Jolie Madame, La Collection Emblématique de Balmain

Un parfum a ouvert la voie à la couture de Pierre Balmain – une senteur baptisée Jolie Madame, qui plus tard donna son nom à la collection haute couture de 1952.

1945. Paris sort tout juste de la Seconde Guerre Mondiale quand Pierre Balmain fonde son studio au 44 rue François 1er à Paris. Ancien de Lucien Lelong et Edward Molyneux, Balmain ne tarde à s’imposer comme l’un des maîtres de la couture. Le 12 octobre de cette même année, le couturier présente sa toute première collection. Et les critiques sont unanimes : de l’utilisation sobre mais graphique de tissus mêlant vert, marron, rouge et lavande se dégage un raffinement des plus séduisant. En 1949, Balmain édite son tout premier parfum – baptisé Jolie Madame, le couturier y capture « le parfum de l’aventure pour les soirs de passion et d’enchantement. »

En réalité, la senteur Jolie Madame distille l’esprit fantasmagorique et l’ambiance des nuits parisiennes post-guerre. Sa composition, le parfum l’emprunte directement à l’image de la sensualité féminine. C’est la famille des chypres floraux qui s’associe au clou de girofle à la fleur d’oranger au jasmin ou encore au patchouli… Des notes intenses pour une fragrance synonyme d’élégance et de sophistication !

Le succès est tel, le parfum est si juste qu’en prévision de l’Automne/Hiver 1952, Pierre Balmain nomme sa collection ‘Jolie Madame’. Dès lors le style Balmain s’impose et, avec lui, la broderie, les épaulettes et la taille cintrée deviennent les codes visuels d’une nouvelle femme. Nombreuses sont alors les célébrités à plébisciter les silhouettes ‘Jolie Madame’… Petites robes à tournure et voiles courts pour les cocktails, le style de la Parisienne est né en même temps que l’âge d’or de la couture fait briller Paris !

Ce retour à l’opulence, au charme et à l’élégance de matières nobles car rares, précieuses car hautement travaillées, est rapidement définit comme étant ‘le nouveau style Français’ par la mythique Gertrude Stein, dans le magazine Vogue. Il n’y a qu’à voir la robe de bal ‘Jolie Madame’ datant de 1954. Coupée dans un satin bleu lumineux ; l’opulence onctueuse… Côté couture, les tailleurs Balmain se présentent droit, le tissé pied-de-poule devenu emblématique. Cette collection iconique regorge de pièces historiques – les grandes robes de bal, les vareuses de coolie, et les jupes du soir en hermine sont autant de pièces qui entrent dans les vestiaires les plus légendaires. Bientôt, la Jolie Madame de Balmain s’élabore comme une femme active et quelque peu insolente.

Entre 1993 et Juillet 2002, c’est Oscar de la Renta qui prend la direction artistique de la maison et, avec le talent qu’on lui connaît, reste fidèle à l’essence de la couture Jolie Madame de Pierre Balmain. Mais à l’aube des années 2000, la griffe entre dans une modernité des plus désirées : avec Christophe Decarnin puis Olivier Rousteing, la Jolie Madame de Balmain devient une femme sexy au possible, arborant des pièces seyantes et somptueuses, taillées au cordeau dans des matières luxueuse et luxueusement rebrodées.

Et lorsque l’on remet en question la filiation entre Olivier Rousteing et cette collection emblématique de Pierre Balmain, accusant souvent le talent d’opulence incontrôlée, le directeur artistique a de quoi répondre : « Ma femme Balmain est pourtant une femme très Française. Le style Français n’est pas uniquement celui de Saint-Germain-des-Prés. Ma version de la France, c’est la flamboyance de Versailles, la magie de la Ville lumière. Poiret, Balmain, Dior, Balenciaga… ils ont tous travaillé l’opulence. La tour Eiffel est bien l’opposé du minimalisme ! » De la même manière, le style Jolie Madame est bien l’opposé de la morosité.

Le Fourreau des Petits Matins Givenchy du Printemps/Eté 2019

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« Je ne souhaitais pas une maison de haute couture classique… Mon rêve était de créer une grande boutique, où les femmes pourraient s’habiller, avec imagination et simplicité. Des vêtements faciles à porter, même en voyage, et réalisés dans des tissus ravissants mais peu coûteux, comme le shirting ou l’organdi. » La maison d’Hubert de Givenchy distille sous la houlette de la Britannique Clare Waight Keller une vision résolument chic de la femme d’aujourd’hui. Et c’est sous les arcades du palais de Justice de Paris qu’elle présentait son troisième défilé orchestré pour le Printemps/Eté 2019 — une collection dont le fil rouge n’est autre que le vécu très avant-gardiste d’Annemarie Schwarzenbach. 

 

Annemarie Schwarzenbach est une femme, mais, très tôt, lui prend le désir d’échapper au genre et ses implications. Au début du siècle dernier, la voilà qui se moque des normes et, dès son plus jeune âge, sans grande résistance de la part de ses parents, part à la conquête de sa liberté. Habillée tantôt en garçon, tantôt en fille, Schwarzenbach développe par la suite un sentiment d’aisance et sa sensualité bien à elle — photographe, journaliste, elle n’en fait qu’à sa guise ! Et justement, c’est cet esprit libre, emprunt d’une sophistication magistrale qui habite les pièces Givenchy du Printemps/Eté 2019. 

 

Si nombre de silhouettes distillent une allure féminine et fluide, c’est l’aisance résolue du fourreau très Breakfast at Tiffany’s qui capture toute l’attention. Un fourreau prêt à enfiler taillé dans une crêpe de soie qui, ici, gagne une posture très adroite ! Déjà dans le mythique film de 1961, Audrey Hepburn semblait flotter dans sa robe Givenchy — diablement élégante, là encore la femme du Printemps/Eté 2019 évite savamment l’écueil des fourreaux endimanchés et contraignants. Allier ainsi le raffinement de la poussière d’argent au pragmatisme de la coupe —  dans l’allure d’Annemarie Schwarzenbach, il y a une véritable résonance avec la femme d’aujourd’hui. Une femme qui cherche sa féminité dans l’aisance plutôt que dans quelconque ornementation !

Le Légendaire Tweed Chanel S’Eprend du Jaune Citronnade pour le Printemps/Eté 2019

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Il s’agit de l’un des symboles les plus fort de l’univers Chanel. Pourtant, Karl Lagerfeld jamais n’hésite à le détourner, le modifier, le réinventer bref, à le mêler à son époque. Cette saison, l’épopée Chanel s’envole vers une plage aussi pure que le diamant — à l’intérieur du Grand Palais, c’est une mer qui prend vie sous les verrières désormais habituées aux gigantismes de la maison ! Le tweed lui, se pare d’un coloris acidulé, explosif même, à la hauteur de la joie provoquée par cette mode toute en superlatifs ! 

 

Super élégante, super chic, super seyante, super allègre — la saison Printemps/Eté 2019 sera celle de Coco Beach ou ne sera pas ! Sur la plage, le tweed fera une percée remarquée dans sa teinte jaune citronnade. Mieux, dans ses lignes déstructurées, le tailleur iconique reprend l’effet de zip déjà initié lors de la collection Haute Couture de l’été dernier. Dans un jeu de tissus délicat, le tweed accompagne ainsi le raffinement ultime d’une journée à la plage. Une joie débridée contenue dans une version super-fraîche du petit tailleur en tweed.

Le 2.55 Chanel Voit Double pour le Printemps/Eté 2019

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Après y avoir placé un iceberg, fait décoller une fusée, construit une forêt automnale, Karl Lagerfeld transformait cette fois la verrière du Grand Palais en plage idyllique ! Pas de Deauville ni de Biarritz, mais une reconstitution grandeur nature, avec vagues et bruissement de l’eau, de la plage des rives de Sylt en Allemagne ! Et au milieu des silhouettes resplendissantes d’optimisme, le directeur artistique de la maison Chanel en profitait pour réinventer l’icône absolue de la rue Cambon ! 

 

Le 2.55, accessoire mythique de Chanel, qui a déjà imposé l’élégance, la sobriété et la silhouette d’une femme active, se présente cette fois dans une version nommée ‘Sidebag’. Après tout, Karl Lagerfeld a souvent insisté sur le fait que la seule chose qui vaut mieux qu’un sac Chanel, c’est d’en avoir deux ! Vendue en double, cette composition du 2.55 se présente suivant des anses se rejoignant par un fermoir évidemment siglé. Posé sur chaque hanche, le Sidebag sera de toutes les aventures de la femme vive et espiègle du Printemps/Eté 2019 !

La Petite Robe Noire Chanel, Chic au Possible pour le Printemps/Eté 2019

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Dans la grammaire du 31 rue Cambon, elle fait figure d’épitomé. La petite robe noire Chanel, c’est le génie d’une couturière qui, au lendemain de la guerre, élève une frustre robe de deuil en ultime symbole d’élégance. La pièce rapidement surnommée la Ford Chanel devient l’uniforme de la femme moderne — sa coupe sobre et débarrassée de tout en fait une pièce caméléon comme le symbiose de raffinement ! Alors, lorsque Karl Lagerfeld imagine la pièce au prisme d’une collection Printemps/Eté 2019 dédiée à la plage, la petite robe noire s’y adapte dans un contraste fou !

 

Baptisée ‘Sur la Plage’, la collection défilait ainsi le long de 80 mètres de sable fin, avec une machine dissimulée projetant à rythme régulier des vagues plus vraies que nature ! C’est là que la femme Chanel du Printemps/Eté 2019 déambulait, pieds nus, dans une liberté de mouvement chère à la maison. Et glissée dans une petite robe noire taillée en tulle et organza dans une silhouette plutôt années 20, Leila Goldkuhl rappelait au monde que le chic Chanel tient à ne jamais faire comme tout le monde…

 

Drapée dans une pièce couture, la femme Chanel n’hésite pas à se promener dans le sable. Mieux, elle offre ici une leçon de chic tout parisien — désinvolte, elle casse un peu plus les codes et, les pieds nus dans le sable, distille assez de dédain aux habitudes balnéaires pour combler l’assistance de cette iconique insolence racée. Le comble du chic, signé Chanel, c’est finalement ça ! 

 

 

Le Tailleur Beige Deauville Chanel du Printemps/Eté 2019

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« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Lorsque Coco découvre Deauville aux bras de Boy, c’est la révélation. La jeune couturière trouve dans les nuances d’un sable léché par la mer une sourde sensualité très intéressante. À l’heure où les peaux commencent à se dorer au soleil, la Dame aux Camélias ajoute le beige à la grammaire de sa maison. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces de jersey. Mais bientôt, il devient l’ADN même de la rue Cambon. Alors, lorsque Karl Lagerfeld reconstitue sous la verrière du Grand Palais une plage débordante de réalisme, c’est un clin d’oeil certain à l’univers de la maison qu’il réalise. 

 

Mais cette fois, le décor d’inspire des rives de Sylt, l’île Allemande lieu de villégiature de l’enfance de Karl Lagerfeld… Dans cette collection Printemps/Eté 2019, la force et la volupté du sable caressé par l’écume viennent habiller l’iconique Tailleur de Mademoiselle. Taillée en crêpe et parsemée de fil d’or, l’allure technique de l’icône s’adoucie ainsi au contact d’un beige nuancé et hautement chic ! 

 

Baptisée ‘Sur La Plage’, la collection Printemps/Eté 2019 Chanel s’engage vers une saison tout en joie de vivre — et tout correspond au style emblématique initié par Coco au début du siècle dernier. Car derrière toute la grandeur illusoire et la folie d’un décor au plus près du réel – bruissement des vagues, et ciel bleu – c’est une mode ancrée dans son époque pour une femme vivante et concrète. Une femme qui, sur les bords de mer, ne perd rien de ce chic et de ce cachet tout parisien auquel Gabrielle donna ses lettres de noblesse. Une vision pragmatique et sans fioriture de l’élégance !

 Le Retour de la Longue Robe du Soir Tachetée Léopard Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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À Paris, face à la Tour Eiffel, la maison Saint Laurent présentait une collection Printemps/Eté 2019 comme une ode à la part glamour et déjantée du fondateur. Jouant depuis trois saisons déjà sur la corde ambigüe d’un Yves Saint Laurent génial et fasciné par les possibles de la nuit, Anthony Vaccarello distillait ainsi cette énergie très nocturnale dans les pièces d’un vestiaire iconique. En vedette, le motif phare de la maison réintroduit, la robe longue tachetée ravive un modèle de la griffe ! 

 

Il faut dire que durant ses années d’activité, de 1957 à 2002, Yves Saint Laurent a largement contribué à définir les nouvelles habitudes stylistiques des femmes modernes — le smoking, la saharienne ou encore l’imprimé léopard ! Apparu pour la première fois en 1968 sur une robe en soie, l’imprimé est tout à la fois symbole de puissance, de pouvoir, de luxe, de sensualité et d’extravagance ! Et pour le Printemps/Eté 2019, Anthony Vaccarello a puisé une fois encore dans les gimmicks d’une muse de Saint Laurent. C’est la façon dont « Paloma Picasso a inspiré Saint Laurent dans les années 70, la façon dont elle prenait les vêtements des années 40 et les faisait siens » qui a guidé l’actuel directeur artistique de la maison. 

 

Ainsi inspiré, il livre une version contemporaine de l’icône tachetée — une longue robe du soir léopard, vaporeuse dans un chiffon de soie. Symbole d’exotisme et de séduction, le léopard habille ainsi la femme Saint Laurent de la prochaine saison dans un esprit d’évasion et d’exotisme très envoûtant… 

La Saharienne Grand Soir Saint Laurent du Printemps/Eté 2019

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Anthony Vaccarello n’en finit pas de proposer des sets à la hauteur de la grandeur de la maison Saint Laurent — cette fois, en face de la Tour Eiffel, c’est la fontaine du Trocadéro qui fut réquisitionnée pour servir de podium à son défilé Printemps/Eté 2019. 

Un podium profond de 8 millimètres d’eau qui donnait ainsi l’impression d’une femme Saint Laurent marchant sur l’eau. Divine et glamour au possible, la femme de la prochaine saison adapte ainsi les pièces iconiques du vestiaire du génie de la couture dans une fantaisie grand soir. 

 

Symbole éternel de la mode Saint Laurent, la saharienne se réinvente donc dans un cuir noir, ceinturon métal, le tout couplé à un pantalon sequins et plumes ! Et la version du Printemps/Eté 2019 s’éloigne quelque peu de la fantaisie primitive qui lui donna vie au tournant des années 1970. Sur les épaules de l’amazone Veruschka, née Comtesse Vera Gottlieb von Lehndorff, la saharienne devenait une icône sur papier glacé ! La mise en scène du photographe Rubartelli pour Vogue Paris est à l’époque une histoire de jungle, de brousse Africaine et de profond décolleté. « Je voulais que les chasseurs puissent dire de moi : elle a suivi les pistes avec nous, elle a dormi sous la moustiquaire au campement du Bout du Monde » confiait alors Veruschka. 

 

Cette fois, Anthony Vaccarello la pense pour la femme prédatrice du soir — la femme audacieuse qui part à la conquête de glamour et de sex appeal. Pensée plus courte et plus saillante que l’esquisse originale, la saharienne du Printemps/Eté 2019 gagne en portée universelle… Une pièce grand soir venant marquer la silhouette d’une versatilité essentielle aujourd’hui ! Une icône pour l’époque en somme.

La Neo Robe See-Through de Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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Cela fait trois saisons qu’Anthony Vaccarello présente ses collections pour Saint Laurent face à la Tour Eiffel — la Dame de Fer servant ainsi de métonymie à l’univers très parisien de la maison, elle accompagnait cette semaine la présentation du Printemps/Eté 2019. Et c’est sur un podium conçu sur la fontaine même du Trocadéro que les femmes Saint Laurent ont défilé ; un podium stylisé de 10 palmiers… « Une touche d’Afrique du Nord » comme indiquait Vaccarello. Mais au coeur de la collection, les références à l’épopée marocaine du fondateur n’étaient que peu présentes. À la place, une vison franche d’un vestiaire sexy à la française — poétique et raffiné ! 

 

La malicieuse blouse see-through est ainsi devenue une robe pour le Printemps/Eté 2019 — une robe qui joue de la transparence dans une association inédite de plumes ! Un des emblèmes de la maison d’Yves Saint Laurent distille ici une sensualité aérienne plaçant l’érotisme laurentien à son paroxysme… À l’heure d’un retour certain des conservatismes, Anthony Vaccarrello poursuit la grammaire du génie de la mode et, d’un coup de couture ingénieux, orne la poitrine comme n’importe quelle autre partie du corps de la femme… 

 

Déjà en 1966, Yves Saint Laurent donnait le pouvoir aux femmes en leur permettant d’assumer leur corps, leurs audaces  — une certaine irrévérence, légère et franchement géniale ! Si à l’époque le scandale est certain, aujourd’hui ne reste que la grâce d’un geste d’indépendance. Cela, Anthony Vaccarrello l’a bien compris ! Il pense la néo robe see-through pour cette femme Saint Laurent qui ne cherche pas la provocation. « Une femme Saint Laurent est une personne indépendante, confiante, insouciante, libérée, audacieuse qui aime s’amuser et s’exprimer. » Une femme affranchie, s’autorisant surtout à afficher son corps comme elle l’entend ! 

Les lignes A et Corolle de Dior se Réinventent pour le Printemps/Eté 2019

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La maison Dior n’est pas étrangère à l’univers de la danse. Déjà de son vivant, Christian Dior collaborait avec le chorégraphe français Roland Petit, en composant les costumes pour le ballet Treize Danses. Ainsi, lorsque l’an passé Maria Grazia Chiuri vint à signer les costumes d’un ballet tenu à Guggenheim pour la chorégraphe Sharon Eyal, l’actuelle directrice artistique eut l’idée de dédier sa prochaine collection au rapport très étroit qu’entretiennent mode et danse. « J’ai essayé de traduire cette idée de légèreté et de liberté. Il y a ainsi beaucoup de références Dior, mais j’ai retiré tous les corsets pour placer à l’intérieur une doublure de tulle pour maintenir le drapé. Pour la première fois chez Dior, j’ai réalisé des robes en jersey de soie. […] La silhouette est très Dior, mais en jersey, c’est complètement différent. Les gens pensent que la maison est une question de silhouette — très années 50 — mais Dior n’est pas qu’une question de silhouette, c’est une question de féminité. Nous avons donc trouvé des matériaux pour maintenir ce code dans une veine contemporaine mais différente. »

 

Ainsi exécutée, la collection Printemps/Eté 2019 libère les mythiques lignes A et Corolle autour d’une ligne structurée mais infiniment plus fluide. Exit l’équation d’une taille étranglée et exagérément mise en valeur, la grammaire Chiuri pour Dior distille des silhouettes presque liquides ! Ici la femme Dior glisse d’un pas léger et vaporeux — comme les danseuses qui évoluaient autour des mannequins ! Et une fois mêlés à des références appuyées à Loie Fuller, Pina Bausch et Isadora Duncan, les codes iconiques de Dior trouvent dans le tulle nude, les tonalités poudrées et le ton-sur-ton une poésie éclairée. 

 

Pièce phare de ce défilé entre mode et performance, la silhouette 87 ancre la ligne corolle autour d’un tissu éthéré — pas moins de 90 mètres de tulle ! Le résultat ne peut que subjuguer tant au pas de Ruth Bell, la robe virevolte et enveloppe d’une délicatesse essentielle la femme Dior du Printemps/Eté 2019. Une composition à la beauté universelle ; une élégance caressante qui, comme un souffle, vient emporter le public par-delà le pragmatisme ambient. Un mouvement qui poursuit finalement la vision de Christian Dior. Lui qui, au lendemain de la Seconde guerre, offrait aux femmes la grandeur et l’extase d’une mode flamboyante !