Les Enceintes BeoLab 14 de Bang & Olufsen

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L’idée de départ est aussi simple qu’originale : créer un produit de haute qualité qui restitue au plus près les intentions de l’artiste tout en restant simple à utiliser ; intuitive, l’appareil doit être en mesure de créer un contact quasi-évident entre l’homme et l’appareil. L’esthétique affirmée devient, lui, sinon une fin en soi, au moins un moyen d’exprimer les valeurs de l’entreprise : créativité, technique et sensibilité. C’est ainsi que dans un volume réduit se condense des performances acoustiques ambitieuses. Ainsi, l’esthétique compacte des enceintes Bang & Olufsen fournit un son riche qui, comme un nimbe phonique se répand dans toute la pièce. 

Sans difficulté, sans câble ou amplificateur, le BeoLab 14 2.1 se connecte à tous types de téléviseurs. Avec cette innovation acoustique d’exception, la griffe s’accorde plus que parfaitement aux exigences contemporaines : en bénéficiant d’une multitude de couleurs et de possibilités de fixation, le trio subwoofer et satellites s’insère imperceptiblement dans les intérieurs soucieux de design, de performances auditives inégalées, et désireux d’’intenses expériences visuelles. L’innovation intuitive ne s’arrête pas là puisque le tout se contrôle depuis une tablette ou un smartphone… Disponible à partir du 22 août dans les points de vente Bang & Olufsen, le son authentique du système d’enceintes BeoLab se fait désormais accessible à tous. 

 

Le Festival International du Cinéma Américain de Deauville

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L’été s’essouffle et Deauville s’animera bientôt d’une intense activité. Avant d’être, ce festival est l’ambition d’une passion ; celle de deux hommes : le journaliste André Halimi et le publicitaire Lionel Chouchan. Bientôt rejoint par Lucien Barrière, propriétaire du Normandy hôtel, à eux trois, ils brûlent d’envie d’organiser une manifestation où serait célébré le nouvel Hollywood. Septembre 1975, le premier festival du cinéma américain est inauguré mais, aucun Américain n’est présent. Deux ans plus tard, Chouchan visera juste : en introduisant le concept des “hommages“, c’est l’ensemble des acteurs du cinéma américain qu’il parvient à toucher. La même année, il reçoit avec faste Gregory Peck et Harrison Ford. Dès lors, une procession d’étoiles défile à Deauville : De Niro, Clint Eastwood, Sharon Stone, Kirk Doublag, mais aussi Liz Taylor, Al Pacino, George Clooney ou encore Julia Roberts… Alors qu’il devient incontournable en 1995, le festival se transfigure tandis que Deauville devient indissociable du cinéma ; notamment du cinéma d’un certain Claude Lelouch. La plus flamboyante de ses réussites, le cinéma français la doit à cette plage, et à un jour de Septembre 1965 : après que le jeune cinéaste ait subit l’échec d’un film, il roule vers Deauville où, la nuit tombée, il s’écroule de fatigue dans sa voiture. Réveillé par la lumière diurne, il voit une femme sur la plage, marchant avec un enfant et un chien. Il commence alors à imaginer ce que cette femme peut bien faire sur cette plage, avec son enfant et son chien, à cette heure si matinale. De là s’écrit « Un homme et une femme » ; film qui définitivement liera l’atmosphère et le décor de Deauville au 7ème art. 

Depuis presque quarante ans, le Festival s’est fait une place en tant que le lieu éphémère de découverte et de reconnaissance des réalisateurs américains, dans une ambiance conviviale et sans frontière avec le public. Seul festival au monde à proposer des projections 24h/24 pendant dix jours, il incarne aussi les liens privilégiés tissés entre la mode et le cinéma au fil des décennies, dans une fascination réciproque cristallisée en un sens unique : le glamour. Et justement, en plus de mettre son savoir-faire au service de la réalisation de l’ensemble des trophées, la maison Cartier célèbre à nouveau sa love story enflammée avec le 7e art en immortalisant son partenariat avec le festival par le Prix de la Révélation Cartier.

Le jury du festival sera présidé par Costa-Gavras, qui sera accompagné entre autres par Emmanuelle Béart, Jean-Pierre Jeunet, Claude Lelouch, Pierre Lescure, Vincent Lindon, André Téchiné et Marie-Claude Pietragalla.

Des Oeuvres d’Andy Warhol Exposées Chez Sotheby’s Hong Kong

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Retour dans les années 1950. Avant d’être acclamé pour être le Pape du Pop Art, Andy Warhol est un illustrateur pour le Harper’s Bazaar. Ses illustrations fantaisistes et colorées pour des produits de beauté feront dire à la créatrice et amie Diane Von Furstenberg qu’il a « révolutionné la mode en y instillant des couleurs flashy ». Ce qui ravit Warhol dans la mode, c’est sans doute l’essence même de celle-ci – tout autant dans l’avant-garde que relevant d’un art « populaire ». Andy était accro à la mode, en témoigne son addiction pour les mocassins à bouts carrés de chez Berlutti ; pour en témoigner aussi, il fonde en 1969 le magazine Interview, l’un des plus influents de son époque : tous ceux qui étaient quelqu’un dans la mode, au cinéma ou dans l’art, y sont apparus. Des grands créateurs tels que Karl Lagerfeld, Halston et YSL fournissaient régulièrement ses pages en création, tandis que des mannequins comme Jerry Hall ou Bianca Jagger y posaient volontiers. Warhol a influencé les plus grands, de Frank Gehry à monsieur Saint Laurent dont il pensait qu’il était « le plus grand artiste français vivant du siècle ». En 1974, il réalise d’ailleurs quatre panneaux en sérigraphie du jeune créateur. 

Aujourd’hui, que reste-t-il d’Andy Warhol? Enormément d’artistes se réclament de sa conception, et pour cause, il avait préfiguré l’ère du multimédia et avec ça, l’essor des aptitudes artistiques. Du 12 au 24 septembre 2013, 40 oeuvres de ce visionnaire seront exposées chez Sotheby’s à Hong Kong. L’exposition From Warhol, With Love, revient ainsi en grande partie sur le travail effectué par l’artiste sur papier ; sans thème directeur, cela mène à découvrir ceux de l’artiste qui sont aujourd’hui les plus convoités, dont « Ladies and Gentlemen and Flowers ». Les oeuvres seront ensuite mises en vente ; finalement l’occasion est donnée de proposer un large éventail de ses oeuvres et ainsi, peut-être, ouvrir ou acquérir une fenêtre sur son imaginaire. 

Les Cowboys et les Indiens d’Andy Warhol

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Le terme Pop Art est inventé dans les années 60 ; terme qui puise tout à la fois dans la culture populaire contemporaine et dans le pouvoir des images. Substantiellement lié à la société de consommation, le pop art l’utilise comme principale source d’inspiration, le plus souvent de façon ironique. Andy Warhol en sera le pape. Le style Warhol, c’est finalement trois choses : des couleurs vives, une technique graphique, et le sujet en gros plan. Par son procédé de sérigraphie, le Pope désacralisera les images, les icônes ; c’est l’art lui-même qu’il désacralisera en rendant l’oeuvre reproductible à souhait. De cette façon, l’oeuvre de Warhol raconte le monde des années 70 et 80. Son objectif était simple : populariser et commercialiser l’art contemporain, le rendant ainsi accessible à tous. Fasciné par l’artefact tribal, Andy Warhol captera la figure emblématique de Russel Means, ce défenseur de la cause indienne. Ce que veut l’artiste : fixer l’image pour elle-même, et non pas la réalité derrière cette même image. En 1986, il peint ce qu’on tient pour être son ultime série : Cowboys et Indiens, pensée comme un panorama.

L’exposition Cowboys and Indians met ainsi en lumière un aspect politique du Pope : faire de l’art quelque chose d’accessible à tous avec un message profond. Ainsi, lorsqu’Andy Warhol se penche en 1986 sur cette série de peintures, c’est avec l’idée que les oeuvres d’art peuvent communiquer davantage sur les valeurs de l’esthétique tribale que les dires de cowboys américains. Cette suite se compose de 10 sérigraphies de grand format toute en contraste où Warhol fait appel aux icônes de la culture populaire occidentale – Annie Oakley, le général Custer, John Wayne et Teddy Roosevelt – pour leur opposer d’authentiques images d’Indiens d’Amérique à la sauce warholienne – Mère et Enfant, les poupées Kachina, Masque de la côté Nord-Ouest… Au final, l’exposition se fige autour de l’éclectisme ; un des fers de lance de l’artiste. Pour admirer ces récentes acquisitions, c’est du 23 août au 26 octobre, au Tamastslikt Cultural Institute, à Pendleton, en Oregon.

Le Casque VK-1 d’Aëdle

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« Certains voyages nous transportent bien plus loin que nous ne pourrions l’imaginer » confiait l’un des fondateurs de la start-up française. Il est vrai que l’aventure Aëdle débute sur le net, en 2011. Là, le casque trouve ses 1000 premiers clients et l’approbation d’une large presse internationale. Le but était simple : faire qu’entre design distingué et qualité sonore, l’un ne prenne pas plus le pas sur l’autre ; dans un même casque audio, cela donne l’impression qu’il y a plus que la mélodie ; peut-être « un univers possible à explorer sous toutes ses formes ». Sous cette forme, le casque se transfigure en élément indispensable du voyage de tous les jours. Le VK-1 Valkyrie se distingue ainsi par la noblesse de ses matériaux, et un savoir-faire traditionnel français. Puisque c’est en Bretagne que la marque a ses ateliers. Composée à la manière d’un architecte, la pièce présente un design hautement désirable : sculptés un à un en fraiseuse numérique dans des lingots d’aluminium vierge, les tympans font écho, par une apparente raideur, à la douceur d’un cuir des plus nobles qui, en agneau véritable, est cousu main. 

Une marque française qui décide, cette année, d’ouvrir sa première boutique physique. Et quel autre quartier que le Marais aurait pu accueillir l’audacieuse créativité des jeunes parisiens. C’est au 18 de la fameuse rue Charlot que les luxueux casques audio VK-1 Serie Edition seront, pour la première fois là encore, commercialisés “physiquement“, en version Classic et Carbon, camel ou noir. Des premiers modèles de déclinaison qui ont su conquérir les acheteurs des quatre coins du globe ; et une french touch qui risque rapidement de faire des émules si l’on en croit la qualité de l’accessoire. Dans le même dessein, la marque témoigne de son intérêt pour l’International en accordant la vente à de grandes enseignes de New York, Londres, Berlin ou encore Tokyo. D’autres projets de collaboration avec de prestigieuses maisons de mode française et américaine sont également à venir. Une affaire à suivre donc… 

Le Fauteuil Barcelona De Ludwig Mies Van Der Rohe

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« Dieu est dans les détails » disait Mies. Derrière son apparente simplicité, le Barcelona révèle un travail géométrique qui tient presque que du casse-tête. Son armature d’acier, gracile, aux extrémités en ciseaux parallèles, épouse doucement la forme du sol sous ses deux coussins de cuir perpendiculaires. En peau de porc surpiqué à la main, il demande plusieurs heures de travail à une très grande main-d’œuvre. « Une chaise est un objet très difficile à faire. Tous ceux qui ont déjà essayé d’en faire le savent. Il y a une infinité de possibilités et beaucoup de problèmes – la chaise doit être légère, elle doit être solide, elle doit être confortable. C’est pratiquement plus facile de construire un gratte-ciel qu’une chaise. ». déclara Mies. Le Barcelona est-il au final vraiment confortable ? Là n’est pas la question, tant son esthétisme et l’aura dont il bénéficie, font son succès depuis 1929.

Cette année là, le gouvernement allemand mandate l’architecte de représenter l’Allemagne lors de l’exposition universelle de Barcelone. Mies n’est pas encore connu pour l’adage « Less is more » mais déjà son sens de l’esthétisme épuré au profit du fonctionnalisme se ressent dans le pavillon qu’il érige à la gloire du savoir-faire allemand. L’écrin de verre et de marbre redéfinit la circulation dans l’espace où intérieur et extérieur s’interpénètrent presque grâce à un agencement ingénieux des murs. Mies voulut à la suite concevoir le mobilier qui habillerait le pavillon.Membre de l’école du Bauhaus, il considérait comme d’autres modernistes que le mobilier moderne devait être pratique et accessible aux masses tant financièrement qu’esthétiquement. « Je ne m’oppose pas à la forme, mais seulement à la forme comme but  » dit-t-il en 1927. Sans doute, le Barcelona est l’exception qui confirme la règle. Car Mies, fonctionnaliste devant l’Éternel, rompt ici avec ses principes de praticité accessible à tous pour ne privilégier que l’esthétisme. Le pavillon lui-même n’a pas de fonction. Sa seule tâche étant de représenter la vivacité des écoles d’architecture en Allemagne, il ne sert ainsi qu’à montrer, à la manière d’un show-room. Avec le Barcelona, Mies pousse le vice un peu plus loin.

Ses matériaux onéreux et sa fabrication complexe le rendent inaccessible et onéreux. Destiné à servir de trône pour le roi d’Espagne Alfonso XIII et son épouse Victoria Eugénie de Battenberg, il s’inspire de la chaise pliante des pharaons et du tabouret en forme de croix des romains. Mies expliqua un an après l’exposition « Ça devait être une chaise importante, une chaise élégante et onéreuse. Ça devait être monumental. On ne pouvait tout simplement pas se servir d’une chaise de cuisine ». Peine perdue, le couple royal s’assoit à peine sur ce trône de cuir. Malgré tout, Mies a vu juste et le succès de son fauteuil fût immédiat et est toujours d’actualité. Dans les années 1970, le designer austro-américain, Victor Papanek, montra que de nombreux jeunes architectes épargnaient afin de pouvoir s’offrir le luxe d’un Barcelona. Posséder un des fauteuils de Mies revêt ainsi plus du trésor personnel que d’une fin fonctionnelle.

En 1950, Mies redessina son modèle avec de l’acier inoxydable. L’ensemble conserve son élégante silhouette mais tandis que les morceaux de l’original étaient boulonnés ensemble, l’acier permet d’avoir un cadre en une seule pièce de métal fluide. Trois ans plus tard, l’architecte cède ses droits exclusifs à la compagnie allemande Knoll Studio. Mais le fauteuil ayant été créé en 1929, sa fabrication n’est plus protégée par un brevet. Conçu à des fins royales, réservé à une classe aisée, c’est pourtant grâce ses imitations industrielles que le Barcelona est enfin devenu accessible au plus grand nombre comme le désirait Mies.

 

La Mode et Newton : L’Objet du Désir et l’Homo Faber

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Le travail de Newton est qualifié de sulfureux, d’obsessif quand il n’est pas jugé provocant. C’est que le prisme à travers lequel est vu son oeuvre fait abstraction de sa devise : dans la photographie, seuls le bon goût et l’art sont obscènes. Sa patte sensuelle à l’atmosphère dramatique, son utilisation de la lumière et de poses non-conventionnelles font de ses clichés des topos de la sexualité suggérée et de l’ultra féminité. Sa façon exacerbée de narrer le rapport à l’argent, le sexe, les rapports de classe, le place rapidement dans la non-catégorie des photographes dépourvus de langue de bois. A la façon d’un insatiable expérimentateur, il tire son inspiration de la peinture classique. Quand il magnifie les vices, c’est pour mieux les dévoiler, sans excès. Jouant à l’envie de la nudité, il crée sa propre forme et, lorsqu’il rencontre l’univers de la Mode, c’est non sans cynisme qu’il avoue : « J’aime la mode parce que je trouve cela érotique et parce que ça rapporte de l’argent. Or, j’adore l’érotisme et j’adore gagner beaucoup d’argent ». 

Il ne s’adaptait pas. Ni aux conventions, ni aux couturiers. Yves Saint Laurent, soumis à son esthétique, découvre avec une splendide volupté son univers viscontien en 1975. Son smoking qui est en fait un costume pantalon à fines rayures est alors capturé sur les épaules du modèle Vibeke, rue Aubriot, à Paris, pour Vogue. Dès lors, la mode est appelée à sortir des studios. Mieux : sur ce cliché, il donne le droit aux femmes de choisir leur sexualité, car c’est bien en présence d’une autre femme que l’une pose dans un vêtement d’homme. Mais en plus de leur passion commune pour les femmes, Helmut Newton semble se rapprocher du travail d’Yves Saint-Laurent par sa volonté affichée de libérer le corps des femmes des certitudes de la morale bourgeoise. Lorsqu’il fait cohabiter les bijoux les plus éclatants avec un poulet rôti, c’est pour mieux exposer la vanité d’une élite. A travers son obsession du nu, c’est toute la puissance et la force du corps féminin qui se révèlent. Les beautés, à son contact, deviennent amazones urbaines, dominatrices, conquérantes, quand elles ne débordent pas d’assurance. 

Au delà du vêtement, Helmut Newton tire, de toute l’ambiguité du subversif, les femmes du statut d’objet photographique pour les placer au rang de celui de sujet. L’exposition est finalement l’occasion de déambuler parmi plus de 100 photographies du photographe allemand ; des images iconiques tirées de ces trois premiers ouvrages : Sleepless NightsWhite Women et Big Nudes

The Last Sitting de Bert Stern

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Le photographe Bert Stern est entré dans la légende par un triste enchantement. Il fut le dernier à avoir shooté Marylin Monroe avant que celle-ci ne se suicide le dimanche 5 août 1962. Il nait à Brooklyn, en 1929, son père était photographe pour enfant. Rapidement, il quitte le lycée et, employé au service du courrier du magazine Look, rencontre Stanley Kubrick. Comme lui, il a 17 ans et beaucoup de talent. Tandis que Kubrick y vend ses premiers clichés, Stern, lui, grimpe vite les échelons. Avec l’appui du directeur artistique du magazine, Hershal Bramson, il réalise ses premières photos de mode. Mais, Stern est un autodidacte, et, lorsqu’il est sommé de faire son service militaire, c’est l’appareil à la main qu’il s’envole pour le Japon.

Là, son ambition se confronte à la rudesse, à la furtivité et au naturel des instants. C’est ainsi que son style se forge dans une dimension loin du glamour, mais profondément romantique. A son retour, en 1955, il est engagé pour la campagne de publicité Smirnoff. Il pose un verre devant la grande pyramide de Gizeh ; le monument se reflète à l’envers dans le verre. Il fige le phénomène : c’est une innovation. En 1962, dix-sept ans après leur rencontre, il collabore avec Stanley Kubrick sur le film Lolita. En tant que photographe de plateau, il immortalisera toute la perversion de Lolita en ne shootant, de l’actrice Sue Lyon, que le reflet de ses yeux, à peine exhibés des lunettes de soleil rouges en forme de cœur, dans un rétroviseur. Photographe habile, portraitiste hors pair, il ne donnait que très peu de directions : lui savait saisir le bon moment. C’est la mode qui lui donnera tous les moyens pour développer son art. Le glamour du premier se mêle au romantisme du second et, dès lors, c’est dans un onirisme minimaliste qu’il met en scène les icônes qu’il croise. Ses clichés de mode ou de publicité racontent, sourdement, l’âge d’or de cette presse. Engagé par Vogue, il commence par suivre Liz Taylor et Richard Burton sur le tournage de Cléopâtre. Suivra Audrey Hepburn.

En 1962, Vogue lui confie le shooting de Marylin Monroe. Dans une suite de l’hôtel Bel-Air de Los Angeles, transformée en studio, il s’enferme durant 12 heures avec La femme. Là, naît le mythe de la muse qui s’adonne, se donne, et s’abandonne devant l’objectif de l’artiste, dans une attitude légère, naturelle, détachée et ô combien sensuelle. Marylin s’amuse, se dénude, s’enroule dans des draps, des bijoux, des foulards ; Norma Jean éblouit d’une joie extatique. Ses photos, en couleur, bluffent le magazine qui immédiatement le renvoie sur le terrain, mais pour des clichés en noir et blanc. Trois jours passeront, et près de 2751 photos en résulteront : The Last Sitting. Ces photos de Marylin Monroe ont été rassemblées dans plusieurs ouvrages. On y a découvert certaines planches contact rayées d’un trait de feutre rouge par l’actrice elle-même…

Sophia Loren, jouant des volutes bleues avec volupté, Brigitte Bardot, Deneuve se firent à leur tour tirer le portrait, dans le même style, propre à l’artiste. L’icône Twiggy, sans corps, la tête se détachant du noir, comme attachée à la terre par l’unique ceinture rouge qui l’entoure. Et la liste est longue. Kate Moss, coupe garçonne, poitrine dénudée, lovée lascivement dans une fourrure, un diamant en bouche, c’est aussi à son génie qu’on le doit.

Le Noir Selon Soulages

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La toile, Peinture, 21 novembre 1959 vient en effet d’être attribuée à 4,3 millions de livres, soit 5,1 millions d’euros, chez Sotheby’s à Londres ce mercredi 26 juin. Le noir comme source de lumière, Pierre Soulages y travaille depuis ses premières œuvres pour lesquelles il utilise déjà des surfaces peu ordinaires comme le verre ou le papier. Le peintre s’inspire tout à la fois du cubisme et de l’écriture cunéiforme, comme sur la toile « Goudron sur verre 45,5 X 76,5 cm, 1948 » où le mouvement du pinceau semble être une référence à la calligraphie japonaise. Tout petit, déjà, la lumière obsédait Soulages. À huit ans, il dessine un paysage de neige à l’encre sur une page blanche. Un geste a priori fait de vacuité. Il dira pourtant plus tard, « ce que je voulais faire avec mon encre, c’était rendre le blanc du papier encore plus blanc, plus lumineux, comme la neige. C’est du moins l’explication que j’en donne maintenant ». Ce sont toutefois les couleurs de Cézanne et de Picasso, exposées au Louvre à la fin des années 30, qui seront pour lui une révélation.
Après la guerre, il retourne à Paris, où il s’adonne entièrement à la peinture. Utilisant le brou de noix, il s’attache à travailler le noir. Refusé au Salon d’Automne de 1946, il s’expose alors au salon des surintendants un an plus tard. Le peintre Picabia prévient : « vous allez vous faire beaucoup d’ennemis ». Il faut dire qu’au milieu des toiles colorées des autres artistes, les œuvres de Soulages, aussi sombres que la nuit, détonnent. Sous le pinceau du maître, le blanc d’une toile se noircit en effet mais seulement pour mieux souligner le passage de la lumière sur la surface. Dans Peinture « 220 x 366 cm, 14 mai 1968 », Soulages recouvre de bleu nuit la surface de son tableau avec détermination et vigueur. Pourtant, c’est bien la blancheur de la toile que l’on remarque tant elle semble s’infiltrer par interstice entre ces larges bandes de bleu sombre qu’elle perce de son éclat. 
En 1979, un évènement viendra marquer le travail du peintre. Soulages s’applique, s’acharne à travailler le noir des heures durant, sans résultat. Frustré, il quitte son atelier pour plusieurs heures. À son retour, c’est le choc. « Le noir avait tout envahi, à tel point que c’était comme s’il n’existait plus ». Il appellera cette expérience « l’Outre-noir », « le noir qui, cessant de l’être, devient émetteur de clarté, de lumière secrète». Ses toiles deviennent alors monopigmentaires, toujours dans le but de travailler les variations de la réflexion de la lumière sur les états de surface. Alors que l’on oppose par définition la lumière à la matière, Soulages remet en cause ce principe philosophique en faisant justement sortir la lumière de la peinture noire. En travaillant avec divers matériaux comme l’huile ou la résine, le peintre crée des stries à la brosse, des sillons, des collages où chacun renvoie un reflet unique de la lumière comme sur la toile « Peinture 290 x 654 cm, Polyptyque, janvier 1997 » . Cependant, Soulages ne travaille pas uniquement la réflexion de la lumière, mais aussi le regard. La lumière se laisse ainsi voir noire, grise ou brune selon l’endroit où l’on se place. En plus de la peinture, Pierre Soulages réalisa 104 vitraux pour l’église abbatiale de Conques entre 1987 et 1994. Il sera également l’un des fondateurs de la chaîne de télévision Arte. Enfin, le musée Pierre Soulages sera inauguré à Rodez, sa ville natale, en 2014 où 500 œuvres de l’artiste y seront présentées. Il a défini l’outre-noir, l’absence de couleurs et pourtant, c’est à partir de cette absence que le maître semble créer de l’éclat. Soulages le prouve : rien ne s’oppose à la lumière. 

 

Le Portfolio Private Property Suite I – III d’Helmut Newton

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« Certains photographes font de l’art. Pas moi. Si mes photos sont exposées dans des galeries ou des musées, tant mieux. Mais ce n’est pas pour cela que je les ai réalisées. » disait le photographe Helmut Newton. Frondeur et libre penseur, provocateur et insolent, le monde de l’art l’a pourtant bel et bien adopté, ironie du sort, son Portfolio Property vient aujourd’hui orner les murs immaculés de la Bibliothèque Nationale de France.

Le mythique Portfolio Private Property Suite I-III composé de 45 clichés et conçu en 1984 par Helmut Newton, vient de faire son entrée à la BNF. June Newton, veuve de l’artiste, et la Fondation Newton de Berlin, ont choisi d’offrir au musée une série de photographies comprenant portraits, photos de mode et mises en scène érotiques réalisées entre 1972 et 1983. Ce sont les images les plus marquantes de cette période qui ont été sélectionnées et que l’on pourra désormais venir scruter, analyser, décortiquer ou tout simplement admirer au Département des Estampes et de la photographie de la BNF. Le photographe allemand est à nouveau mis à l’honneur après la première rétrospective française que lui avait consacré le Grand Palais au printemps 2012, « je suis heureux que la réussite de l’exposition Helmut Newton au Grand Palais ait convaincu June Newton et la Fondation Newton de Berlin de faire don à la France, à travers ce magnifique établissement qu’est la Bibliothèque nationale de France, d’un ensemble de photographies remarquables qui manquait à ses collections. » déclare Jean-Paul Cluzel, Président de la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais.

Helmut Newton naît à Berlin et passe son enfance en Allemagne, en 1940 il s’installe en Australie et va servir l’armée nationale pendant 5 ans avant d’obtenir la citoyenneté australienne. En 1947 il rencontre l’actrice June Brunell qui deviendra son épouse, l’amour de sa vie, sa plus proche collaboratrice et son éternelle complice. Sa carrière de photographe débute réellement en 1956, il travaillera avec les plus grands noms de la mode « Vogue » et « Elle » en tête. Le style « Newton » commence à s’affirmer à partir des années 70. Le photographe va faire fi des conventions sociales tout au long de sa carrière, la dictature du conformisme bien pensant l’étouffe, il ne ressemble à aucun de ses homologues et s’aventure hors des sentiers battus ; pour lui qui n’a jamais eu peur des mots « Il y a deux obscénités en photographie : l’art et le bon goût ». Ses sujets de prédilection virent presque à l’obsession : argent, sexe, pouvoir et nudité sont ses leitmotivs. Au corps de la femme, il voue une véritable admiration. À travers son travail subversif sur le nu, c’est toute la puissance et la force du corps féminin qu’il met en lumière, comme pour mieux le libérer. Sous son objectif elle devient dominatrice et conquérante, amazone urbaine pleine d’assurance. Cultivant à dessein le goût de déplaire et un faible assumé pour la vulgarité, il invente le porno-chic, sulfureux mais toujours glamour. Helmut Newton, joue les contrastes, et reste presque toujours fidèle au noir et blanc. Ses décors sont ancrés dans la réalité crue de la vie quotidienne, une ruelle ou une chambre d’hôtel lui suffisent pour capturer l’instant.

« Une bonne photographie de mode doit ressembler à tout sauf à une photo de mode. A un portrait, à une photo souvenir, à un cliché de paparazzi » affirme l’artiste dans le documentaire « Helmut by June ». Ses photos de mode au style unique et inimitable ressemblent parfois à celles de la presse à scandale. Pour Hermès il habille une femme en soutien gorge-noir de bottes cavalières, une selle sur le dos. Pour la griffe de son ami Yves Saint Laurent qu’il adore, il immortalise son célèbre tailleur-pantalon rue Aubriot, un cliché qui sera publié dans le Vogue France en 1975. En parallèle il réalise des portraits de célébrités de Catherine Deneuve à Charlotte Rampling en passant par Salvador Dali ou Andy Warhol. « J’aime et recherche les réactions. Je n’aime ni la gentillesse ni la douceur » disait Helmut Newton qui s’est ingénié pendant toute sa carrière à mélanger les genres et à bouleverser les codes pour réinventer la photographie.