Bleu de Chanel

Il est une couleur incontestablement profitable à l’imagination ; le bleu est insondable, le bleu est infini, le bleu est profond – frais comme la nuit à peine tombée, aussi enjôlant qu’une étendue d’eau, variant du ciel d’hiver au cobalt zénithal, le bleu est tout proche de l’ombre, le dernier degré avant le noir absolu. Gabrielle Chanel affectionnait tout particulièrement ce marine intense, autant que le blanc, le beige ou le noir. En 2010, les laboratoires de la maison Chanel édite ainsi un parfum de liberté : Bleu de Chanel, une eau comme une ode à la liberté d’improviser, composée pour un esprit masculin qui, à chaque pas, écrit le scénario de sa vie. En 2014, Jacques Polge propose une nouvelle interprétation de la fragrance. Une variation intense qui s’inscrit dans sa filiation tout en foulant un territoire ambré et sensuel – comme si le bleu se nourrissait à présent de la lumière du soir. Cette autre balade olfactive et visuelle, baptisée Eau de Parfum, ne se contente pas de concentrer dans une nouvelle formule les ingrédients clé de la première. D’emblée plus enveloppante, plus ronde aussi, le Bleu de Chanel Eau de Parfum conforte un homme d’une extrême liberté ; un homme fort et déterminé, débordant de confiance en lui, chez qui la fragilité reste un secret… N’est-ce pas toute la puissance du caractère de Gabrielle ?

Le parfum Bleu de Chanel puise sa fraîcheur en Méditerranée, dans les champs d’agrumes de Calabre, dans le feuillage des herbes aromatiques, au cœur des racines de vétiver, dans le fusant du bois de cèdre, et l’onctuosité du bois de santal. Mais cette fois, les bois ambrés, presque veloutés, prennent le dessus sur la fraîcheur aqueuse et aromatique ; l’Eau de Parfum est une émotion vive et soudaine. Au frisson du départ résonne l’écho des bois en cœur et en fond un cèdre aride oxygène et déleste la formule. Dans ce sillage, le bois de santal de Nouvelle-Calédonie s’amorce comme une musique lointaine : la fraîcheur fuse ! L’Eau de Parfum Bleu Chanel clame une sensualité virile. Irrésistible, elle donne envie de se rapprocher de la peau, de sentir au plus près de ce chant charnel. Elle est une fraîcheur insoumise, aiguë et rémanente… L’étendard olfactif de l’anticonformisme masculin.

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