaye de Westminster. Une pièce traditionnelle et séduisante, chic et inspirée — la robe McQueen distille dans une tranquillité de broderie et de tulle les gimmicks propres à la mode. D’inspiration Victorienne, la robe présente un corset doucement sensuel ; en satin légèrement appuyé aux hanches (signature McQueen) le corsage s’étend sur un appliqué de dentelle, piqués de roses, de jonquilles et de trèfles là aussi en dentelle. « Nous avons pris six types de dentelle différents et trouvé des motifs différents pour chacun […] C’est un effet de miroir complet et chacun des éléments joints et raccordés dans la jupe comme dans le corsage a été créé à la main » détaille Sarah Burton. 

Sur le tulle de soie ivoire laisse ainsi se voir tout l’artisanat traditionnel de Carrickmacross… Un artisanat qui remonte aux années 1800, ici exécuté par la Royal School of Needlework, installée au Château de Hampton Court. À l’instar du voile — 2,7 mètres de tulle de soie venant souligner là encore la référence florale. 58 boutons de gazar et d’organza, brodés à la main, figurent ce que Sarah Burton a cherché ici à inspirer : une rose anglaise sur le point d’éclore pour éblouir le monde de sa beauté. Lorsque Kate Middleton s’est liée au Prince Williams ce 29 avril 2011, le monde était en effet sous le charme.

La Robe Violon de Karl Lagerfeld pour Chloé

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C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que l’Egyptienne Gaby Aghion fait de Paris sa ville d’adoption. Très vite, la jeune femme côtoie le cercle des artistes bohèmes de l’après-guerre. Picasso, Eluard et d’autres comptent parmi les figures Rive Gauche qu’elle fréquente. Sept ans plus tard, la voici qui fonde sa maison avec pour mission d’habiller ses amies — exit la grande dame, Chloé figure une féminité naissante. Inspirée du nom de sa proche amie Chloé Huysmans, la maison de Gaby Aghion distille tout de la couture des années 1950 dans un style bien plus en phase avec l’époque. En 1956, son premier défilé organisé autour d’un petit-déjeuner tenu au Café de Flore met l’accent sur cette Parisienne espiègle, bohème mais éminemment élégante ! 

L’ambition est claire : composer une garde-robe raffinée mais décomplexée ; pensée pour des femmes qui vivent, rient, aiment et s’amusent. Cette femme, Clare Waight Keller – en poste de directrice artistique de 2011 à 2017 – la définie ainsi : « On aurait plutôt tendance à associer la maison à une hippie girl un peu rêveuse mais en réalité, au coeur de Chloé, il y a toujours eu une attitude affranchie qui défie le statu quo de la mode. » Justement, lorsque Karl Lagerfeld était en charge de la création Chloé, il a su mêler humour, fantaisie et élégance dans une pièce-icône devenue le symbole des années 1980. La robe violon capture en effet l’esprit malin d’un couturier toujours en phase avec son temps. 

Introduite lors de la collection Printemps/Eté 1983, la robe violon se place à la croisée d’un savoir-faire couture et de la fraicheur du savoir-être Chloé. De dos, la pièce donne l’impression d’un trompe-l’œil, laissant croire que la belle qui l’arbore s’est glissée dans un ensemble noir et or composé d’un boléro et d’une jupe droite…. Et c’est de face que la pièce prend tout son sens — surréaliste, la robe emprunte les découpes d’un violon. Mais violon façon Ingrès de Man Ray. Le long des cordes du motif, strass et perles et fils or se suivent pour épouser les courbes naturelles du corps de la femme. Le col officier bijouté, lui, vient ajouter la pointe de caractère indispensable aux femmes de l’époque. Spectaculaires, drôles et sexy. 

‘L’Année dernière à Marienbad’: La Robe Chanel de Delphine Seyrig

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Si la maison Chanel est depuis toujours connue pour être le mécène de plus d’une oeuvres d’avant-garde, là voici qui renouvelle ses voeux envers le Septième Art. Contribuant cette fois à la restauration d’un chef d’oeuvre du cinéma Français, Chanel concourt à la conservation d’un pan de l’histoire artistique. Réalisée en 1961, le film ‘L’Année Dernière à Marienbad’ conte un huis clos onirique où se confondent illusion et réalité. Dans un palais baroque Allemand entouré de jardins à la Française, l’actrice principale, Delphine Seyrig brille par son aura de femme atemporelle et distante, conventionnelle et flamboyante. Glissée dans des robes à la simplicité renversante — ces mêmes robes signées Chanel. 

Dans le rôle de A, la femme à la chevelure courte et brune, Delphine Seyrig adopte les pièces phares de la maison Chanel. En vedette, la petite robe noire en mousseline. ‘La Ford Chanel’ devient ici « la robe à la Marienbad“ — dentelles foncées et perles claires, l’équation Chanel, déjà mythique, démontre ici toute sa force narrative. La robe créait tout de l’aspect mythique et distant du personnage de Delphine Seyrig… Forte d’une souplesse, mouvante, épitomé de l’économie d’effets de la rue Cambon, la pièce rend à l’actrice cet air silencieux, dévoué, toute à la fois doux et amer. Une robe éthérée entrée dans la légende — Brigitte Bardot, ayant vue Delphine Seyrig dans ‘L’Année Dernière à Marienbad’, s’habillera désormais selon les codes Chanel. 

Aujourd’hui, la maison Chanel qui survit au mythe concourt à remettre au goût du jour l’un des films les plus influents de l’histoire. Agnès Varda, Jacques Rivette, Ingmar Bergman et Federico Fellini, ou plus récemment Inception de Christopher Nolan… Nombre de réalisateurs lui empruntent concepts narratives et style visuel. En collaboration avec Studio Canal, Chanel lui redonne ainsi toute sa gloire d’origine à l’aide de la numérisation et la restauration en 4k, menées à partir des négatifs originaux.  Et tout y est: la beauté du contraste, la puissance des images d’origine du film… Des costumes quintessence du chic; la photographie et l’éclairage délicats et élégants développés par Sacha Vierny et Alain Resnais à l’aide d’un objectif Dyaliscope — tout ici témoigne du chef-d’oeuvre. Le film original a reçu un Lion d’Or il y a près de 60 ans. Le 5 septembre prochain, la version restaurée sera diffusée à la Mostra de Venise, avant sa projection en salle partir du 19 septembre 2018.

Eva Minge Haute Couture Hiver 2018-2019

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Des danseuses de ballet accompagnaient de leur mouvement éminemment gracieux des mannequins glissés dans des toilettes hautement couture — la maison Polonaise Eva Minge présentait à Paris une vision littérale de l’exercice. Dans l’atmosphère majestueuse de l’un des salons du Shangri-La Hôtel, les silhouettes évoquaient d’incroyables sculptures toutes faites de tulle, de broderie et de dramaturgie! Une collection ensorcelante éveillée par la musique de Czajkowski. 

Parsemées de teintes pastel, les robes spectaculaires et essentiellement théâtrales faisaient aussi la part belle aux fleurs et plumes d’oiseaux — mais ici, des corsets venaient enserrés la taille de façon à faire entrer le baroque du propos dans une forme de modernité. Des pièces monumentales qui content la réunion de deux mondes; l’un romantique, l’autre électrique. Deux mondes à l’image de la maison d’Eva Minge.  

Le Rouge Valentino Magistral Sur une Cape d’Opéra Haute Couture 2018-2019

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« J’ai eu un des plus grands chocs de ma vie à Barcelone: alors étudiant, invité au théâtre de l’Opéra, émerveillé, je vis dans une loge une femme aux cheveux gris, très belle, habillée de velours rouge. Parmi toutes les couleurs portées par les autres femmes, elle m’apparut unique, isolée dans sa splendeur. Je ne l’ai jamais oublié. Elle est devenue la déesse rouge. Fabuleuse. Je crois qu’une femme habillée de rouge est toujours magnifique, elle est au milieu de la foule l’image parfaite de l’héroïne.  » L’anecdote du fondateur Valentino Garavani a sans doute inspiré à Pierpaolo Piccioli cette collection éminemment Haute Couture. 

Sous la véranda de l’hôtel Salomon de Rothschild, l’actuel directeur artistique de la maison semblait en effet vouloir renouer avec cette grande tradition. Un hommage, loin de l’écueil nostalgique, qui forge ici l’une des plus belles collections de la saison. Rythmées par la voix de Maria Callas, les belles Haute Couture 2018-2019 Valentino défilaient dans mouvement lent, glissées dans une cape d’opéra au tombé parfait, à la couleur radieuse! Ce rouge iconique épouse ainsi un jeu sur les volumes bien rare en ce moment — un carmin flamboyant qui s’éprend d’une pièce follement couture. 

Une pièce qui, comme flottant dans les airs, habille l’élégante d’une grâce sans pareille. Fruit d’un savoir-faire nécessitant plus de 1800 heures de création… Les grandes divas de l’opéra Valentino distillent ici une vision paroxysmique. Celle d’une Haute Couture 2018 -2019 qui lie opulence magistrale et travail merveilleusement bien exécuté. Une vision qui vaut à Pierpaolo Piccioli une standing ovation — Valentino Garavani lui-même s’est levé pour applaudir. 

Doria Arkoun 

Le Tailleur Arty Fendi Haute Couture 2018-2019

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C’est au coeur de la Bourse de Paris que Silvia Fendi et Karl Lagerfeld ont fait défiler leur collection Haute Couture 2018-2019 — une collection qui, pour la première fois, faisait la part belle aux illusions de matières. Les ateliers Romains sont parvenus à filer toutes sortes de matières de façon à les faire apparaître, à l’oeil nu, pour être de la fourrure. Mousseline imprimée et effilochée; paillettes thermorétractées et organza plissés — Fendi, maison haute fourrure, illustrait ainsi un pied de nez magistral aux idées préconçues quant à une matière désormais controversée! 

Et c’est dans l’univers de l’Orphisme — mouvement artistique du XXe siècle centré sur la couleur et le mouvement, ainsi nommé par Guillaume Apollinaire — que la maison Fendi a pioché les gimmicks de sa collection Haute Couture. A l’instar de ce tailleur arty, composé comme une mosaïque de teintes et de nuances… Une coupe somme toute classique, étayée par l’audace de la composition — de quelle matière s’agit-il? Peut être de la fourrure, des effilochés de mousseline, ou encore des combinaisons de paillette engendrant un mouvement liquide… La maison Fendi a pris soin de brouiller les pistes! 

Suivant néanmoins une composition pop et colorée, la pièce phare de la collection Haute Couture 2018-2019 s’inspire ici des oeuvres du peintre František Kupka. Un tailleur étonnant, véritable chef d’œuvre d’artisanat — une pièce illustrant la pure démonstration d’art que fut ce défilé Fendi. Un défilé poétique et inestimable, applaudi par une pluie d’invités prestigieux. 

 Doria Arkoun 

Le Smoking Façon Jean Paul Gaultier Haute Couture 2018-2019

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‘Smoking or not smoking’ — ainsi intitulée, la collection Haute Couture de Jean Paul Gaultier Hiver 2018-2019 flirte avec les notions de genre et de tailoring. Déjà, lorsqu’il débarque sur la scène mode au tournant des années 80, Jean Paul Gaultier insuffle un vent nouveau sur la planète — les hommes sont habillés en femmes, et les femmes en hommes. Etayant un propos depuis devenu légion, cette collection Haute Couture puisait dans le répertoire même de sa maison les éléments d’un Smoking réinventé pour la femme d’aujourd’hui. Jamais à court d’humour, Jean Paul Gaultier coupe ici le smoking dans une approche mêlant tuxedo, drapé d’opéra et fez perlé! 

L’introduction des fez dans l’univers Gaultier remonte à l’un de ses premiers défilés… Après avoir vu Stephen Jones vêtu d’un superbe fez dans l’émission Culture Club, Gaultier voulu l’inviter à défiler. Mais, Stephen Jones refusa — à la place, le chapelier lui propose de réaliser des fez pour sa collection. La semaine passée à Paris, les fez ont une nouvelle fois accompagné des silhouettes audacieuses et éminemment pertinentes! En vedette, le look N°50 met à l’honneur le maître tailleur qu’est devenu Jean Paul Gaultier. Une silhouette où le smoking, déconstruit, s’accapare volumes et drapés coutures pour le plus grand plaisir des femmes en quête d’un raffinement détaché. 

Sur ce smoking, un effet drapé des plus pompeux est adoucis, voire subvertit, au contact d’une approche stricte du tailoring — mais l’effet vaporeux, lui, égaie le propos autour d’une texture noble. Une collection hautement réussie; chaudement applaudie par un par-terre de personnalités incluant Nil Rogers, Naomi Campbell, et Rossy de Palma pour qui « Jean Paul est un garçon curieux, un être magique, quelqu’un de tendre, magnifique, rêveur et toujours innocent, un plaisir, c’est l’amour! » Des qualités qui imprègnent des pièces à la désidérabilité folle. 

Doria Arkoun

Le Rose Eminemment Shocking de Schiaparelli Haute Couture 2018-2019

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L’actuel directeur artistique de la maison Schiaparelli faisait défiler la semaine passée à Paris sa collection Haute Couture 2018-2019 au coeur du Palais Garnier. Un lieu à la magnificence avérée qui venait jouer l’écrin parfait de cette collection — une collection baptisée ‘Animala Fantasia’ où le bestiaire Schiaparelli épousait des lignes folles et hautement bien exécutées! « Cela fait du bien de se lâcher et d’aller vers quelque chose de plus théâtral […] J’ai eu envie de parler d’elle en tant que femme. Elsa Schiaparelli était un personnage fantasque, ce que m’a confirmé sa petite fille, Marisa Berenson » confiait Bertrand Guyon. 

Et au passage N°8, on se dit que l’exercice couture est incroyable bien réussi. Mêlant savoir-faire éponyme et subversion caractéristique de cette maison, la collection Schiaparelli mettait en vedette l’iconique Rose Schoking inventé en 1937 — une teinte qui vient cette fois éveiller d’un culot-couture une pièce bouffante et bohème, théâtrale et sensuelle. Sur le visage du mannequin Tricia Akello, un masque non moins fantasque signé du plus grand chapelier de notre temps, Stephen Jones.  

Ce masque n’est pas sans évoquer un autre des codes de la maison de la place Vendôme — un symbole appartenant au répertoire surréaliste qui veut que le papillon incarne le changement. Et c’est bien cela que Bertrand Guyon parvient à faire avec cette maison iconique; faire entrer Schiaparelli dans le coeur et l’esprit des nouvelles générations. Une façon de démontrer, sinon d’affirmer, que la Haute Couture porte avant tout l’audace de la création. Et cette silhouette est incontestablement l’exemple d’une couture qui fait de l’art quelque chose de portable!   

Doria Arkoun 

La Tabi Shoe Margiela sur Plateforme pour la Haute Couture 2018-2019

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Maison Margiela présentait à Paris sa collection Haute Couture, plus connue sous le nom de ligne ‘Artisanal’. Et cette année, l’actuel directeur artistique, John Galiano, a mêlé à ses propres questionnements de décortiqué et glamour-à-la-hâte les codes initiés par Martin Margiela. Ainsi la collection Haute Couture Hiver 2018 pensait la notion d’humanité nomade — une humanité qui, sur le catwalk, défile téléphones et tablettes chevillés au corps. Oui, la réflexion ici portée par John Galiano interroge une humanité qui se contente de voyager et d’approcher la réalité au prisme de lentilles virtuelles. 

Intitulée ‘En mémoire de’, la collection ‘Artisanal’ mettait aussi en vedette une pièce devenue la signature Margiela — un soulier qui, dès 1988, fait partie intégrante de la grammaire Margielesque! Les Tabi Shoes, empreinte reconnaissable entre mille, furent introduite dès la première collection de Martin Margiela. L’inspiration, on la connait: les Tabi Japonaises à bout fendu. Ce que l’on sait moins, c’est l’intention de Margiela. « Je voulais créer une chaussure invisible, l’illusion d’un pied nu marchant sur un talon haut et costaud » déclarait à l’époque Margiela à Brulot, son premier revendeur. Lors de ce premier défilé, Margiela avait ainsi pris soin de tremper ses Tabi dans la peinture rouge, de sorte à ce que les mannequins distillent sur le podium ces drôles d’empreintes de pas. 

Aujourd’hui, John Galiano les perche sur des plateformes. « Les volumes, c’est ça qui fait avancer la mode. C’est de ça qu’il s’agit toujours. Je suis couturier, c’est pour ça que je travaille. Et j’ai donc enquêté, exploré et je nous ai fait faire pas mal d’exercice à l’atelier » soulignait-il dans un podcast transmis à la presse. Et il est vrai que cette collection Couture repousse un peu plus les limites de l’exercice — vêtements décortiqués et superposés, les voici mêlant avec une adresse folle tissus délicats et restes de la vie moderne. Oui, les codes initiés par Margiela font plus que jamais écho à notre époque. Une époque où les vêtements naissent de formes brutes et poétiques! 

 

Doria Arkoun

Le Tricoté Envers de Sonia Rykiel Façon Haute Couture pour l’Hiver 2018 – 2019

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Baptisée ‘L’Atelier Sonia Rykiel’, la toute première collection haute couture pilotée par Julie De Libran faisait l’inventaire des icônes Rykiel. Du béret en passant par le caban et la jupe culotte, c’est l’appropriation couture du tricoté envers qui retient toute l’attention. La ‘Reine du tricot’ n’avait en effet pas son pareil pour sublimer le non-fini. Petite déjà, Sonia Rykiel rechignait à porter des vêtements neufs – ceux qui l’attiraient été vieux, usés. Plus tard, la maison qu’elle fonda gagna ses lettres de noblesse autour d’une nouvelle virtuosité du vêtement. Dans les années 60, Sonia Rykiel file la laine, évince les ourlets, recoud à l’envers de manière à faire apparaître toutes les preuves de coutures… Rykiel s’est entendue : elle fait de la rayure sa signature ; de la maille son support.

La semaine passée à Paris, Julie De Libran reprenait ainsi toute la grammaire Rykiel autour d’une composition Haute Couture – « un reflet de l’essence pure Rykiel et une vision personnelle de l’univers de la marque adaptée au lifestyle des femmes d’aujourd’hui » précisait-elle. Une proposition couture donc qui distille l’élégance Rive Gauche autour d’une allure tout sauf affectée. Ce look met en vedette l’iconique tricoté envers dans des teintes somme toute très Rykiel. Version couture du mythique pull rayé de la maison, la pièce habille d’une nonchalance raffinée la femme de l’Hiver 2018.

« Faire remarquer la tête sans se faire remarquer. C’est ce que je veux pour moi et pour les autres… » Le mantra de la fondatrice se conçoit ici dans une silhouette couture qui se porte, s’apprécie, mais surtout se vit ! Une sensualité teintée de liberté, une pièce savamment informelle – Julie De Libran joue des codes Rykiel avec une fraîcheur délicieuse. Une désinvolture chic qui rappelle l’icône Sonia elle-même. « Elle était une icône Parisienne, et une femme que les autres femmes aspiraient à être, pour sa liberté, son allure et la façon dont elle jouait des vêtements » explique l’actuelle directrice artistique de la maison. Et il est vrai qu’il y a quelque chose d’éminemment coquin, pour ne pas dire malin, dans ce tricot à la désirabilité exponentielle.

 

Doria Arkoun