Les Films De la Gen Y, Et La Mode !

Ils sont nés entre 1982 et 1995. Les caractères esthétiques de la génération Y, communément appelée Millennial, ont beaucoup à voir avec les films iconiques de leur époque.

Les Films Iconiques De La Gen Y…

Chute du mur et de Berlin et fin de la Guerre Froide — la génération Y est plus connue pour être celle des ‘digital natives’.

Et parce que les films et la culture furent plus facilement accessibles à cette génération, les Millennials, peut être plus que leurs ainés, puisent dans les films, la musique et l’art une sorte de guideline esthétique.

Et il est évident, au vue des tendances de ces dernières années, que certains films ont eu un impact considérable sur le vestiaire actuel. C’est par exemple la chemise Hawaïenne et le bob, les fils rouges du très déjanté ‘Las Vegas Parano‘ de Terry Gilliam. Vu dernièrement sur le podium de Valentino, pour le Printemps/Eté 2020.

Ce sont encore les lunettes à la Matrix, présentes depuis de nombreuses saisons sur les podiums, de Louis Vuitton au très nihiliste Balenciaga par Demna Gvasalia. En parlant de Balenciaga, Demna Gvasalia semble trouver dans le K-Way (emblème de la génération Y) une pièce intéressante à revisiter chaque saison.

Que dire encore de la banane? Appendice porté à l’écran dans le film culte de cette génération bercée au hip-hop — La Haine , de Mathieu Kassovitz. De la même façon que le film Juice a contribué, lui, aux codes du streetwear. Avec Tupac en acteur… Absolument iconique !

… Expliquent Beaucoup L’Esthétique De Notre Epoque

Tony Montana, Elvira dans Scarface inspirent encore la disco-couture de leur flamboyance… Des cols démesurés sur costumes bien taillés, à rayures tennis.

Le mix-and-match de matières et de couleurs. Qu’il s’agisse de revisiter ce classique du vestiaire, comme chez Y-Project, ou de le révérer comme dans la collection Printemps/Eté 2020 de Louis Vuitton — l’impact d’un tel film est indéniable. Autant que le Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Deux pépites du cinéma qui bercent toujours autant l’esthétique actuel!

Il en va de même pour Léon, de Luc Besson. Bonnet-pêcheur, mini-lunettes, long manteau en laine et un goût pour le noir et le minimalisme. Une silhouette que l’on retrouve encore cette saison sur les podiums… Au même titre que les looks savyy-grunge du film Trainspotting.

Combat-boots. Jean skinny. Maxi-lunettes aux verres teintés. Costumes et sneakers. Il y a beaucoup du Gucci d’Alessandro Michele dans le look de Spud. Et beaucoup d’Hedi Slimane dans la silhouette skinny de Renton. Beaucoup du film Reservoir Dogs, aussi !

Mais les films drôles ne sont pas en reste puisqu’un défilé comme celui que Jeremy Scott présenta à Milan pour Moschino en 2019. Il mettait en vedette une référence un brin comique. Sur le podium on voyait en effet des mannequins grimés en Jackie O. Mais version allien, le visage couvert d’un couleurs allant du violet au jaune et au bleu. De quoi penser immédiatement à un autre film clé de cette génération Y — The Mask, avec Jim Carrey.

Mieux encore, la déferlante lazywear des saisons passées, doit beaucoup à un film ayant érigé le laisser-aller en modèle — de vie et de style. The Big Lebowski, des frères Coen. Un film culte !

Les films cultes à avoir vu pour ainsi saisir les références contemporaines de la mode sont :

E.T., 1982, par Steven Spielberg

SOS Fantôme, 1984 par Ivan Reitman

Scarface, 1984, Brian De Palma

Paris Texas, 1984, Wim Wenders

Retour Vers Le Futur, 1985, Robert Zemeckis

Top Gun, 1986, Tony Scott

Edward Aux Mains d’Argent, 1991, Tim Burton

Juice, 1992, Ernest R. Dickerson

Reservoir Dogs, 1992, Quentin Tarantino

Pulp Fiction, 1993, Quentin Tarantino

Forrest Gump, 1994 par Robert Zemeckis

Léon, 1994, de Luc Besson

La Cité de la peur, 1994, de Alain Berbérian

The Mask, 1994, de Chuck et Charles Russell

La Haine, 1995, Mathieu Kassovitz

Mission: Impossible, 1996, Brian De Palma

Las Vegas Parano, 1998, Terry Gilliam

The Big Lebowski, 1998, Les Frères Coen

Matrix, 1999, Les Wachowski

Fight Club, 1999, de David Fincher

La Mode Et Les Films Iconiques De La Gen X

Des films qui ont marqué leur époque mais surtout les esprits — une mine d’or culturelle et autant de films qui ont influencé la mode et les designers

Les Films Qu’Il Faut Avoir Vu

Ces films de la Gen X (né entre le milieu des années 60 et début des années 80) ont cela d’iconique qu’ils inspirent aujourd’hui encore les réalisateurs, la mode — son imaginaire et son imagerie.

Cités dans nombre de collections, ces films réalisés entre 1960 et 1990 ont une influence stylistique considérable. Les référencer entièrement ici serait mission impossible. Mais avoir les films en tête suffit à repérer sur les podiums passés ou à venir les tricks et gimmicks, les attitudes et les arrangements stylistiques directement inspirés de ces films.

Des bijoux culturels à voir pour comprendre l’imaginaire des designers de la Gen X. Des créatifs hautement inspirés par l’univers artistique de leur enfance…

Les Films A L’Epouvante Gothique

De ces films qui ont redéfinis les codes de l’horreur, nombre de designers se sont inspirés de leur ambiance mêlant épouvante, glamour ou érotisme… pour injecter une dose de subversion à leur collection ! Parfois, il s’agit aussi d’inspirer une ambiance au défilé.

On pense facilement à l’impact du film ‘Shinning’ sur la collection Moschino par Jeremy Scott, en 2019. Intitulée ‘Spooky Couture’, la collection Croisière tournait en version couture les jumelles du film de Kubrick.

Raf Simons pour Calvin Klein avait une fois encore pioché dans ces films d’épouvante les lignes et l’effet de ses vêtements pour le Printemps/Eté 2019. ‘Carrie’ de Brian De Palma et ‘Rosemary’s Baby’ de Polanski en tête !

D’autres designers comme Rodarte, Simone Rocha et Anna Sui puisent à loisir dans ce registre gothique l’essence de leur mode…

Psycho’, 1960, par Alfred Hitchcock

Rosemary’s Baby’, 1968, par Roman Polanski

Shinning’, 1980, de Stanley Kubrick

L’exorciste‘, 1973, de William Friedkin

Carrie’, 1976, Brian de Palma

‘The Elephant Man’, 1980, par David Lynch

Les Films Qui Ont Inspiré Tout Un Style

Qu’il s’agisse de remettre au goût du jour des pièces éternelles, comme la marinière dans ‘L’Effronté’ de Claude Miller. Qu’il s’agisse encore d’inspirer de nouvelle esthétiques comme l’a fait la trilogie ‘Mad Max’ — ces films ont, chacun à leur manière, provoqué une petite révolution dans le monde de la mode.

Des films comme ‘Le Parrain’ ou encore ‘La Fièvre du Samedi Soir’ ont érigé de nouvelles attitudes en épitomé de la Gen X. Des attitudes que l’on retrouve plus tard distillées ça et là dans les podiums dans grandes maisons. De Versace à Fendi, en passant par Gucci comme vu par Alessandro Michele… La flamboyance des années 80 est en effet souvent référencée.

On connait aussi l’influence assumée qu’a longtemps exercé le style du film ‘Blade Runner’ dans la mode de Raf Simons.

De même que ces univers science-fi et populaires concourent à faire de la mode de Nicolas Ghesquière un exemple du genre. Un designer de la Gen X qui a récemment fait de cette culture cinématographique la trame de sa campagne pour le Pre-Fall 2020. De faux livres de science-fiction qui ressemblent beaucoup aux affiches des films de l’époque !

Parmi les films qu’il faut ainsi avoir vu pour comprendre ces imaginaires très stylisés, on compte 14 chefs-d’oeuvre absolus:

‘Une femme est une femme’, 1961, Jean-Luc Godard

Orange Mécanique’, 1972, de Stanley Kubrick

Le Parrain‘,  1972 de Francis Ford Coppola, avec Marlon Brando, Al Pacino et James Caan

Taxi Driver’,1976, par Martin Scorsese

Annie Hall’, 1977, de Woody Allen

La Trilogie ‘Mad Max’, 1979, 1981, 1985

La Fièvre du samedi soir’, 1977, et ‘Grease’ , 1978, avec la vedette du style Gen X, John Travolta

Star Wars‘, 1977, George Lucas

Midnight express’, 1978 par Oliver Stone

La Boum’, 1980 avec Sophie Marceau par Claude Pinoteau

Blade Runner’, 1982, par Ridley Scott

L’effrontée’,1985, par Claude Miller

Working Girl‘, 1988 par Mike Nichols

Pretty Woman’, 1990, Garry Marshall

Slacker‘, 1990, par Richard Linklater

L’occasion de parfaire sa culture cinématographique, et de savourer nombre de ces films, érigés en oeuvres d’art dans des vêtements hautement créatifs !  

Les Appareils Photos Iconiques

Si derrière nombre de photos cultes il y a un talent, les appareils photos, aussi, sont des objets iconiques. Leica, Canon, Nikon ou encore Hasselblad figurent au panthéon.

Les Nikon de Peter Lindbergh, Martin Parr ou Steve McCurry

C’est l’une des photos les plus iconiques de notre temps — Steve McCurry a shooté « Afghan Girl » 1982 avec son Nikon FM2. S’il est certain que son habileté a beaucoup joué à faire la photo parfaite, il est amusant de constater l’impact des appareils Nikon dans nombre de travaux photographiques, devenus cultes !

Il faut dire que la maison Nikon existe depuis 103 ans maintenant. Plus d’un siècle que le fabricant Japonais innove et accompagne l’oeil de photographes audacieux… A l’instar de Peter Lindbergh (1944-2019).

Le photographe de mode utilisait un Nikon 810. Ses portraits forts en réalisme sont devenus canoniques. Et pour cause: Peter Lindbergh a toujours refusé de retoucher ses images. Avec son Nikon 810, souvent en objectif 70-200 mm, il pouvait se permettre de retoucher les grains de ses photos pour en faire sortir de nouveaux canons de beauté.

Naomi Campbell pour Vogue Italia, en 1988. Kate Moss pour Harper’s Bazaar US, en 1994. Jeanne Moreau pour Vogue Italia en 2004. La mythique photo qui fit entrer le mannequinat dans l’ère des supermodels, en 1989, avec la Une du Vogue… C’est lui et son Nikon 810. Toujours en noir et blanc.

Peter Lindbergh s’est inspiré de l’approche documentaire de la photographie. Et c’est bien au photographe Martin Parr que l’on doit les plus adéquates. Photographe Britannique, il documente avec piquant et un fort oeil stylistique les travers risibles de notre époque.

Pour ses format 35mm, Martin Parr utilise un Nikon 60mm avec macro lens combiné à un SB29. Un corpus d’oeuvres très intéressant !

Hasselblad, Richard Avedon, la Lune et Abbey Road

Le fabricant Suédois peut en effet se targuer d’être le première appareil photo à être aller sur la Lune. Dès 1969, les appareils photo Hasselblad sont en effet utilisés par les astronautes de la NASA. Réputés pour leur qualité et leur légèreté, c’est à un Hasselblad 500 EL que l’on doit cette photo de l’astronaute William Anders… Baptisée « Earthrise ».

La couverture de l’album Abbey Road entrée dans la mémoire collective?  Un travail de Iain Macmillan, en 1969, fait avec un Hasselblad. Et ce n’est pas le seul travail mémorable rendu possible grâce à un Hasselblad.

Le mythique photographe de mode Richard Avedon (1923-2004) avait fait siens les Hasselblad 500cm et Hasselblad 150mm f/4 lens. Parmi ses photos iconiques qui ont marqué l’histoire de la mode, ‘Dovima et les éléphants’ (1955), vêtue en Dior pour Harper’s Bazaar. Les campagnes cultes et culottées pour Gianni Versace.

Ou encore les nombreux éditoriaux fait pour le Vogue Américain, avec la grandiose Veruschka. Un nombre incroyables de photos que l’on ne peut résumer ici…

Le Canon d’Helmut Newton

Un tel sujet sur les appareils photo iconiques ne pourrait être complet sans revenir sur l’œuvre colossale et révolutionnaire d’Helmut Newton (1920-2004). Ses nues ont marqué les esprits. Et c’est avec un simple appareil photo reflex Canon 35 mm avec tous les paramètres automatiques, et un simple flash accroché au sommet de son appareil qu’il les a pour la plupart réalisés.

A une époque où les photographes de mode visaient le grain fin, photographiant avec des appareils photo de moyen et grand format pour atteindre la perfection, Helmut Newton, lui, visait l’authentique.

« En photographie de rue – j’aime « le régler et l’oublier » en plaçant mon appareil photo en mode «P» (programme), où l’appareil photo choisit automatiquement l’ouverture et la vitesse d’obturation. J’ai réglé mon ISO élevé (1600–3200) pour m’assurer de ne pas avoir de flou dans mes photos. J’ai placé la mise au point automatique de mon appareil photo au centre. Et puis je shoot » résumait-il. Une prouesse de l’oubli rendu ainsi possible par un appareil performant donc, le reflex Canon 35 mm.

Le plus légendaire? Le Leica

Utilisé par Robert Capa durant ses reportages de guerre. Cette image ‘Mort d’un soldat républicain’ fut si parfaite, qu’elle a longtemps été décriée pour avoir été préparée. Montée de toute pièce. Robert Capa l’a évidemment shooté sur le vif.

Un Leica IIIA a été utilisé pour cette illustre photo de la libération, « V-J Day In Times Square » de Alfred Eisenstaedt, en 1945.

Il a servit à Henry Cartier Bresson pour capturer Paris la nuit dans le noir et blanc qu’on lui connait tous aujourd’hui. En 1960, le portrait de Che Guevara par Alberto Diaz Gutiérrez… Avec un Leica encore que Marc Riboud prend la photo qui va s’ériger en symbole universel du pacifisme… Une fleur contre les fusils, image magistrale d’une jeune fille de 17 ans, faisant face à des soldats devant le Pentagone. Une fleur à la main.

Le peintre de la Tour Eiffel, par Marc Riboud prise en 1953. Mohammed Ali immortalisé par Thomas Hoepker en 1966. La photo de Nick Ut prise en 1972 illustrant la barbarie de la guerre du Vietnam…

Brigitte Bardot sur le tournage de ‘Et Dieu Créa La Femme’, de Vadim, dans les années 60, par Edward Quinn. Le Leica est encore là.

Nombre des photographes ayant contribué à la réputation du magazine Life, avaient entre leur main un appareil photo Leica. Une icône légendaire qui, à l’instar des Canon, Nikon et Hasselblad, ont fait entrer des visions inédites, révolutionnaires, parfois choquantes mais toujours pertinentes, dans l’histoire de l’humanité.

Deauville, Ville d’Art et De Plaisirs


Elle a inspiré Monet et Chanel, Proust et Sagan. Sortie de terre au milieu du XIXe siècle, Deauville distille un art de vivre bien à elle.

La Ville Des Bains De Mer, Des Plaisirs…

1858. Lorsque le Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, sur les conseils de son médecin, découvre les bains de mer à Trouville, la vogue pour les ‘douches de vagues’ est déjà bien installée.

C’est sur cette plage, en 1836, que Gustave Flaubert fait la rencontre d’Elisa Schlésinger. Un amour absolu mais impossible qui hante son premier roman, Mémoires d’Un Fou. Là aussi que Flaubert, enfant de la côte Normande, plante le décor de son roman iconique Madame Bovary. Mais lorsque le Duc de Morny séjourne à Trouville ce qui le frappe, lui, c’est cette bande de sable vierge, 160 hectares complètement vides. C’est décidé, Morny veut y faire construire la “ville chic des plaisirs“.

Il confie à l’architecte Breney, déjà derrière la réalisation du casino de Trouville en 1847, la construction de sa ville. Deauville. Se basant sur le principe développé par le Baron Haussmann à Paris, Breney conçoit Deauville sur ces mêmes codes urbains; de façon à ce que « la haute société se retrouve pour ainsi dire chez elle » selon l’expression consacrée de Pierre de Régnier.

Juillet 1863 marque ainsi l’inauguration de Deauville — son golf, ses bains, et surtout son hippodrome. Tout juste sorti de terre, l’endroit devient le rendez-vous de la saison. Et pour cause! Morny, dandy et entrepreneur, s’est assuré la promotion de tout ce que Paris compte de gens importants.

Têtes couronnées et banquiers, mondaines et demi-mondaines, actrices et personnalités en vues gravitant autour du luxe et de la mode — le Tout-Paris est là, et déjà, le Tout-Paris veut faire construire sa villa. Les plans s’enchaînent, et en 1897, le Figaro écrit: « La terrasse du casino semble un prolongement du boulevard des Italiens. »

L’hippodrome devient un podium géant, où il n’est pas rare de croiser Jeanne Paquin et ses modèles. Déjà Deauville a tout de la vie mondaine Parisienne — mais plus calme, sans doute. Monet y peint. Proust, habitué de l’hôtel Les Roches noires, y trouve l’inspiration de son mythique A La Recherche Du Temps Perdu.

Plus tard et jsuqu’à la réhabilitation de l’hôtel, c’est Marguerite Duras qui trouvera sur les plages de Deauville l’écho à son Indochine natale. Mais voilà, avec la chute de l’Empire à la fin du XIXe siècle, Deauville, connotée frivole et impériale, tombe en désuétude. C’est en 1910 avec l’arrivée de Cornuché que la ville que l’on connaît et admire tant aujourd’hui prend sa forme quasi-définitive.

La Ville Du Bien Être

L’homme derrière la glorieuse réputation de Maxim’s y plante le “plus bel hôtel du monde“, le Normandy, mais aussi le merveilleux Casino de Deauville et Les Cures Marines.

C’est au coeur des Cures Marines que l’on découvre l’essence même du bien être. Si elles ne sont précisément nichées à Deauville mais à Trouville, Les Cures Marines n’en restent pas moins nourrit de cet esprit balnéaire chic au possible.

Les Cures Marines distillent toujours aujourd’hui une haute dose de bien être et de miracle beauté dans le pouvoir régénérant de l’eau de mer ! Le bonheur absolu.

Suite de soins privée, bar à gommage, modelages aux pierres volcaniques ou à la fleur d’oranger, élixirs floraux, musicothérapie… Un élixir de jouvence que l’on doit à cette légende balnéaire bâtit par Cornuché.

Et ce n’est pas tout. Son théâtre, inspiré du Petit Trianon de Versailles, accueille pour l’inauguration non moins que Diaghilev et Nijinski en personne pour une représentation inédite des Ballets Russes.

C’est d’ailleurs à cette époque, nichée dans l’artère creusée à l’arrière du Normandy que Coco Chanel inaugure sa seconde boutique, avec l’aide de Boy Capel. Là encore que la jeune couturière trouve tour à tour un public influent sensible à ses créations, et l’inspiration de ses codes les plus iconiques. Le beige Chanel. La marinière. Le jersey.

Là encore que les années folles battent leur plein — la vedette Mistinguett en goguette! Deauville avait là tout pour devenir la ville cinématographique qu’elle est aujourd’hui. Une vidéo d’archives extrêmement rare en témoigne…

Pas moins de cinquante films y furent tournés. ‘Les Liaisons Dangereuses’ de Roger Vadim en 1960, avec Jeanne Moreau et Boris Vian. Mais aussi et surtout l’icône absolue du cinéma Deauvillais, ‘Un Homme et Une Femme’ de Claude Lelouch. L’icône de la Côté Fleurie avait alors tout pour accueillir un festival d’envergure. En 1975, c’est Deauville qui fut choisie par André Halimi et Lionel Chouchan pour être le théâtre du Festival du Cinéma Américain!

Ville De Savoir-Vivre Et De Jeu !

Dès lors, le passé Belle Epoque de Deauville épouse son présent et fait briller son art de vivre dans le monde entier. Nichés dans un décor Normand et art déco, nombre de restaurants distillent tout ce savoir vivre autour de plats exceptionnels servit dans une simplicité salvatrice. C’est Les Vapeurs et ses fruits de mers.

La Villatara et sa vision précise des traditions Deauvillaises. Mais Deauville, c’est surtout la station balnéaire de tous les possibles. Là où, un 8 août, Françoise Sagan gagnait aux jeux sa demeure légendaire.

« Nous étions le 8 août, à présent, j’avais gagné avec le 8, il la vendait 8 millions anciens, il était 8 heures du matin, que vouliez-vous que je fisse contre tout cela ?…

Je tirai les billets de mon sac à main du soir, qui en débordait, et je les lui mis dans la main, avant d’aller me coucher triomphante, dans ce qui allait être- et qui est resté jusqu’ici -mon seul bien sur la terre, une maison toujours un peu déglinguée, sise à trois kilomètres d’Honfleur (et douze de Deauville). »

Les Livres A Lire Pour Parfaire Sa Culture Mode Et Luxe

Plus intéressant encore que les livres d’histoires, les biographies des couturiers sont de parfaits ouvrages pour comprendre la mode et le luxe dans leur contexte.

Parce que la vie des couturiers est intrinséquement liée à une époque, à une culture — les livres traçant leur biographie fourmillent de détails et de petites histoires qui font la grande.

Pour connaître l’âme des maisons, il faut sonder l’âme des couturiers

Parfois, c’est le couturier lui-même qui offre à la postérité une lecture précise de sa mode. C’est par exemple le livre Christian Dior et moi, publié après la disparition soudaine du couturier en 1957. Christian Dior y livre avec l’espièglerie qu’on lui connait le récit de son destin. Haut en élégance !

On passe ainsi les portes du 30 Avenue Montaigne avec le maître des lieux. En 1994, Marie France Pochna s’est elle penchée avec son oeil d’experte reconnue dans la mode et le luxe sur la figure désormais mythique du couturier de la femme-fleur.  Et c’est Christian Dior le premier couturier de l’industrie du luxe qui l’intéresse… Une plongée au coeur de l’économie de la mode, à travers la maison Dior — une lecture très instructive !

L’autre figure tutélaire de la mode, c’est Coco Chanel. Et les ouvrages ne manquent pas à son sujet. Ceux qui font la différence?

Le Temps Chanel et L’irrégulière: ou, Mon itinéraire Chanel publiés en 1974 par Edmonde Charles-Roux. Ayant aussi participé à la création du magazine ELLE, Madame Charles-Roux fut une proche de Chanel. Révérant toujours le même habit: son tailleur Chanel, et ses perles blanches .

Le Coco Chanel, 2011, de Lisa Chaney, en ce qu’il explore la relation de Chanel avec l’art moderne. Une facette souvent peu connue de Chanel.

Celui écrit par Justine Picardie, intitulé Coco Chanel, Sa Vie (2011). Parce qu’il fut rédigé avec la contribution et la complicité de Karl Lagerfeld. En plus d’être richement illustré de ses dessins.

Chanel par Henry Gidel, en 2000. Un livre rédigé suite à une consultation minutieuse de sources inédites, et des entretiens menés auprès de témoins ayant connus Coco Chanel… Une biographie filée en somme !

Autre personne éclatant de la mode Française, Yves Saint Laurent. Un personnage qui se dévore autour de deux biographies bien ficelées. Saint Laurent, Mauvais Garçon de Marie- Dominique et Yves Saint Laurent de Laurence Banaïm…

« J’ai rencontré Yves Saint Laurent en 1986 à travers son métier, et c’est seulement un an plus tard que nous avons été présentés. Publiée en 1993, cette biographie a été rééditée en 2002 lors de la fermeture de la maison Yves Saint Laurent, puis en 2010. Un jour il m’avait lancé: « Mais vous connaissez bien mieux ma vie que moi…. » Faux, évidemment. Car écrire la vie de cet  homme de son vivant, c’est refuser de tomber dans certains pièges.  » Je n’ai jamais cherché à éviter ses zones d’ombres, mais à privilégier sa lumière, ce qui l’a rendu si différent. » Un livre qui dit beaucoup d’un artiste, et de ce qu’il faut d’instinct pour faire de la mode un art.

Dans le même esprit, le livre Hubert De Givenchy de Jean-Noël Liaut. Un roman biographie comm une fable d’élégance et d’excentricité où se mêlent des conversations intimes et des souvenirs inédits… Le tout bercé dans la Cafe-Society. D’ailleurs…

Les livres pour comprendre des époques

Parce que les courtiers baignent souvent dans des milieux mondains mais secrets, trois ouvrages ouvrent des perspectives pour comprendre le contexte socio-culturel donnant naissance aux mythes de la mode et du luxe.

Le brillant livre Beautiful People d’Alicia Drake — pour saisir les années 50, 60 et 70; des époques phares pour comprendre la mode d’aujourd’hui.

Ou encore Tout sur le Ritz de Claude Roulet. A lire en même temps que l’ouvrage de fiction biographique dédié à Jeanne Toussaint, La Panthère de Cartier, par Stéphanie des Horst.

Pour comprendre et vivre les années folles, le luxe et le tourbillon de la mode, et l’ entrée fracassante de celle-ci dans la modernité. Chanel, Cartier… Dans la modernité d’après-guerre. Des ouvrages de référence à lire pendant en prenant le temps !

Les Films A Voir Pour Comprendre La Mode

Une liste des films iconiques pour cerner les subtilités des couturiers, de la haute couture, et la fantaisie du prêt-à-porter.

Les Biographies Cultes De La Mode

Si il existe une myriade de points de vue pour comprendre la mode, les plus intéressants sont ceux qui se fixent sur la figure des couturiers.

De véritables pépites qui, à leur manière, révèlent les dessous de la mode contemporaine. Parmi ces films cultes de la mode, la personnalité mystérieuse de Coco Chanel a fait l’objet de deux long métrages. Extrêmement bien ficelés.

Le premier de Jan Kounen, sorti en 2009, intitulé ‘Coco Chanel et Igor Stravinsky’ retrace l’image de Coco Chanel la mécène, mais aussi et surtout Chanel l’amoureuse. Anna Mouglalis parfaite dans le rôle de Coco, auréolée de secrets.

Amoureuse des arts et des artistes donc — Chanel contribua en effet à sauver le Sacre du printemps en injectant l’argent nécessaire à ses représentations. Le reste tient de la légende puisque, sans elle, le ballet aurait peut être était brûlé sur le bûcher de l’avant-garde. Goût fané d’une époque oblige.

Le second, sorti lui aussi en 2009, fut réalisé par Anne Fontaine. C’est ‘Coco Avant Chanel’, un film sur l’ascension d’une couturière partie de rien. Un film qui se concentre bien sur la révolution stylistique menée par Gabrielle Chanel. Allure simplifiée, petite robe noireet autres icônes de la mode moderne. Avec Audrey Tautou incarnant à merveille la mutine Coco, devenue l’impératrice de la mode Parisienne.

La Figure d’Yves Saint Laurent provoque la même fascination chez les réalisateurs. Puisque deux films sont sortis en 2014 — l’un de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel, l’autre de Jalil Lespert avec Pierre Niney.

Ces films révèlent la personnalité trouble mais géniale d’Yves Saint Laurent. Lui qui n’hésitait pas à tirer de la vie nocturne l’énergie subversive indispensable à toute révolution esthétique. Dans la haute couture, comme dans le prêt-à-porter ! L’origine de la désinvolture du Smoking  ou celle de la see-through shirt est à chercher par là.

C’est ce que semble montrer le film biographie de Jalil Lespert ‘Yves Saint Laurent’. Un récit s’achevant sur le défilé de maître que fut la collection Ballets Russes de 1976.

Bertrand Bonello dans ‘Saint Laurent’ vise à explorer les aspects sombres et occultés de la personnalité du couturier. « Nous n’étions pas intéressés à montrer comment Yves Saint Laurent est devenu un génie. Nous voulions montrer ce que cela lui a coûté chaque jour d’être qui il était, et c’est pourquoi, au début du film, il est déjà une star. » Un film à voir pour comprendre la position de tout couturier dans le système de la mode !

En parlant de ce système souvent très délicat. Le film documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, ‘McQueen’, sorti en 2018, retrace la vision tellurique d’Alexander McQueen. Le film qu’il faut absolu avoir vu si l’on veut produire ou comprendre l’impact que peut avoir une collection et un défilé sur la mode.

Et justement, quel impact peut avoir la personnalité du designer sur la mode qu’il produit? Un pan de la création d’Olivier Rousteing est ainsi exploré dans le documentaire Wonder Boy.

Dans un autre registre, le documentaire consacré à la vision de Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue Américain et Harper’s Bazaar, connue pour être la femme qui fit entrer la mode au musée…

Et toute la narration de Valentino se trouve décrite dans ce superbe documentaire par Matt Tyrnauer… ‘Valentino: The Last Emperor’ le titre parle de lui-même.

Ce documentaire offre une perspective inédite sur le travail et l’intérêt esthétique d’un magazine de mode. ‘The eye has to travel réalisé par Lisa Immordino Vreeland, Frédéric Tcheng, Bent-Jorgen Perlmutt est un chef d’oeuvre du genre.

Les Documentaires De Loïc Prigent

Nul besoin de présenter l’approche décomplexée et très drôle de Loïc Prigent sur la mode. Ces documentaires sont pourtant d’une précision rare — le suivre dans les coulisses de la préparation d’un défilé ou l’entendre retracer les décennies phares de la mode permet à quiconque de comprendre ce milieu.

A voir: ‘Le jour d’avant volume 1’: Sonia Rykiel. Jean Paul Gaultier. Proenza Schouler. Fendi.

Le jour d’avant, volume 2’ : Donatella Versace. Diane Von Fustenberg. Nina Ricci. Narciso Rodriguez. Jeremy Scott. Alexander Wang. Lanvin. Isabel Marant

Signé Chanel, 2005. ’Karl Lagerfeld se dessine’, 2013. Mais aussi ‘Le testament d’Alexander McQueen‘, 2015. Scandales de la mode, 2016. Qu’est-ce que la haute couture?, 2016. ‘Les dessins de Christian Dior’, 2018…

Ses projections sur La Mode Des Années 90. Un régal, bien savant !

Les Films De Mode Plus Réels Encore…

Le film évènement ‘The September Issue’, 2009, nous embarque littéralement au coeur de la rédaction du Vogue Américain, alors en préparation du numéro de Septembre — le plus important !

On y voit le travail des journalistes de mode, d’Anna Wintour et de son bras droit, la très inspirée Grace Coddington. De quoi comprendre la vie et le rythme d’un magazine de mode au plus haut.

Prêt a porter‘ de Robert Altman, 1994, est quant à lui un film qui joue sur l’idée des clichés prêtés au milieu de la mode dans les années 1990. En plein boom des Supermodels, le film joue sur le faux meurtre du président du syndicat du prêt-à-porter… Tourné en vrai pendant la semaine de la mode à Paris.

Un film où Marcello Mastroianni, Sophia Loren et Kim Bassinger côtoient Anouk Aimée, Rosy de Palma, Julia Roberts, Lauren Bacall, Björk, Cher, Naomi Campbell, Sonia Rykiel, Claudia Schiffer, Jean Paul Gaultier… Un micmac de figures de la mode et du cinéma !

Le Rouge Louboutin, Code Iconique De La Maison

Chez Christian Louboutin, tout part du dessin — complété parfois, par la réalité. Le rouge de ses souliers, signe de reconnaissance discret, tient de ce savant équilibre.

Pourquoi Les Semelles Louboutin Sont-Elles Rouge?

Christian Louboutin a grandi dans le 12ème arrondissement de Paris, dans les années 70. Non loin de là, le Musée des Arts Africains et Océanien. C’est dans ce lieu grandiloquent qu’il va forger un aspect clé de son imaginaire. Il a 11 ans et, c’est un panneau plutôt banal qui va s’ancrer dans son esprit.

Il voit en effet un panneau interdisant le port des talons aiguilles — le bout de ses talons étant à cette époque taillé dans le métal, les souliers des dames rayaient en effet le parquet. « Mon premier soulier, je l’ai vu ici. C’est là que j’ai découvert que tout partait du trait. Je l’ai vraiment compris à travers ce dessin » Christian Louboutin.

Sorte de premier émoi de faiseur de souliers, Christian Louboutin grandit ainsi avec cette vision et cet amour, déjà, pour les chaussures. S’en suivra une formation incomparable dans ses nuits passées au Palace. Louboutin taille son style au plus haut de la flamboyance des seventies. Mais ses chaussures doivent beaucoup à la cambrure folle et follement divine des escarpins des années 50 !

Il dessine. Enormément. Nourrit de tout, son imagination fantasque résonne dans des chaussures restées jusque là au stade de dessins. Lorsqu’il se lance dans l’aventure des rêves d’enfant, c’est auprès du maître Roger Vivier.

Le Fragonard de la chaussure, qui chaussa jusqu’à la Reine d’Angleterre le jour de son couronnement — Roger Vivier devient son mentor. Christian Louboutin le sait, il ne travaillera pour personne d’autre. Quelques années plus tard, il ose ses premières créations. Mais ce rouge iconique alors? D’où lui vient-il?

Sa première boutique ouvre en 1991, galerie Véro-Dodat. Le rouge, lui, apparaît en 1992.

L’Idée Du Rouge Louboutin

Dans le reportage Arte récemment consacré à son travail, notamment autour de l’exposition au Musée de la Porte Dorée, il raconte: « J’avais le soulier, j’avais le dessin et à chaque fois je me disais: “Le soulier est bien mais quand même le dessin est mieux“. Et je le tournais dans tous les sens et puis quand je l’ai tenu comme ça… La semelle était noire…

Et moi je n’avais pas de noir dans mon dessin, je n’avais pas de beige, je n’avais pas de marron, pas de gris, — je n’avais que des couleurs vives. Il y avait la personne, Sarah, qui essayait les souliers, elle était en train de se vernir les ongles. Je lui dis écoute laisse moi… je peux te prendre ton vernis, ta bouteille. Elle me dit ‘Attend je finis les ongles et je te la passe’. Non attend y’a un truc que je voudrais vérifier. Alors bon petite bataille. Je réussis à récupérer la bouteille de vernis. Elle n’avait que deux ongles fait, elle n’était pas contente. Puis j’ai finalement vidé la bouteille de vernis sur la semelle et là j’ai regardé mon dessin et je me suis dit ‘bah voilà, là c’est mon dessin’. »

Le Rouge Louboutin, Code Discret D’une Allure Très Remarquée

On se s’y trompe pas — Christian Louboutin a cherché à ce que la réalité concorde à son imaginaire, jusqu’à inventer une nouvelle façon de penser le soulier.

Teintées d’une semelle rouge, les créations Louboutin ne sont pas juste belles, elles sont sublimées. Signature jouant du visible/invisible, ce rouge pimpant signe l’allure en même temps que les chaussures en donnent — beaucoup !

Il faut en effet que la femme tourne les talons pour que la signature apparaisse — et cette signature est désormais connue dans le monde entier. De la pop’ culture aux esthètes, le rouge Christian Louboutin n’a besoin ni d’affiche ni de spot publicitaire pour donner de l’émotion. Ni pour créer le désir !

Il faut dire aussi que ses chaussures sont elles-mêmes hors du commun — les mythiques Pigalle procurent de la grâce à celles qui les enfilent. Une grâce signée d’un rouge chic au possible… Tant l’on sait que les femmes ont souvent en horreur la couleur — elles qui ne jurent que par le noir, ne comptent qu’une exception… Le rouge !

Ce rouge qui existe donc par-delà les couleurs, et au delà des modes… Le rouge des ongles, des lèvres… Un code qui, longtemps, ne fut connu que des seules initiées. Désormais propriété exclusive de la maison, depuis 2018, année où la Cour de justice Européenne reconnaissait ce rouge écarlate laqué comme le caractère exclusif des créations Louboutin. Ce rouge carmin puissant et passionnant, numéro Pantone 18.1663TP, marque ainsi les pas des Belles chaussées de Louboutin. Et elles seules.

L’Escarpin Pigalle, Un Objet Insolent De Simplicité

Courbes folles, lignes simples et cambrure gracieuse — l’escarpin Pigalle, objet icône signé Christian Louboutin, est un concentré des codes de la maison.

L’Histoire Du Pigalle…

Automne/Hiver 2004. Si l’escarpin Pigalle apparaît pour la première fois dans boutique Louboutin nichée dans le passage Vero Dodat, son histoire est à filer dans les souvenirs de Christian Louboutin. Une forme, une cambrure empruntée à une signalétique de musée. Dans les années 1970…

En 1975, l’enfant qu’est Christian Louboutin est alors un habitué du Musée des Arts Africains et Océaniens de la Porte Dorée. Là, il aperçoit un panneau de signalétique interdisant les souliers à talon haut — « Mon premier soulier, je l’ai vu ici. C’est là que j’ai découvert que tout partait du trait. Je l’ai vraiment compris à travers ce dessin » relate Christian Louboutin.

On trouve là une première trace de l’objet du désir. La seconde inspiration est à lier aux danseuses des mythiques cabarets Parisiens. Et Christian Louboutin n’a jamais caché sa fascination pour les cabarets et l’aplomb et la puissance de leur danseuse. Les Folies Bergères. Le Moulin Rouge. Le Crazy Horse. Autant de collaborations à venir.

Et c’est avec, en tête, cette attitude triomphante que Christian Louboutin dessine l’escarpin Pigalle, en 2004.

Un Escarpin Ultra-Glamour

Pièce phare de la maison Louboutin, devenue pièce culte des vestiaires féminins, l’escarpin donne une posture et une cambrure incomparable. Ou peut-être à celle des seules divas.

Cambré et planté sur un talon de 12 cm, le Pigalle procure à la femme une démarche toute en envolées de grâce. Christian Louboutin aime en effet travailler les talons hauts, plaçant la femme sur un piédestal. Des soulier magiques qui donnent tout !

Le décolleté aiguisé, le bout pointu, le noir verni et l’iconique semelle rouge achèvent d’en faire l’escarpin par excellence. Ultra-glamour, ultra-pop, ultra-reconnaissable.

« Il a une vraie durée de vie, ce n’est pas un soulier de saison ; on peut le porter en hiver, en été ; il est en peau, il est en cuir ; il est brillant, il est mat… » détaille-t-il.

Une semaine de fabrication est nécessaire à travailler l’icône, dans toutes les fantaisies Louboutin. Entre détails facétieux, plumes, cuirs exotiques et près de 30 coloris différents, le Pigalle déploie une féminité insolente car farouchement indépendante !

Une féminité plurielle et détachée des qualificatifs qui, comme s’en amuse d’ailleurs Christian Louboutin…  « Une femme sexy essaiera la Pigalle pour ajouter quelque chose de chic à sa physionomie. […] Une autre femme très chic l’essaiera pour ajouter quelque chose de sexy à son apparence. » Un souliers fait pour les milliers de façons qu’il y a d’être femme… Couronnée au pieds d’une Dita Van Teese, l’égérie non-officielle de Louboutin.

La Fantaisie, Un Code Iconique De La Maison Louboutin

Si les souliers signés Louboutin éveillent une telle émotion, c’est aussi et surtout car ils sont le fruit d’une imagination sans borne. Une fantaisie propre à Christian Louboutin — devenue le code iconique de la maison.

Le Secret Des Souliers Louboutin?

L’imagination ! Christian Louboutin est connu pour avoir laisser grandir sa créativité, sans retenue. Et ce, dès l’enfance. Au détour d’une interview, il confie ainsi: « Je rêvais à des pays que je ne connaissais pas. C’est un peu comme si j’étais dans un album de Tintin en trois dimensions. Je me laissais envahir par le mobilier, les totems, les aquariums. Les poissons me fascinaient. Je restais des heures à les admirer. »

De ces aventures rêvées, Christian Louboutin a su plus tard distiller l’esprit, la fantaisie et la facétie dans ses chaussures. Lui qui fut un temps paysagiste puise dans la nature les lignes folles et follement belles de ses chaussures.

« 1989, j’avais décidé d’arrêter de faire des souliers. Après avoir travaillé pour M. Vivier, je ne me voyais pas dessiner pour d’autres. Comme je connaissais bien les plantes et les arbustes, je me suis mis à faire du paysagisme, mon autre grande passion. » Et il ne s’interdit rien.

Les courbes d’une glycine, l’enveloppe des arbres, la boucle d’une fleurs, la symétrie d’une autre — les nuances dans le plumage des oiseaux ou encore celles des pierres… Les éclats iridescents des poissons. Absolument tout l’inspire !

L’autre source infinie d’inspiration pour Louboutin, c’est le music-hall. Là encore, c’est dans sa jeunesse que Christian Louboutin se plaît à se faufiler dans les coulisses des cabarets Parisiens. Les Folies Bergères, le Crazy Horse (avec qui il collabore plus tard… Il donnera d’ailleurs le nom du quartier de Pigalle à son soulier le plus iconique.

C’est dans les vitrines de sa première boutique à Paris, nichée dans le non moins fantasque passage Véro-Dodat, que s’exprime aussi cette imagination sans mesure. Un esprit fantasmagorique qui insuffle de la vie et une émotion dans des soulier hautement désirés !

Le Dessin D’Abord, La Réalisation Ensuite

Tout l’inspire donc. Un jour Christian Louboutin tombe sur une photo de la Princesse Diana. Il s’inspire de sa pose, les pieds joints, et lui trouve une humeur maussade… Il lui dédie une paire de ballerines — pour lui redonner le sourire. Le modèle ainsi né de son imagination féconde, il le baptise ‘Love shoes’.

Pour suivre cette imagination grandiloquente, la maison Louboutin fait appel à des artisans de renom, lui apportant ainsi tout le savoir faire Italien en matière de cordonnerie.

Dès 1995, les grands noms de la mode font leurs le talent de Louboutin — il accompagne ainsi de ses souliers les silhouettes des défilés haute couture et prêt-à-porter de Givenchy, Lanvin, Jean-Paul Gaultier ou encore Chloé. Et ce n’est que le début de ses collaborations.

Entrées dans la culture populaire, les créations de Christian Louboutin achèvent de devenir incontournables en  2008. Cette année là, Le Fashion Institute of Technology à New-York lui consacre sa première rétrospective. Une consécration aujourd’hui complétée par l’immense exposition au musée de la Porte Dorée. « Christian Louboutin : L’Exhibition[iste] » retrace ainsi l’imaginaire foisonnant et fascinant de cette maison hors du commun !

Les Collaborations De La Maison Louboutin

Christian Louboutin ne recule jamais devant l’idée de collaborer — surprenantes et réussies, ces collaborations ont fait entrer les icônes Louboutin dans l’esprit du monde entier. Du Crazy Horse à Star Wars, Louboutin résonne tel une icône tantôt pop tantôt sophistiquée !

Les Collaborations Louboutin

Christian Louboutin a compris très tôt l’importance de la ligne juste. Et il apprend cela auprès de son mentor. Celui que l’on a surnommé le Fragonard de la chaussure; celui qui chaussa la Reine Elizabeth pour son couronnement en 1953 — Roger Vivier donc, a marqué le savoir-faire de la maison Louboutin d’une empreinte d’excellence.

Comme lui, d’aileurs, Louboutin ne va tarder à collaborer avec les grandes maisons Parisiennes. Dès 1995, il chausse les silhouettes de Jean Paul Gaultier, Lanvin ou encore Yves Saint Laurent. On se souvient que déjà, Roger Vivier avait accompagné la maison Saint Laurent à de nombreuses reprises — imaginant notamment les Belles de Vivier, soulier devenu mythique aux pieds de Catherine Deneuve dans le film de Luis Buñuel, ‘Belle de Jour’.

Héritières de ce savoir-faire hors norme, mais bien ancrées dans sa propre imagination, les créations de Christian Louboutin signent notamment le dernier défilé Haute Couture Yves Saint Laurent. C’était en Janvier 2002, les adieux du couturier s’étaient tenus au centre Georges-Pompidou.

Mais de collaborations il est proprement question dès 2006. Christian Louboutin retrouve David Lynch pour une série de créations explorant le fétichisme. Pour l’exposition « Fetish » à la Galerie du Passage, à Paris, Lynch articule des photos tandis que Louboutin signent des souliers uniques et complètement fous — là encore, c’est l’imagination et le dessin qui précèdent l’objet. Et la possibilité de l’enfiler !

En 2012, c’est avec le Crazy Horse qu’il signe sa collaboration la pus iconique. Devenant ainsi le premier premier Guest Créateur du mythique cabaret Parisien. Depuis longtemps inspiré par le music-hall, cette collaboration a un goût de consécration !

« Christian Louboutin et le Crazy Horse sont des symboles de la vie parisienne dont les univers voyagent au-delà des frontières. Symboles du monde de la création, de l’étonnement et de la modernité, ils partagent les mêmes sources d’inspiration – la Femme bien sûr, mais aussi le monde qui les entoure – et détiennent un savoir-faire d’exception pour proposer des créations inédites et surprenantes. C’est donc tout naturellement que nous avons sollicité Christian Louboutin » précisait Andrée Deissenberg, la directrice du Crazy Horse.

L’idée? Repenser la revue du Crazy, de fait rebaptisée ‘Feu’, autour d’une vision onirique et très Louboutin de la Femme. Pour la femme !

Louboutin Dans La Culture Populaire

Si l’on ne compte plus le nombre d’apparitions des iconiques Pigalle dans les films, clips et séries, Christian Louboutin a cependant été appelé pour une collaboration plus surprenante encore.

En 2012 toujours, c’est Disney qui le contacte pour créer une vision moderne du mythique soulier de verre de Cendrillon. Pour accompagner la sortie du film Cendrillon, la maison Louboutin a ainsi imaginé une pantoufle de verre, piquée d’un papillon. Symbole de transformation…

Plus tard encore, Disney le rappelle — cette fois, pour Stars Wars, réalisé par les studios Walt Disney et Lucasfilms.

« J’ai été très surpris quand les équipes de Disney m’ont contacté à propos du prochain épisode de la Saga, c’était totalement inattendu. Mais j’aime les surprises et celle-ci m’a particulièrement intrigué. A première vue, nos univers sont assez distincts, mais quand ils m’ont montré les images de Crait, la planète rouge, j’ai compris pourquoi ils avaient pensé à moi. Immédiatement me sont apparues les premières images et idées. »

Le résultat? Quatre chaussures à la hauteur des personnalités des quatre héroïnes… La capitaine Phasma, aux commandes des Stormtroopers du Premier Ordre; Rey, la pilleuse d’épaves Jakku; la vice-amirale Amilyn Holdo; et Rose Tico, une mécanicienne de la résistance.

Quelques souliers d’exception donc, à découvrir au Palais de la Porte Dorée jusqu’au 26 juillet 2020.