Le Tailleur Beige Deauville Chanel du Printemps/Eté 2019

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« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Lorsque Coco découvre Deauville aux bras de Boy, c’est la révélation. La jeune couturière trouve dans les nuances d’un sable léché par la mer une sourde sensualité très intéressante. À l’heure où les peaux commencent à se dorer au soleil, la Dame aux Camélias ajoute le beige à la grammaire de sa maison. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces de jersey. Mais bientôt, il devient l’ADN même de la rue Cambon. Alors, lorsque Karl Lagerfeld reconstitue sous la verrière du Grand Palais une plage débordante de réalisme, c’est un clin d’oeil certain à l’univers de la maison qu’il réalise. 

 

Mais cette fois, le décor d’inspire des rives de Sylt, l’île Allemande lieu de villégiature de l’enfance de Karl Lagerfeld… Dans cette collection Printemps/Eté 2019, la force et la volupté du sable caressé par l’écume viennent habiller l’iconique Tailleur de Mademoiselle. Taillée en crêpe et parsemée de fil d’or, l’allure technique de l’icône s’adoucie ainsi au contact d’un beige nuancé et hautement chic ! 

 

Baptisée ‘Sur La Plage’, la collection Printemps/Eté 2019 Chanel s’engage vers une saison tout en joie de vivre — et tout correspond au style emblématique initié par Coco au début du siècle dernier. Car derrière toute la grandeur illusoire et la folie d’un décor au plus près du réel – bruissement des vagues, et ciel bleu – c’est une mode ancrée dans son époque pour une femme vivante et concrète. Une femme qui, sur les bords de mer, ne perd rien de ce chic et de ce cachet tout parisien auquel Gabrielle donna ses lettres de noblesse. Une vision pragmatique et sans fioriture de l’élégance !

 Le Retour de la Longue Robe du Soir Tachetée Léopard Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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À Paris, face à la Tour Eiffel, la maison Saint Laurent présentait une collection Printemps/Eté 2019 comme une ode à la part glamour et déjantée du fondateur. Jouant depuis trois saisons déjà sur la corde ambigüe d’un Yves Saint Laurent génial et fasciné par les possibles de la nuit, Anthony Vaccarello distillait ainsi cette énergie très nocturnale dans les pièces d’un vestiaire iconique. En vedette, le motif phare de la maison réintroduit, la robe longue tachetée ravive un modèle de la griffe ! 

 

Il faut dire que durant ses années d’activité, de 1957 à 2002, Yves Saint Laurent a largement contribué à définir les nouvelles habitudes stylistiques des femmes modernes — le smoking, la saharienne ou encore l’imprimé léopard ! Apparu pour la première fois en 1968 sur une robe en soie, l’imprimé est tout à la fois symbole de puissance, de pouvoir, de luxe, de sensualité et d’extravagance ! Et pour le Printemps/Eté 2019, Anthony Vaccarello a puisé une fois encore dans les gimmicks d’une muse de Saint Laurent. C’est la façon dont « Paloma Picasso a inspiré Saint Laurent dans les années 70, la façon dont elle prenait les vêtements des années 40 et les faisait siens » qui a guidé l’actuel directeur artistique de la maison. 

 

Ainsi inspiré, il livre une version contemporaine de l’icône tachetée — une longue robe du soir léopard, vaporeuse dans un chiffon de soie. Symbole d’exotisme et de séduction, le léopard habille ainsi la femme Saint Laurent de la prochaine saison dans un esprit d’évasion et d’exotisme très envoûtant… 

La Saharienne Grand Soir Saint Laurent du Printemps/Eté 2019

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Anthony Vaccarello n’en finit pas de proposer des sets à la hauteur de la grandeur de la maison Saint Laurent — cette fois, en face de la Tour Eiffel, c’est la fontaine du Trocadéro qui fut réquisitionnée pour servir de podium à son défilé Printemps/Eté 2019. 

Un podium profond de 8 millimètres d’eau qui donnait ainsi l’impression d’une femme Saint Laurent marchant sur l’eau. Divine et glamour au possible, la femme de la prochaine saison adapte ainsi les pièces iconiques du vestiaire du génie de la couture dans une fantaisie grand soir. 

 

Symbole éternel de la mode Saint Laurent, la saharienne se réinvente donc dans un cuir noir, ceinturon métal, le tout couplé à un pantalon sequins et plumes ! Et la version du Printemps/Eté 2019 s’éloigne quelque peu de la fantaisie primitive qui lui donna vie au tournant des années 1970. Sur les épaules de l’amazone Veruschka, née Comtesse Vera Gottlieb von Lehndorff, la saharienne devenait une icône sur papier glacé ! La mise en scène du photographe Rubartelli pour Vogue Paris est à l’époque une histoire de jungle, de brousse Africaine et de profond décolleté. « Je voulais que les chasseurs puissent dire de moi : elle a suivi les pistes avec nous, elle a dormi sous la moustiquaire au campement du Bout du Monde » confiait alors Veruschka. 

 

Cette fois, Anthony Vaccarello la pense pour la femme prédatrice du soir — la femme audacieuse qui part à la conquête de glamour et de sex appeal. Pensée plus courte et plus saillante que l’esquisse originale, la saharienne du Printemps/Eté 2019 gagne en portée universelle… Une pièce grand soir venant marquer la silhouette d’une versatilité essentielle aujourd’hui ! Une icône pour l’époque en somme.

La Neo Robe See-Through de Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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Cela fait trois saisons qu’Anthony Vaccarello présente ses collections pour Saint Laurent face à la Tour Eiffel — la Dame de Fer servant ainsi de métonymie à l’univers très parisien de la maison, elle accompagnait cette semaine la présentation du Printemps/Eté 2019. Et c’est sur un podium conçu sur la fontaine même du Trocadéro que les femmes Saint Laurent ont défilé ; un podium stylisé de 10 palmiers… « Une touche d’Afrique du Nord » comme indiquait Vaccarello. Mais au coeur de la collection, les références à l’épopée marocaine du fondateur n’étaient que peu présentes. À la place, une vison franche d’un vestiaire sexy à la française — poétique et raffiné ! 

 

La malicieuse blouse see-through est ainsi devenue une robe pour le Printemps/Eté 2019 — une robe qui joue de la transparence dans une association inédite de plumes ! Un des emblèmes de la maison d’Yves Saint Laurent distille ici une sensualité aérienne plaçant l’érotisme laurentien à son paroxysme… À l’heure d’un retour certain des conservatismes, Anthony Vaccarrello poursuit la grammaire du génie de la mode et, d’un coup de couture ingénieux, orne la poitrine comme n’importe quelle autre partie du corps de la femme… 

 

Déjà en 1966, Yves Saint Laurent donnait le pouvoir aux femmes en leur permettant d’assumer leur corps, leurs audaces  — une certaine irrévérence, légère et franchement géniale ! Si à l’époque le scandale est certain, aujourd’hui ne reste que la grâce d’un geste d’indépendance. Cela, Anthony Vaccarrello l’a bien compris ! Il pense la néo robe see-through pour cette femme Saint Laurent qui ne cherche pas la provocation. « Une femme Saint Laurent est une personne indépendante, confiante, insouciante, libérée, audacieuse qui aime s’amuser et s’exprimer. » Une femme affranchie, s’autorisant surtout à afficher son corps comme elle l’entend ! 

Les lignes A et Corolle de Dior se Réinventent pour le Printemps/Eté 2019

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La maison Dior n’est pas étrangère à l’univers de la danse. Déjà de son vivant, Christian Dior collaborait avec le chorégraphe français Roland Petit, en composant les costumes pour le ballet Treize Danses. Ainsi, lorsque l’an passé Maria Grazia Chiuri vint à signer les costumes d’un ballet tenu à Guggenheim pour la chorégraphe Sharon Eyal, l’actuelle directrice artistique eut l’idée de dédier sa prochaine collection au rapport très étroit qu’entretiennent mode et danse. « J’ai essayé de traduire cette idée de légèreté et de liberté. Il y a ainsi beaucoup de références Dior, mais j’ai retiré tous les corsets pour placer à l’intérieur une doublure de tulle pour maintenir le drapé. Pour la première fois chez Dior, j’ai réalisé des robes en jersey de soie. […] La silhouette est très Dior, mais en jersey, c’est complètement différent. Les gens pensent que la maison est une question de silhouette — très années 50 — mais Dior n’est pas qu’une question de silhouette, c’est une question de féminité. Nous avons donc trouvé des matériaux pour maintenir ce code dans une veine contemporaine mais différente. »

 

Ainsi exécutée, la collection Printemps/Eté 2019 libère les mythiques lignes A et Corolle autour d’une ligne structurée mais infiniment plus fluide. Exit l’équation d’une taille étranglée et exagérément mise en valeur, la grammaire Chiuri pour Dior distille des silhouettes presque liquides ! Ici la femme Dior glisse d’un pas léger et vaporeux — comme les danseuses qui évoluaient autour des mannequins ! Et une fois mêlés à des références appuyées à Loie Fuller, Pina Bausch et Isadora Duncan, les codes iconiques de Dior trouvent dans le tulle nude, les tonalités poudrées et le ton-sur-ton une poésie éclairée. 

 

Pièce phare de ce défilé entre mode et performance, la silhouette 87 ancre la ligne corolle autour d’un tissu éthéré — pas moins de 90 mètres de tulle ! Le résultat ne peut que subjuguer tant au pas de Ruth Bell, la robe virevolte et enveloppe d’une délicatesse essentielle la femme Dior du Printemps/Eté 2019. Une composition à la beauté universelle ; une élégance caressante qui, comme un souffle, vient emporter le public par-delà le pragmatisme ambient. Un mouvement qui poursuit finalement la vision de Christian Dior. Lui qui, au lendemain de la Seconde guerre, offrait aux femmes la grandeur et l’extase d’une mode flamboyante !  

La Veste Bar de Christian Dior Façon Printemps/Eté 2019

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C’est le rapport au corps et au mouvement que Maria Grazia Chiuri a choisi d’explorer à travers la nouvelle collection Printemps/Eté 2019 réalisée pour la maison Dior. Autour d’une performance hautement captivante de la chorégraphe Sharon Eyal, la directrice artistique liait avec adresse danse et mode autour des codes emblématiques de Christian Dior. Ainsi interrogée, Maria Grazia Chiuri soulignait,: « C’est son potentiel comme moyen d’expression universel qui m’a inspiré […] ainsi que la radicalité des gestes de la danse contemporaine. » Et c’est sous une pluie de pétales de roses, fleur favorite de Monsieur, que le public a pu découvrir la variation inédite de la mythique Veste Bar pour le Printemps/Eté 2019… 

 

Connue dans le monde entier pour avoir redéfini la silhouette post-guerre de l’élégante, la Veste Bar est à Dior ce que la Tour Eiffel est à Paris — un puissant symbole de raffinement ! Alors, lorsque Maria Grazia Chiuri décide de l’interpréter au prisme du mouvement, c’est une vision moins aiguisée et plus souple qui s’impose sur le podium. Intéressée par la fluidité des mouvements des danseurs, l’Italienne imagine ainsi une Veste Bar subrepticement ceinturée à la taille ; une veste tenant de la seconde peau plutôt que de l’artifice ! 

 

L’icône absolue de la maison du 30, avenue Montaigne devient ici plus légère — « Dans la danse le côté naturel est primordial, tous les peuples dansent de façon différente, les enfants dansent aussi. Mais il y a aussi l’aspect de la discipline, de la rigueur dans la relation avec son corps. La mode en parle aussi, les vêtements sont liés au corps, c’est une chose très personnelle » détaillait Maria Grazia Chiuri à l’AFP. Et il est vrai que cette vision de la Veste Bar offre d’infinies possibilités en épousant le corps de façon naturelle… De façon sans doute plus organique !

La Robe Conte de Fée de Kate Middleton par la Maison McQueen

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L’évènement est de taille — première mariée royale de l’ère numérique, Catherine Middleton est sur le point de se lier au Prince William d’Angleterre. Et c’est la maison McQueen qu’elle approche afin de réaliser sa robe conte de fée. La future princesse avait remarqué le travail de Sarah Burton pour la robe de la journaliste de mode Sara Buys lors de son mariage avec Tom Parker Bowles, en 2005. Près de six ans plus tard, le nom McQueen est sur le point d’être associé pour l’éternité à celui de la famille royale la plus en vue de la planète. 

2011 donc, le monde découvre la robe de mariée de Kate Middleton au moment où celle-ci quitte le carrosse qui la dépose devant l’abbaye de Westminster. Une pièce traditionnelle et séduisante, chic et inspirée — la robe McQueen distille dans une tranquillité de broderie et de tulle les gimmicks propres à la mode. D’inspiration Victorienne, la robe présente un corset doucement sensuel ; en satin légèrement appuyé aux hanches (signature McQueen) le corsage s’étend sur un appliqué de dentelle, piqués de roses, de jonquilles et de trèfles là aussi en dentelle. « Nous avons pris six types de dentelle différents et trouvé des motifs différents pour chacun […] C’est un effet de miroir complet et chacun des éléments joints et raccordés dans la jupe comme dans le corsage a été créé à la main » détaille Sarah Burton. 

Sur le tulle de soie ivoire laisse ainsi se voir tout l’artisanat traditionnel de Carrickmacross… Un artisanat qui remonte aux années 1800, ici exécuté par la Royal School of Needlework, installée au Château de Hampton Court. À l’instar du voile — 2,7 mètres de tulle de soie venant souligner là encore la référence florale. 58 boutons de gazar et d’organza, brodés à la main, figurent ce que Sarah Burton a cherché ici à inspirer : une rose anglaise sur le point d’éclore pour éblouir le monde de sa beauté. Lorsque Kate Middleton s’est liée au Prince Williams ce 29 avril 2011, le monde était en effet sous le charme.

La Robe Violon de Karl Lagerfeld pour Chloé

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C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que l’Egyptienne Gaby Aghion fait de Paris sa ville d’adoption. Très vite, la jeune femme côtoie le cercle des artistes bohèmes de l’après-guerre. Picasso, Eluard et d’autres comptent parmi les figures Rive Gauche qu’elle fréquente. Sept ans plus tard, la voici qui fonde sa maison avec pour mission d’habiller ses amies — exit la grande dame, Chloé figure une féminité naissante. Inspirée du nom de sa proche amie Chloé Huysmans, la maison de Gaby Aghion distille tout de la couture des années 1950 dans un style bien plus en phase avec l’époque. En 1956, son premier défilé organisé autour d’un petit-déjeuner tenu au Café de Flore met l’accent sur cette Parisienne espiègle, bohème mais éminemment élégante ! 

L’ambition est claire : composer une garde-robe raffinée mais décomplexée ; pensée pour des femmes qui vivent, rient, aiment et s’amusent. Cette femme, Clare Waight Keller – en poste de directrice artistique de 2011 à 2017 – la définie ainsi : « On aurait plutôt tendance à associer la maison à une hippie girl un peu rêveuse mais en réalité, au coeur de Chloé, il y a toujours eu une attitude affranchie qui défie le statu quo de la mode. » Justement, lorsque Karl Lagerfeld était en charge de la création Chloé, il a su mêler humour, fantaisie et élégance dans une pièce-icône devenue le symbole des années 1980. La robe violon capture en effet l’esprit malin d’un couturier toujours en phase avec son temps. 

Introduite lors de la collection Printemps/Eté 1983, la robe violon se place à la croisée d’un savoir-faire couture et de la fraicheur du savoir-être Chloé. De dos, la pièce donne l’impression d’un trompe-l’œil, laissant croire que la belle qui l’arbore s’est glissée dans un ensemble noir et or composé d’un boléro et d’une jupe droite…. Et c’est de face que la pièce prend tout son sens — surréaliste, la robe emprunte les découpes d’un violon. Mais violon façon Ingrès de Man Ray. Le long des cordes du motif, strass et perles et fils or se suivent pour épouser les courbes naturelles du corps de la femme. Le col officier bijouté, lui, vient ajouter la pointe de caractère indispensable aux femmes de l’époque. Spectaculaires, drôles et sexy. 

‘L’Année dernière à Marienbad’: La Robe Chanel de Delphine Seyrig

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Si la maison Chanel est depuis toujours connue pour être le mécène de plus d’une oeuvres d’avant-garde, là voici qui renouvelle ses voeux envers le Septième Art. Contribuant cette fois à la restauration d’un chef d’oeuvre du cinéma Français, Chanel concourt à la conservation d’un pan de l’histoire artistique. Réalisée en 1961, le film ‘L’Année Dernière à Marienbad’ conte un huis clos onirique où se confondent illusion et réalité. Dans un palais baroque Allemand entouré de jardins à la Française, l’actrice principale, Delphine Seyrig brille par son aura de femme atemporelle et distante, conventionnelle et flamboyante. Glissée dans des robes à la simplicité renversante — ces mêmes robes signées Chanel. 

Dans le rôle de A, la femme à la chevelure courte et brune, Delphine Seyrig adopte les pièces phares de la maison Chanel. En vedette, la petite robe noire en mousseline. ‘La Ford Chanel’ devient ici « la robe à la Marienbad“ — dentelles foncées et perles claires, l’équation Chanel, déjà mythique, démontre ici toute sa force narrative. La robe créait tout de l’aspect mythique et distant du personnage de Delphine Seyrig… Forte d’une souplesse, mouvante, épitomé de l’économie d’effets de la rue Cambon, la pièce rend à l’actrice cet air silencieux, dévoué, toute à la fois doux et amer. Une robe éthérée entrée dans la légende — Brigitte Bardot, ayant vue Delphine Seyrig dans ‘L’Année Dernière à Marienbad’, s’habillera désormais selon les codes Chanel. 

Aujourd’hui, la maison Chanel qui survit au mythe concourt à remettre au goût du jour l’un des films les plus influents de l’histoire. Agnès Varda, Jacques Rivette, Ingmar Bergman et Federico Fellini, ou plus récemment Inception de Christopher Nolan… Nombre de réalisateurs lui empruntent concepts narratives et style visuel. En collaboration avec Studio Canal, Chanel lui redonne ainsi toute sa gloire d’origine à l’aide de la numérisation et la restauration en 4k, menées à partir des négatifs originaux.  Et tout y est: la beauté du contraste, la puissance des images d’origine du film… Des costumes quintessence du chic; la photographie et l’éclairage délicats et élégants développés par Sacha Vierny et Alain Resnais à l’aide d’un objectif Dyaliscope — tout ici témoigne du chef-d’oeuvre. Le film original a reçu un Lion d’Or il y a près de 60 ans. Le 5 septembre prochain, la version restaurée sera diffusée à la Mostra de Venise, avant sa projection en salle partir du 19 septembre 2018.

Eva Minge Haute Couture Hiver 2018-2019

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Des danseuses de ballet accompagnaient de leur mouvement éminemment gracieux des mannequins glissés dans des toilettes hautement couture — la maison Polonaise Eva Minge présentait à Paris une vision littérale de l’exercice. Dans l’atmosphère majestueuse de l’un des salons du Shangri-La Hôtel, les silhouettes évoquaient d’incroyables sculptures toutes faites de tulle, de broderie et de dramaturgie! Une collection ensorcelante éveillée par la musique de Czajkowski. 

Parsemées de teintes pastel, les robes spectaculaires et essentiellement théâtrales faisaient aussi la part belle aux fleurs et plumes d’oiseaux — mais ici, des corsets venaient enserrés la taille de façon à faire entrer le baroque du propos dans une forme de modernité. Des pièces monumentales qui content la réunion de deux mondes; l’un romantique, l’autre électrique. Deux mondes à l’image de la maison d’Eva Minge.