La Montre Polaris De Jaeger-LeCoultre, L’Icône Révolutionnaire

En 2018 elle célébrait ses 50 ans — l’icône Polaris fut toute à la fois une grande révolution dans l’univers de la plongée, et une nouveauté dans le quotidien des esthètes!

Si l’on parle du garde-temps le plus connu de Jaeger-LeCoultre, c’est sans conteste la Reverso qui viendrait en premier sur la table. Mais, si l’on veut aborder la question de la plus révolutionnaire des montres Jaeger-LeCoultre, c’est la Polaris qui tiendrait lieu de fil rouge. Pourquoi? Car la montre fut une véritable innovation dans l’histoire horlogère — une montre qui, pour la première fois, fit de la fonction sonnerie un signal indispensable aux plongeurs émérites!

Dans les années 1960 donc, les horlogers de Jaeger-LeCoultre se penchent sur le concept de plongée ‘Memovox’, en latin, la ‘voix de la mémoire’. L’idée? Faire de la sonnerie une fonction vitale à la plongée. Les bureaux d’étude de la maison Suisse se sont ainsi concentrés durant huit années sur la question avant d’aboutir à la montre parfaite: la Memovox Polaris de 1968 allait devenir culte. Il faut dire que ses atouts jouent en sa faveur: un boitier de 42 mm qui facilite la lecture de l’heure, un triple fond, une sonnerie plus résonnante, et une troisième couronne vraiment étanche… Que manque-t-il? Absolument rien.

Forts de leur expertise, les horlogers de Jaeger-LeCoultre allaient faire mouche — une nouvelle étape dans l’histoire des techniques, ce boîtier à triple fond a permis l’impossible. Sous l’eau, la voix de la mémoire qui rappelle aux plongeurs que le temps est venu de remonter à la surface; cette Memovox résonne comme jamais ! La diffusion optimale du son sous l’eau est donc permise par cette forme inédite de boîtier incurvé et à trous; évitant ici l’écueil d’un son étouffé par le contact de la combinaison de plongée…

Baptisée d’un nom entrant directement en résonance avec les grandes aventures des années 1960, la Polaris incarne cette course à dépasser les possibles! Découvertes océanographiques, conquête spatiale, et expéditions vers les Pôles — elle est de tous les défis ! Ainsi lorsqu’en 2018, la Memovox Polaris célèbre ses 50 ans, la maison Jaeger-LeCoultre lui dédie toute une collection.

« J’ai voulu que ce soit la montre sport-chic par excellence. Le garde-temps que l’on porte au quotidien ! Je voulais que l’on y retrouve le confort et la simplicité d’utilisation de ce que j’appelle une  » montre à vivre  » car les complications dont elle est dotée sont des complications utiles, simples et efficaces et sa fonction réveil s’avère bien pratique pour enregistrer l’heure d’un rendez-vous ! » détaille Lionel Favre, le talent qui contribua au design des nouvelles Polaris de Jaeger-LeCoultre. Le résultat?

Une nouvelle ligne à l’élégance racée et sportive, mêlant aux attributs de l’icône un caractère bien contemporain. La Polaris de Jaeger-LeCoultre présente une vision plus belle encore en acier, mais limitée à 1000 exemplaires… Le fond de son boîtier ainsi décoré reprend une gravure représentant un scaphandrier — ce même scaphandrier qui, déjà en 1968, venait orner le modèle originel. De quoi placer la Polaris au rang des pièces les plus désirables, signées de l’expertise de la vallée de Joux !

Bollinger, Le Champagne De James Bond

Entre le lancement de ‘La Grande Année 2008’, et la célébration des 40 ans de partenariat avec les films de James Bond… La fin d’année s’annonce iconique pour Bollinger!

Les champagnes raffinés et remarquables de la maison Bollinger égaient journées, fêtes et célébrations depuis 1829 ! Alors, lorsque la récolte exceptionnelle que fut celle de l’année 2008 vient enfin à être mise en bouteille, on se doute de l’impact d’une telle cuvée. La récolte 2008 donna en effet naissance à un vin d’une infinie profondeur — vin qui, avec le temps, a su atteindre une acidité digne du style Bollinger. En bouteille, cela donne ‘La Grande Année 2008’. Dix années furent nécessaires pour révéler toute la noblesse de ce millésime très singulier!

Des arômes d’agrumes, de fruits à chair, de baies et d’épices, des notes florales et minérales… Sa longueur en bouche, sa structure et sa densité sont bien les clés de dégustation de ces grands Pinots Noirs d’Aÿ et de Verzenay. La véritable colonne vertébrale du champagne Bollinger. « L’élaboration de chaque flacon de La Grande Année requiert patience et précision, et n’est possible que grâce au travail des hommes et des femmes de la Maison, dont les méthodes artisanales ont été transmises de génération en génération » précise son Chef de cave, Gilles Descôtes.

Complexe et harmonieux, ce champagne exceptionnel est à l’image du héros qui en a fait son icône — un certain James Bond. « C’est une immense fierté que celle de célébrer 40 ans de partenariat entre Bollinger et James Bond, hommage à cette amitié née en 1979 entre mon père, Christian Bizot, et le producteur de James Bond, Cubby Broccoli. Une histoire d’amitié qui repose sur le partage de nombreuses valeurs comme l’excellence et l’élégance » éclaire Etienne Bizot, PDG de Bollinger.

Et il est vrai que depuis la première apparition du champagne dans le film ‘Moonraker’, en 1979, Bollinger n’a cessé de symboliser tout le chic et l’audace associés au personnage de Bond. Alors, quoi de mieux que de ciseler deux éditions limitées pour célébrer ces 40 ans de partenariat? La première, clin d’oeil appuyé à l’univers spatial du film ‘Moonraker’, revisite la navette spatiale créée par le légendaire chef décorateur Ken Adam. Pour se faire, Bollinger a invité le designer Eric Berthès à confectionner un objet conçu en étain, plaqué de bois noble. Il renferme ainsi un seau en cristal Saint Louis ainsi qu’un magnum de Bollinger 2007… Le millésime de Bond par excellence ! Les pièces, travaillées et ajustées à la main, font de chacun des 407 objets numérotés, une œuvre unique!

La seconde édition limitée Champagne Bollinger et 007 anticipe la sortie du très attendue du 25ème opus de la série, ‘No Time To Die’. L’idée? Créer une cuvée, un millésimé 2011 dédié à l’univers de Bond. La bouteille, entièrement noire, arbore le nombre 25 formé à partir des titres des précédents films. C’est la première fois que Bollinger élabore une cuvée issue uniquement de ce cru 2011 — un cru historique, provenant exclusivement des Grands crus de Pinot Noir du village d’Aÿ ! Mieux encore, ces champagnes, aussi admirables qu’inspirés, sont déjà disponibles! De quoi célébrer Noël et la nouvelle année de façon très Bond, très James Bond!

Hennessy, Le Cognac En Fête Pour Noël

La maison qui célèbrera ses 255 ans d’existence en 2020 introduit, une fois encore, des bouteilles exceptionnelles à l’occasion des fêtes de fin d’année !

On lit l’origine de la maison Hennessy à son emblème — le blason familial du fondateur, Richard Hennessy, devenu depuis le symbole de son savoir-faire. La légendaire ‘hache au point’ signe en effet les cognacs les plus désirables de la planète. C’est que, ce savoir-faire remonte à loin. Il y a près de 255 ans, pour être plus exact. Officier Irlandais alors au service du roi Louis XV de France, Richard Hennessy découvre la Charente et la ville de Cognac en même temps qu’il se forme à la négoce. En 1765 il fonde sa propre maison qui, rapidement, conquiert les palais de la Cour du roi de France… Une entreprise certes, mais familiale avant tout, Hennessy se transmet dès lors de génération en génération. Une règle valant tout autant pour les fondateurs que pour ses maîtres-assembleur.

Quelques cent ans plus tard, en 1870 Maurice Hennessy initie une autre référence internationale pour les cognacs. Avec l’appellation XO (pour eXtra Old), il met au monde les cognacs les plus fins de la galaxie. Au départ réservé à sa famille et ses amis, Hennessy X.O est désormais accessible à tous! Et c’est évidemment ce même Hennessy X.O & Ice que la maison a choisi de mettre en vedette pour la fin d’année 2019.

Elle revisite ainsi Hennessy X.O avec un coffret givré qui se transforme en seau à glace… Histoire d’accompagner les nouveaux modes de dégustation — autour de la glace! C’est au Comité de Dégustation de la maison Hennessy qu’on le doit. Lui qui, chaque matin, à la même heure, au coeur de Cognac, se rassemble dans le but de suivre l’évolution gustative et le potentiel des cognacs. Cette fois, il propose trois façons d’expérimenter le Hennessy X.O. Avec 3 glaçons, avec un gros glaçon ou encore avec 5 ou 6 glaçons; le résultat, lui, reste le même: révéler ses arômes riches et complexes !

Autre nouveauté de l’année intimement liée à l’histoire de la maison… En 1947, Gerald de Geoffre de Chabrignac, neveu de Richard, dessine la carafe désormais iconique des cognac Hennessy. Sa forme, inspirée d’une grappe de raisin inversée avec des pampres de vigne en relief courant sur le verre, est un hommage fascinant aux vignes de la Charente. Mieux, lorsqu’en 1979, le Maître assembleur Maurice Fillioux crée ‘Hennessy Paradis’, un cognac unique alliant plus d’une centaine d’eaux-de-vie exceptionnelles, la maison ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

Cela se retrouve aujourd’hui capturé dans la nouvelle carafe en cristal; contenant le joyau de la collection, le Hennessy Paradis Imperial. Conçue par l’artiste et designer contemporain Arik Levy, la nouvelle carafe en cristal est un équilibre délicat et audacieux. Elle vient ainsi contenir les cognacs Hennessy ayant atteint leur point d’élégance… Ce moment décisif et éphémère où une eau-de-vie est jugée prête à entrer dans la composition de l’assemblage de Hennessy Paradis Imperial !

Et puisque Hennessy tient le luxe pour valeur première, c’est au coeur d’une malle spécialement conçue par Louis Vuitton que l’icône de cette fin d’année vient une fois de plus se nicher. La malle Hennessy Paradis Imperial par Louis Vuitton célèbre ainsi l’excellence des savoir-faire — ces deux maisons offrent la même vision singulière du monde. Une vison largement appuyée sur des saveurs raffinées et une affinité commune autour de l’univers du voyage. Un voyage gustatif qui vous attend pour les fêtes de fin de d’année!

Quand L’Art Concourt à L’Histoire Du Luxe Et De La Mode

Les incursions de l’art dans le story-telling des icônes du luxe et de la mode ont tout de la prophétie d’Andy Warhol… D’Alessandro Michele à David Lynch en passant par Cindy Sherman pour Comme Des Garçons — passage en revue des histoires les plus abouties!

En 1977, dans The Philosophy of Andy Warhol (From A to B  and  Back Again), Warhol prophétisait: « Tous les musées deviendront des grands magasins et tous les grands magasins deviendront des musées. » Si la fusion n’a pas encore tout à fait eu lieu, il n’en reste pas moins que les directeurs artistiques des grandes maisons en appellent de plus en plus à l’art pour conter efficacement l’histoire de leur icône. Et celui qui tient aujourd’hui le haut du panier n’est autre qu’Alessandro Michele, pour la maison Gucci. En poste depuis 2015, l’Italien n’a eu de cesse de pousser la fusion de l’art et de la mode. Il a guccifié l’art tout en faisant de Gucci une maison bien plus arty. Son oeuvre la plus récente? Les Gucci Art Wall. Des fresques à tendance street art réparties dans les plus grandes capitales du monde. L’idée? Faire sortir les campagnes publicitaires des magazines, de la même façon que le street art est parvenu à extraire l’art des seules galleries!

En 2018 toujours, il injecte un nouveau sens à l’imaginaire de la maison Romaine — l’idée? Extraire des plus grands tableaux de l’histoire la composition des campagnes Gucci. En vedette, toujours, les codes et pièces iconiques de la maison. Jérôme Bosch, John Everett Millais ou encore Jan Van Eyck servent désormais la vison loufoque mais géniale de Michele pour Gucci. La web vert-rouge-vert, le sac bambou. Il ne manque rien! Avant lui déjà, en 2013, Dior reprenait le Déjeuner Sur L’Herbe de Manet pour mettre en vedette l’icône Lady Dior dans une veine un brin plus mystique. Ce même Déjeuner Sur L’Herbe qui, en 1998, inspirait le plus artiste des couturiers: Yves Saint Laurent. Une campagne capturée par Mario Sorrenti où Kate Moss, vêtue du mythique smoking, renverse l’équilibre de Manet. Elle est habillée, ses prétendants, eux, complètement dévêtus! Une façon inspirée et subtile d’attester de l’esprit féministe et libérateur de l’icône Yves Saint Laurent!

En 2007, lorsque David Lynch et Christian Louboutin collaborent à une campagne, c’est aussi pour mieux souligner l’aspect reliquaire et fétichiste de la semelle rouge! Une chaussure iconique, certes, mais surtout une chaussure qui déclenche toutes sortes de désirs! Possession ou fantasme, la vison de Lynch et Louboutin se développait ensuite autour d’une exposition. De quoi renforcer l’image sacro-sainte d’une icône bien de notre temps.

Dans une veine un brin plus révolutionnaire, Comme Des Garçons s’associait en 1994 à Cindy Sherman. Combinant, là encore, l’ADN anti-déjà vu de Rei Kawakubo à l’imagerie anti-mass media de Cindy Sherman. Une rencontre au sommet pour une campagne non moins iconique! Autre campagne venue défier les normes de la mode — celle de Kenzo qui, en 2013, invitait Maurizio Cattelan à combiner sa vision espiègle à l’esprit funky et empreint de surréalisme de la maison Kenzo…

Enfin, c’est en 2016 qu’Hermès aboutit à l’une des incursions artistiques les plus explicites. Dans son magasin de Tokyo, la maison conviait l’artiste Tokujin Yoshioka à réaliser une installation des plus poétiques. De chaque côté de l’iconique carré Hermès, la vidéo d’une femme qui, en soufflant, fait s’envoler le carré avec une légèreté ahurissante. Une façon de renforcer l‘image aérienne, légère et multiple du mythique bout de soie! Et puisque le sujet est d’actualité, le Musée des Arts Décoratifs de Paris inaugurera, le 4 Mai 2020, une exposition baptisée: L’Art Dans La Pub. De quoi faire réfléchir!

Emilienne d’Alençon, La Cocotte Est Une Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Emilienne d’Alençon tient pourtant lieu de figure de mode, à une époque où les femmes se cantonnent à la rigueur du ‘bon ton’.

Elle prend goût aux fanfreluches dans la blanchisserie de sa tante, à Montmartre. Comme nombre des grandes horizontales de la Belle Epoque, Emilienne d’Alençon grandit dans un milieu défavorisé. Quelles perspectives existent pour les femmes comme elles? Peu. Très peu. Elle fait ainsi son entrée dans le demi-monde à 15 ans — d’où lui vient ce nom? De Laure de Chiffreville. Un soir qu’elle fréquenta la table d’un chroniqueur du Gil Blas, Émilienne Marie André arbore un corsage en dentelle, déniché dans la blanchisserie de sa tante. La dentelle faite à Alençon, la prostitué qu’est déjà Laure de Chiffreville la baptise de ce nom… En même temps qu’elle lui promet un avenir brillant.

Elle ne s’était pas trompée! Poussée sur la scène par ce même chroniqueur mondain, Charles Desteuque, Emilienne se produit une première fois au Cirque d’Eté. Là, elle attire l’oeil de l’héritier des champagnes Veuve Clicquot. Un certain Jacques d’Uzès. Il est prêt à tout pour l’épouser. A commencer par faire son éducation — et ce n’était vraiment pas gagné. On raconte qu’un jour, assistant à une représentation de Racine, la belle s’est endormie; se réveillant en sursaut, elle annonça à l’assemblée :  « Ne dites rien à l’auteur, il pourrait être vexé. »

Soit. Jacques d’Uzès l’installe dans un hôtel particulier sur les Champs-Elysées. Il meubla le palace des grandes stars de l’époque. Qui? Gaudi et Majorelle. Mais sa famille ne voulant rien entendre, elle envoie Jacques d’Uzès au Congo. L’idylle s’arrête ici. La vie de courtisane d’Emilienne d’Alençon ne fait, elle, que commencer.

Parmi ses conquêtes?  Edouard VII, le Kaiser Guillaume, Jacques Hennessy… Elle compris son époque comme personne ; elle qui aimait à déclarer:  « Quand tu couches avec un bourgeois, tu es une putain. Quand tu couches avec un prince, tu es une favorite. » Emilienne, elle, ne jura que par des hommes à la hauteur de Leopold II. D’ailleurs, l’ancien Roi des Belges quitta la Belle Otero, pour elle. Elle qui, bien plus tard, écrivit dans ses mémoires : « Il n’avait qu’un désir, passer inaperçu. Cuire lui-même un oeuf sur le plat lui paraissait le comble du bonheur. » Emilienne avait une vision bien plus clinquante, du bonheur!

Les diamants de la Rue de La Paix. Boucheron, Cartier… Les toilettes les plus rares confectionnées spécialement pour elle par Jacques Doucet… En 1897, le magazine La Mode relève: « Nous avons rencontré Emilienne d’Alençon, colombe roucouleuse avec pour plumage une robe gris tourterelle garnie de chinchilla tout à fait exquise. » C’en était fait, Emilienne comptait parmi les muses de son temps.

On la retrouve en effet dans les toiles de Toulouse Lautrec! Mieux, la ville de Cabourg fait la promotion des bains de mer avec une réclame montrant Emilienne d’Alençon poursuivie par une horde de courtisans. Nadar la photographie. Plus qu’une célébrité, elle est même caricaturée par le mythique Sem, à Trouville; preuve de sa position très particulière dans la société Parisienne d’alors. Au Casino de Monte-Carlo, sa personne trône sur la salle des jeux au milieu d’une murale représentant les Trois Grâces de la Belle Epoque : elle, Liane de Pougy et la Belle Otero!

En 1919, sa position dans la vie mondaine et dans la mode lui permet d’écrire ce qu’on dit avoir été un bestseller: son livre, Secrets De Beauté Pour Etre Belle…Elle fut en effet une véritable icône de mode. Elle qui devança les interdits de son temps pour se baigner en tenue de bain. Une sorte de blasphème au ‘bon ton’ que son amie, une certaine Coco Chanel, trouva absolument admirable. D’ailleurs, elle fut l’une des premières à porter fièrement les créations de Chanel. Contribuant largement à faire de ce style simplifié, dépouillé; ce style de femmes actives et libres, un summum du chic! Le lien est tel qu’en 2017 la maison qui survit à Coco édita une merveille de joaillerie. Une montre-bijoux baptisée ‘Emilienne’: sertie de 80 diamants, pour un total de 9,31 carats. Une pièces mêlant splendeur et simplicité — une pièce très Emilienne d’Alençon, c’est vrai!

Sarah Bernhardt, Actrice, Cocotte et Icône De Mode


On cantonne, à tort, les actrices de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Elles sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Et Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue !

A 15 ans, le Duc de Morny l’introduit au monde du théâtre. L’homme derrière la fondation de Deauville met le pied à l’étrier à Sarah Bernhardt — première grande actrice internationale. A son compte? Plus de 120 rôles. On dit d’elle qu’elle inventa le star système; qu’elle initia nombre d’extravagances vestimentaires, entrées, aujourd’hui, dans les habitudes des femmes. Elle fut une véritable icône de mode. De celles qui inspirent autre chose aux femmes; de son époque, et celle d’après.

Il faut dire qu’à la Belle Epoque, l’actrice, tantôt cocotte, tantôt grande horizontale, figure tout ce qui est impossible aux femmes de la bonne société. Si bien que les représentation de théâtre ou d’opéra donnent à lieu à la distribution de feuillets décrivant avec une précision folle les tenues arboraient par les artistes stars. Parmi elles, Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue!

Cocteau dirait « un monstre sacré ! » C’est pour elle que le plus mondain des académiciens pensa le terme… Que trouve-t-on dans ces feuillets? La description exacte des pionniers de la couture qui, par amour de l’art et du beau, confectionnaient aussi les costumes de théâtre. C’est, avant Chanel et Nijinsky, Dior et Grace Kelly, Deneuve et Yves Saint Laurent… C’est Sarah Bernhardt et Charles Worth et Jacques Doucet. Robes, chapeaux, parfums, maquillage — tout y est décrit de façon à ce que la bourgeoisie copie et achète un bout de la vie libre et bohème de Sarah Bernhardt.

Elle contribua a lancé la mode de la ligne S, en 1898. Bientôt, la robe Delphos de Fortuny devient un it. Mieux, célébrée dans le monde entier pour la façon si splendide qu’elle a de mourir sur scène, dans un déshabillé — elle fait de cette tenue un basique de la vie domestique. Et ce, chez les femmes du monde entier!

Ayant fait dix fois le tour du monde; s’étant rendue jusque dans les tribus amérindiennes; se produisant dans toute l’Amérique… Sarah Bernhardt a largement contribué à la réputation de ces couturiers, et joailliers exerçant à Paris. La rue de la Paix et la Place Vendôme lui doivent beaucoup ! Boucheron, notamment. Avec elle, et pour elle, il réalise des bijoux à couper le souffle… Quand il ne conçoit pas, en 1882, la pièce la plus iconique des tenues de Sarah Bernhardt: un plastron comme une guirlande de fleurs, serti de 317 diamants.

René Lalique fut aussi un grand collaborateur. Il peaufine, avec le goût et l’audace de Sarah Bernhardt, un style qui, bientôt, le place au panthéon des artistes Art Deco. A l’exposition universelle de 1905, il est celui qui attire louanges et exaltation. C’est que Sarah Bernhardt avait l’oeil, et le bon, pour remarquer les talents qui aujourd’hui encore provoquent une émotion sans pareille. Alphonse Mucha, par exemple. C’est elle qui le repère et lui offre de réaliser les réclames de ses spectacles. Etalées sur les colonnes Morris, les affiches inaugurent la publicité, et le style Art Nouveau!

De la poudre de riz en passant par les apéritifs, Sarah Bernhardt incarne l’aspiration des femmes de son temps. Et c’est Marcel Proust qui capture à merveille le personnage dans son chef d’oeuvre A La Recherche Du Temps Perdu. Elle est ‘La Berma’… Celle qui, d’ailleurs, lance en 1905 la vogue pour le cinéma. Elle qui achève sa carrière en tournant dans l’un des premiers films de l’histoire. Mais ça, justement, en est une autre!

Noël Au Soleil, Luxe Et Volupté aux Canaries

Entre neige et soleil, sable et volcans — l’archipel dévoile le meilleur spot de cette fin d’année. En même temps que la voie lactée !

La destination la plus luxe de cette fin d’année? Les îles Canaries. Lieu de naissance du superbe Manolo Blahnik, les îles Canaries sont surtout celles d’où l’on perçoit la douceur et le luxe de vivre ! L’archipel de sept îles est caressé par les alizés, lové dans l’anticyclone des Açores. Petit coin de douceur absolue à tout moment de l’année, il constitue aussi et surtout le lieu de prédilection pour une fin d’année bien inspirée. Entre baignade porte-bonheur au douze coups de minuit, sous l’un des cieux les plus étoilés au monde, en passant par les traditionnels fruits de mer de la Nochebuana (le réveillon de Noël) — les Canaries ont plus d’une finesses à offrir.

On pose ses valises au Gran Hotel Bahía Del Duque ou à l’iconique Ritz-Carlton, Abama, pour un séjour où la tradition rencontre la surprise. Au détour de l’un des nombreux marchés de Noël, c’est le Mont Teide qui, sous un climat flirtant avec les 22°C en plein mois de décembre, dévoile au loin ses neiges. Mieux, observer le lever du soleil sur le Mont Teide et son manteau blanc contrastant avec la lave noire est une expérience à couper le souffle. C’est tout ça, les fêtes de fin d’année aux Canaries. Un brin moins alambiqué que le film ‘The Man Who Killed Don Quixote’ de Terry Gilliam; tourné sur l‘archipel durant 17 ans… Mais tout aussi iconique !

Les Champagnes Ruinart Et L’Icône Blanc De Blancs S’Habillent Pour Noël

A l’approche des fêtes, la maison Ruinart réitère son intérêt pour l’art autour de deux collaborations exceptionnelles — ou quand le talent de Vik Muniz et celui de Ron Arad accompagnent le plus légendaire des champagnes!

C’est en 1729, au plus haut de la révolution des Lumières, que le vignoble de Sillery, au sud-est de Reims, devient celui de la maison Ruinart. En 2018, c’est dans ce même vignoble que l’artiste Brésilien Vik Muniz passe de longues heures à y puiser l’inspiration. « Mon rapport aux images n’est pas vraiment lié à l’histoire de l’art mais plutôt à la mémoire » détaille l’intéressé. Oui car, déjà au XVIIIe siècle, les chefs de caves successifs de la maison Ruinart puisaient dans les matières, les couleurs et l’air du temps la composition originale de leur millésime. Le Blanc de Blancs en garde aujourd’hui la mémoire.

Si Vik Muniz est le huitième artiste à collaborer avec Ruinart à l’élaboration d’une bouteille d’exception, l’histoire entre Ruinart et les artistes remontent à 1896. Avant Jaume Plensa ou Erwin Olaf, c’est un certain Alphonse Mucha qui, le premier, fut appelé à collaborer. André Ruinart, patron de la maison, voit fleurir les affiches de l’artiste sur les colonnes Morris. Imaginées voire inventées pour Sarah Bernhardt, ces affiches initient par la même l’art des réclames. Mucha conçoit alors pour Ruinart une publicité toute en volupté, décalquant tout des cocottes de la Belle Epoque. L’Art Nouveau ainsi intronisé, Ruinart ancrait là l’illustration la plus aboutie de son savoir-faire. Qu’en est-il aujourd’hui? Ruinart et l’art résonnent à merveille, surtout dans les bulles du Blanc de Blancs!

Les fêtes de fin d’années ont amené Ruinart à éditer deux pièces exceptionnelles — l’une est la version exclusive de la bouteille imaginée cette année par Vik Muniz. La seconde consiste en trois seaux à champagne en étain, réalisés par Ron Arad. Pour rendre hommage à l’art de l’assemblage si cher à la Champagne, le célèbre designer et architecte a imaginé ces seaux autour d’un lien de cuir pour ne faire qu’un! Formant ainsi une vasque grand format, le trio vient se nicher dans une malle en chêne, issu de forêts éco-gérées… Confectionnée dans la plus pure tradition Française! A l’intérieur, aussi: les magnums Dom Ruinart Blanc de Blancs 2004, Dom Ruinart Rosé 1998 et Dom Ruinart Blanc de Blancs 1993.

Quant à Vik Muniz, il réitère son inspiration première autour des ceps de vignes. Il s’exprime cette fois sur sur un coffret d’exception proposé en édition limitée de 30 exemplaires… Dissimulant, là encore, un jéroboam de Blanc de Blancs! Reproduit à partir de bouts de bois noircis et de fusains, la figure étend ses lignes sur les quatre faces de cet imposant coffret en bois. Allant un peu plus loin dans son soucis de mémoire, Vik Muniz a voulu donner à cet objet exceptionnel une seconde vie… Devenant, allègrement, un élément de mobilier unique. Ruinart offre ainsi deux oeuvres aussi inspirées qu’originales. A découvrir dès à présent!

Icônes De L’Art Et Icônes Du Luxe: Quand Les Premières Remodèlent Les Secondes

Nombre des pièces iconiques tenant de notre patrimoine universel s’appuient sur l’art et les artistes pour renouveler leur quotient de désirabilité. Une affaire très inspirée!

Si la filiation entre mode et art ne fait plus aucun doute, la capacité de l’un à repositionner l’autre reste à explorer. En effet, nombre d’artistes ou plus largement de pratiques artistiques ont pu compter sur la mode pour les introniser au plus haut niveau. Plus les univers semblent antinomiques, à première vue, plus la révolution est totale. Preuve s’il en faut, l’oeuvre du plus adroit des designers en la matière. 2001, Marc Jacobs parvient en effet à conjuguer au patrimoine de l’une des maisons les plus respectées, une pratique jusqu’alors dénigrée.

En 2001 donc, il invite l’artiste et designer Stephen Sprouse à dérider la mythique toile de Louis Vuitton. A coup de graffitis colorés et apposés de façon quasi-exagérée sur le monogramme, le duo fait entrer dans le même temps le luxe dans un autre univers; tout en plaçant le street art au panthéon des pratiques les plus cool de ce début de siècle.

S’en suit une ribambelle de collaborations artistiques qui toutes réinventent l’habillage des icônes de la maison Vuitton. En 2004 c’est à Takashi Murakami qu’il confie le même travail. Mais cette fois, l’univers pop et bigarré de Murakami vient jouer du monogramme jusqu’à provoquer un trompe l’oeil des plus psychés. En 2012, c’est au tour du damier de côtoyer l’oeuvre de Daniel Buren. L’apothéose est atteint en 2017 lorsque Jeff Koons et Louis Vuitton révèlent une série de sac décalquant pêle-mêle le Titien, Da Vinci, Gauguin, Van Gogh et autres sur les iconiques sac Speedy, et Neverfall.

En 2008 déjà  la maison Fendi en appelait aux artistes les plus en vue de l’art contemporain pour réinventer l’iconique sac Baguette. Le premier it-bag de l’histoire, crée en 1997, prouve en passant à travers la créativité d’André, Sylvie Fleury, Jeff Koons, Tom Sachs ou encore Damien Hirst, sa capacité à épouser l’époque. C’est ainsi que le logo même de la maison Romaine — le double F, pour ‘Fun Fur’ — passe, en 2018, entre les mains de l’artiste digital Reilly. Quoi de plus logique à une époque où l’art se consomme sur Instagram, quand il ne vient à l’oeil du public au détour de memes décapants..

Du côté du 30 Avenue Montaigne, l’arrivée de Kim Jones et Maria Grazi Chuiri a un peu plus encore resserré les liens déjà très grands entre Dior et l’art. Il y eut d’abord Kim Jones qui rappelle à nous l’emblème, ou plutôt le grigri de Monsieur Dior. L’abeille chère à Christian est de retour dès la première collection du Britannique. Mais, en 2018, celle-ci se joue des traits de la figure de Kaws, artiste clé de l’époque. Présente ici sur le Saddle, là sur les nouveaux sacs imaginés à partir de cannages iconiques des salons de la maison Dior… L’abeille, comme les icônes Dior, s’acoquine de la légèreté du temps

Car voici encore un intérêt à ce que les icônes de mode et celles de l’art se rencontrent — les secondes aident les premières à rester désirables au delà des contraintes commerciales. Pour s’en convaincre, l’exemple du Lady Dior est tout bonnement parfait. Un sac resté dans l’ombre des ateliers jusqu’à ce que Bernadette Chirac vienne faire l’acquisition du prototype pour l’offrir à la Princesse Lady Di en visite à Paris… Voici comment une icône fut intronisée et ainsi produite pour le public. Aussi lorsque le projet Art Lady Dior voit le jour, il fait fi des obligations marchandes pour laisser libre court à l’imagination de John Giorno, Jack Pierson et Lee Bul. En 2016, Maria Gazia Chuiri en lance la version féminine et féministe — le résultat? Une série de sacs Lady Dior aussi divine et révolutionnaire que les oeuvres d’Olga De Amaral, Polly Apfelbaum, Burçak Bingöl ou encore Pae White…

Dans le même esprit, Hermès poursuit sa recherche d’imprimés fantasques et originaux, inspirée de l’élan créatif de Robert Dumas. L’esprit derrière le premier carré Hermès. Sous le nom ‘Hermès Editeur’ le projet fait appel de façon sporadique à des artistes, afin d’imaginer de nouveaux imprimés pour le mythique carré. Là encore, loin des contraintes qui astreignent habituellement à la mode… C’est ainsi que Daniel Buren, imagina 365 carrés pour Hermès — un pour chaque jour de l’année. De quoi raviver le quotient désidérabilité d’une icône née en 1937!

Quand Luxe Et Art Contemporain Font Les Icônes De La Mode

Nombre des pièces les plus iconiques de notre histoire sont nées de cette filiation aussi sublime que décriée. Ou quand art et mode se rencontrent, bien souvent pour le meilleur.

Printemps/Eté 2014, la collection Chanel orchestrée par Karl Lagerfeld s’inscrit dans une dialectique entretenue depuis longtemps — cette fois, le podium s’est mue en une galerie d’art. Ça et là, les gimmicks de l’art contemporain se mêlent à ceux du luxe de la rue Cambon. Le propos est limpide: la mode est un art, certes, mais la rencontre entre mode et art tient encore plus de l’expression sacrée! Il n’y a qu’à voir du côté des pièces iconiques, désirables au possible non par le simple ajout d’un logo, mais bien en ce qu’elles ont révolutionnées, un jour, l’interaction entre l’art passé et le corps présent.

Et il suffit de regarder du côté de Cristobal Balenciaga pour s’en convaincre. Le couturier a habilement pioché dans l’oeuvre des grands peintres Espagnols, la grammaire, les lignes et les silhouettes qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier. Il donna vie au drapé légendaire de Goya, quand Ignacio Zuloaga lui inspira ses robes cocktail tout en volants. Mais c’est entre les mains d’Yves Saint Laurent que la dialectique art et mode devient véritablement révolutionnaire.

Il ne s’agit plus pour le couturier de décalquer les brocards, broderies et autres dentelles des maîtres de l’académisme… Non. Yves Saint Laurent préfère, lui, magnifier le corps autour d’un mouvement inédit. « Mon but n’est pas de me mesurer avec les maîtres de la peinture, j’aimerais juste tirer profit de leur génie. » Sa collection Printemps/Eté de 1981 est ainsi dédiée aux impressionnistes. Celle de l’hiver de la même année à Matisse. Celle de 1988 s’intitule ‘Collection cubiste, hommage à Braque’. Il joue comme au casino, et gagne à tous les coups — l’oeuvre d’Yves Saint Laurent est la première à entrer dans un musée, sous le patronage de Diana Vreeland. C’était en 1983, au Costume Institute du Metropolitan Museum of Art de New-York. Le point culminant du plus artiste des couturiers? En 1969, il habille de mousseline les deux moulages réalisés par Claude Lalanne.

Mais c’est la mythique robe Mondrian, en 1965, qui a ouvert la voie au vêtement-tableau. La mode, plus que jamais, transcende l’art et lui donne vie. Karl Lagerfeld, en 2005, marche sur ses traces lorsqu’il fait défiler pour la collection Haute Couture de Chanel une robe réifiant la forme et élégance de l’oeuvre de Yahoi Kusama. Et tout comme Yves Saint Laurent a donné une nouvelle cote à Piet Mondrian, Karl Lagerfeld a largement contribué à ainsi faire émerger l’oeuvre allumée de Yahoi Kusama

Avant eux, déjà, Elsa Schiaparelli collaborait avec ses amis surréalistes à l’élaboration d’un art portable. La mode, en somme. Le chapeau-chaussure ou la robe homard réalisés en 1937 en collaboration avec Dali cherchaient à faire sortir la fantaisie du cadre des tableaux surréalistes. Est-ce un hasard si, en 2018, Maria Grazia Chiuri s’appuie sur l’oeuvre de Nikki de Saint Phalle pour raviver la silhouette de la parisienne? Pas vraiment.. Première femme à assurer la direction artistique de la maison Dior, elle transcende alors sa position à travers l’oeuvre d’une artiste féministe — surtout à rebours des normes imposées!

Car voilà aussi ce que cherche Raf Simons lorsqu’il imprègne Calvin Klein des oeuvres de Warhol: une critique de la société Américaine, à l’orée du plus pop des artistes critiques. Car Crashes, Knives, Electric Chair, d’un certain Andy Warhol viennent s’imprimer sur des pièces au basic racé. Son oeuvre déborde d’un tel cynisme acidulé que Gianni Versace lui-même y trouve son compte en 1991. Jamais le luxe et l’art contemporain ne s’était mêlés si habilement que dans ces combinaisons aux imprimés inspirés des peintures colorées d’Andy Warhol! Sauf, peut être, en 2019, lorsque Nicolas Ghesquière fit entrer avec génie l’architecture art deco dans le répertoire Louis Vuitton… Une série de pièces follement luxe et si désirables, inspirée du Chrysler building de New York. Une véritable interaction entre l’art et la mode. L’art total, en somme.